Télévision tunisienne : Les raisons d’un déficit





Lorsque les Tunisiens avaient découvert, lors de la conférence de presse tenue par le nouveau PDG de la Télévision tunisienne, que l’établissement souffre d’un déficit estimé à plus de trente-six milliards, ils ont tout de suite crié au scandale. Et pour cause.
Il se trouve que les 2150000 abonnés de la STEG payent tous les deux mois sur leurs factures d’électricité comme au profit de la télévision nationale l’équivalent de 15 milliards sans compter les recettes publicitaires et les aides de l’Etat. Comment, alors, en est-on arrivé là ?
Des cachets faramineux
Il va sans dire que tout le monde savait que la télévision nationale était gérée d’une manière mafieuse. La corruption est de mise dans tous les services. Ceux et celles qui sont proches de l’ancien régime étaient généreusement récompensés. Cela étant, les affaires les plus juteuses se faisaient dans la production.
A titre d’exemple, Abd El Jabbar Bhouri a touché, rien que pour l’année 2009, quelque 250 000 dinars alors que Sofiane Chaâri a reçu 150000 dinars pour son rôle dans la série Choufli hall. La liste des producteurs, réalisateurs et acteurs s’étant enrichie grâce aux cachets supergonflés est longue. Parmi eux figurent des producteurs et des réalisateurs qui sont titulaires à la télévision et qui, normalement, perçoivent des salaires.
Cactus et les autres
Pendant huit ans d’exercice, la société de production Cactus, propriété 50/50, de Belhassen Trabelsi et de Sami El Fehri, a mis presque en faillite la télévision nationale. Dès son lancement au mois de janvier 2002, Cactus a signé un contrat assez particulier avec la direction de la chaîne nationale. En plus d’un bus d’émission dont la valeur est estimée à plus de deux milliards et qui a été mis à la disposition de Cactus gratuitement, la télévision ne touche aucun centime sur les recettes publicitaires et des SMS. Pourtant, pendant les premières années de l’existence de Cactus, ce sont les techniciens et les moyens techniques de l’établissement de la télévision qui travaillent dans le studio de Sami Fehri à Utique. Les spécialistes estiment le manque à gagner pour la télévision à cause de Cactus à 150 milliards de millimes.
Autres formes de malversations des responsables de la télévision: la location des studios pour des émissions de variétés déclinant bizarrement les offres de plusieurs hôtels de luxe, lesquels étaient prêts à mettre leurs luxueuses salles gratuitement à la disposition de la chaîne nationale. Le cas de Hend Chaouech qui louait son studio situé aux Berges du Lac moyennant cinq mille dinars par semaine au producteur de la variété de samedi soir.
Mais là où le bât blesse est l’état des trois bus techniques qui ont valu à la communauté pas moins de quinze milliards et qui sont aujourd’hui dans un état tel qu’ils sont à peine opérationnels. Une source nous a déclaré que c’était voulu par les anciens responsables afin de les revendre à des prix dérisoires à des privés.


Habib Missaoui




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com