Violence et banditisme dans quelques espaces culturels : A qui profite le crime ?





Ces derniers jours, les attaques contre les artistes et quelques institutions culturelles se sont multipliées. Qui est derrière ? Les versions sont multiples mais la vérité, personne ne la sait.
Les attaques contre les artistes se sont multipliées ces derniers temps pour prendre de nouvelles tournures. Après avoir abreuvé quelques intellectuels d’insultes sur le réseau social «Facebook», certains «ultras» ont choisi de passer à l’étape suivante, celle de l’action. Après le virtuel, il était temps pour eux de passer au réel, mettre les points sur les «i», éveiller les consciences et mettre sur le droit chemin ceux qui, à leur sens, ont dévié et se sont fourvoyés dans le labyrinthe de l’art. Et du coup, les infos sur les attaques contre les espaces culturels se sont succédé. Ces inconnus que jusqu’à aujourd’hui personne ne sais d’où ils viennent et quelles sont leurs obédiences politiques et idéologiques- se sont attaqués d’abord à «La maison festive» que dirige l’artiste Abdelghani Ben Tara. Situé au 16, rue du Divan, dans la médina de Tunis, l’espace a été la cible d’une agression… Premier coup de théâtre. Alors que les artistes s’attendaient à une mobilisation des autorités, du ministère de la Culture et de la sauvegarde du patrimoine et également du ministère de l’Intérieur, c’est le silence qui règne de nouveau, comme si rien de grave n’a été. Et ce n’a pas été un cas isolé. La preuve: quelques jours après, les organisateurs d’une exposition photographique au Kram ont annoncé qu’ils ont été victimes d’une agression par des inconnus. Le président de l’Association du développement économique, politique et culturel du Kram condamne, dans un manifeste publié sur le réseau «Facebook», « un groupe de salafistes appartenant à différents courants a choisi de déchirer en mille morceaux des photos collées par certains artistes spécialisés dans les posters, sous prétexte que l’affiche des portraits ne respecte pas les préceptes de l’Islam ».

Ces «x» qui préfèrent l’obscurité
Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée à ce stade. Des artistes participants aussi bien que des citoyens sont entrés en ligne, démentant ce qui a été publié… apportant un éclairage sur ce qui s’est passé ce jour-là. Qui devons-nous croire ? Que cache chaque version? Qui cherche à manipuler l’opinion publique? Cherche-t-on à nuire à l’image de certains partis politiques à vocation islamiste en véhiculant ce genre d’histoires? Si oui pourquoi les présidents de ces partis ont-ils opté pour le silence ? Intrigante histoire qui suscite des interrogations, sur fond d’une autre mésaventure aussi insolite vécue par quelques artistes à Ras Jedir, lors d’une manifestation culturelle lancée dans le but d’alléger les souffrances des réfugiés.
Et comme d’habitude, il y a ceux qui ont été contre. Qui sont-ils ? Chacun avait sa propre interprétation des faits. Mais ce qui est incompréhensible c’est qu’après avoir attribué la responsabilité des actes de vandalisme et de banditisme, quelques semaines auparavant, à des inconnus, des intrus, des anciens du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD)… des fauteurs de troubles classés sous le nom « x », en attendant que le nouveau ministre de l’Intérieur se prononce sur la question.
Aujourd’hui, les mêmes faits se répètent et ce sont toujours ces inconnus accusés de tout, en l’absence de données précises permettant d’éclairer l’opinion publique et d’une mobilisation sérieuse des autorités pour protéger les artistes et pour faire avorter les mauvaises intentions qui ne cherchent qu’à manipuler l’opinion publique, faisant allusion à une guerre des religions.
A qui profite le crime ? Quelle que soit la réponse, une mobilisation citoyenne pour soutenir les artistes s’impose aujourd’hui dans cette Tunisie qui vient d’engager une bataille acharnée pour la liberté, la dignité et la démocratie.


Imen ABDERRAHMANI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com