«Kandahar» : Les réalités amères du fanatisme religieux





Projeté en seconde journée du «Cinéma de la paix», manifestation organisée par la FTCA à la maison de la culture Ibn Khaldoun, «Kandahar», film iranien de Mohsen Makhmalbaf, est un cri contre le fanatisme religieux.
Le film est un road-movie poignant qu’on voit et qu’on revoit avec la même fascination pour le travail subtil et combien accrocheur du réalisateur. Datant de 2001, il semble être toujours d’actualité, pour raconter des réalités que le commun des mortels prendrait pour surréalistes ou imaginaires. Et pourtant, elles existent. Des réalités amères sur le fanatisme religieux exercé sur les femmes, mais également sur les enfants en Afghanistan.
Les femmes n’existent pas, tout simplement et sans y aller par quatre chemins! Les enfants apprennent, entre autres, ce qu’est une épée, ou une kalachnikov et le pourquoi de leur usage. La pire des éducations! mais les choses ne s’arrêtent pas là. Le voyage à Kandahar est long houleux, triste et malheureux. Une traversée du désert aux premier et second degrés. Car pour gagner cette ville, Nafas, une journaliste afghane, rentrée du Canada, où elle se réfugiait, doit y sauver sa sœur qui a décidé de mettre fin à ses jours. Kandahar est un nom, une destination que peu de gens choisissent. Chemin faisant, Nafas va retrouver les mêmes situations qu’elle avait cherché à fuir quand elle était chez elle.
Situations qu’aucune femme aujourd’hui ne pourra accepter. La femme doit rester invisible. Un objet invisible! Un acte inhumain et fou de la part des hommes. La route vers Kandahar est longue et sans fin. Une destination mortelle, avec l’espoir de la gagner.
Le réalisateur Mohsen Makhmalbaf y insiste également et comme dans ses autres films sur les laissés pour compte. Ici, ce sont les handicapés, ces hommes et ces femmes qui ont perdu leurs jambes ou leurs mains dans une guerre stupide.
Eux aussi sont à la recherche d’une prothèse. Le parallèle entre la situation de Nafas et ces malheureuses gens est d’anthologie. Une peine perdue, un semblant d’espoir. On s’accroche à la vie et à ses dure réalités, parfois. Un véritable cauchemar, avant la dernière éclipse du soleil au vingtième siècle. Un autre détail que vit la journaliste.

Lotfi BEN KHELIFA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com