Importation de véhicules : Polémique autour de la fin des quotas





Alors que la fin des quotas d’importation des véhicules aurait dû marquer la satisfaction des importateurs, ceux-ci assurent que le diable est dans les détails et le prouvent. Une polémique qui pourrait s’éterniser si...
Nous avons maintenant l’habitude de la franchise directe, anglo-saxonne si l’on ose dire, de Mehdi Houas, le ministre du Commerce et du Tourisme. Il y a quelques jours, il a fait exploser une bombe: «Les quotas d’importation attribués aux différents concessionnaires sont illégaux. Il n’y a pas de quotas. Que chacun travaille dans le respect de la loi. C’est la seule contrainte. J’ai reçu les représentants locaux et c’est ce que je leur ai dit».
Il faut rappeler que, sous l’ancien régime, la représentation des marques étrangères de constructeurs automobiles ainsi que l’importation du matériel roulant obéissaient aux instructions du président déchu au bénéfice de sa famille et les répartitions des importations entre les concessionnaires se faisaient donc d’une manière cavalière et ouvertement illégale. C’est pour cela que le dossier est étudié avec attention par le ministère pour démanteler définitivement cette pratique; et c’est dans ce sens que Mehdi Houas s’était mis d’accord avec les gens de la Fédération mécanique de l’UTICA le 2 février dernier.
Complot
Alors que le ministère du Commerce et du Tourisme a confirmé le déblocage encore une fois d’une deuxième avance de 25% des quotas alloués sur l’année 2010, la Chambre syndicale de l’automobile a réagi au quart de tour: «Malheureusement, ce que nous constatons aujourd’hui au niveau de la politique appliquée pour le secteur de l’automobile ne reflète en aucun cas ces propos et nous attirons votre attention sur la gravité de ce qui se passe au sein de ce secteur que nous décrivons tout simplement comme un ‘‘complot’’». En effet, le ministère a bien voulu impliquer la chambre syndicale de l’automobile pour arrêter la politique à suivre en 2010 alors que cette institution n’a plus de légitimité, puisque 80% de ses membres représentent des sociétés appartenant à la famille de Ben Ali ou ses alliés et n’a nullement intérêt à changer un système qui leur a été largement favorable dans le passé et qui n’a fait que défavoriser les concessionnaires indépendants tel que CITROEN,MAZDA, BMW, Toyota, Renault et Nissan. Le fait d’accorder une deuxième avance de 25% sur les quotas de 2010 n’est qu’une confirmation de la part du ministère de la politique d’inégalité pratiquée par l’ancien régime car ces mêmes quotas, aussi illégaux soient-ils, n’ont fait que favoriser Volkswagen, Peugeot, KIA, FIAT et FORD).
Le système est-il vraiment fini?
Les membres de la chambre syndicale de l’automobile s’attendaient à un traitement égal pour tous les concessionnaires, à l’exception de KIA qui est le symbole même de la politique de favoritisme pratiquée par l’ancien régime, puisque les concessionnaires asiatiques n’avaient pas le droit à l’importation de véhicules particuliers comme Mazda, Toyota, Nissan, disent-ils.
La revendication d’explications émane ainsi de tous les professionnels du secteur sur trois points concernant l’allocation d’un volume de:
- 2488 véhicules à Ennakl contre seulement 62 immatriculations au mois de février avec un stock de départ de plus de 2680 voitures au mois de janvier.
- 1388 à Peugeot contre seulement 88 immatriculations au mois de février avec un stock de départ de plus de 1570 voitures au mois de janvier.
- 1088 à FIAT contre seulement 46 immatriculations au mois de février avec un stock de départ de plus de 780 voitures au mois de janvier.
«Et c’est exactement la même chose pour les 993 accordées à FORD, 2200 à Renault alors que CITROEN n’a eu que 800 unités contre 135 immatriculations en février et un stock de départ de moins de 117 voitures au mois de janvier 2011. Contrairement à ce qui a été annoncé, le ministère tient encore à laisser en place le système des quotas sachant qu’aucune lettre à ce sujet déjà déposée auprès du ministère du Commerce n’a eu une réponse sur les quotas. La question qui se pose: comment ces quotas ont-ils été calculés sachant que c’est le ministère de l’Industrie qui s’occupe du calcul de la compensation pour les constructeurs automobiles. En plus, les extensions d’agrément pour les marques qui étaient bloquées au temps de l’ancien régime (Mazda, Toyota, Nissan) restent toujours en stand-by et cela ne fait que favoriser les marques des sociétés appartenant au clan de la famille Ben Ali comme le cas de KIA ou encore la marque Chinoise Songyoung», s’indignent-ils.
Manoubi AKROUT


Monopole d’Etat et extension de gamme
«Avant 2011, les bénéficiaires de la totalité de cette magouille des quotas revenaient, comme de droit, aux membres de la famille Ben Ali et autres Trabelsi et Matéri. Aujourd’hui, nous nous interrogeons si ce monopole de fait ne va pas finir dans l’escarcelle de l’Etat alors que c’est à lui que reviennent toutes les entreprises liées au pouvoir déchu», nous confie l’un des professionnels privés du secteur automobile.
Mais ce n’est pas la fin des interrogations, souligne-t-il. Car il y a un problème qui ne semble pas avoir eu toute l’attention qu’il méritait à propos de la fin des quotas d’importation des véhicules : l’extension de gamme. Une marque qui appartenait à la famille Ben Ali et ses alliés pouvait importer toutes les déclinaisons de la dite gamme mais ce n’était pas (ou très peu) permis aux autres opérateurs. Et maintenant, quelle va être l’attitude de la tutelle?
Une dernière question: les importateurs vont-ils désormais pouvoir passer leurs commandes sans passer par la tutelle?




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com