Le 7e art, métaphore de la vie





La maison de la culture Ibn Khaldoun a accueilli, dans le cadre des ateliers de la manifestation cinématographique «Cinéma de la paix», une rencontre sous le thème «cinéma, guerre et métaphore».
Le film proposé pour le débat n’est autre que «Le Temps qu’il reste» de Elia Suleiman. La salle était à moitié pleine avec un public de cinéphiles de toutes tranches d’âge, des plus jeunes (des lycéens) aux étudiants et universitaires.
L’animateur du débat Marouen Meddeb, jeune réalisateur, a minutieusement décortiqué le film, séquence par séquence et plan par plan, afin de démontrer aux cinéphiles la profondeur du film. En fait, «Le Temps qu’il reste» est le troisième long métrage réalisé par Elia Suleiman, après «Chronique d’une disparition» (1996) et «Intervention divine» (2002).
Le film élimine partiellement la notion du temps. Il part de l’année 1948 et s’étend vers la fin des années 2000 à Nazareth, petit village palestinien. Le sujet était difficile et sensible à la fois et pourtant, Elia Suleiman a magnifiquement su le traiter avec une simplicité de traitement et un grain d’humour mélangés à du sérieux qui s’unit pour relater des faits et une histoire. Un style très proche du documentaire, mais il ne l’est pas. Proche de l’autobiographie, mais différent par ses approches et ses clichés. Le réalisateur n’a pratiquement utilisé que des plans fixes, pour emmener son public dans un voyage au fond de l’histoire palestinienne, et le plonger au cœur du conflit arabo-israélien. Des plans et images symboliques, des allusions et surtout des métaphores, et d’ailleurs ça explique le choix du film par rapport au thème, voyage au bout d’une euphorie de symbiose d’images. Une dualité très symbolique remarquablement, qui partage l’opinion. Il se place en tant qu’observateur, sans jugement, au milieu de deux clans, les Palestiniens et les Israéliens. Tout cela dans le cadre d’une vie asphyxiée, enveloppée des «Arabes de 48» à laquelle appartient le réalisateur. Une situation enflammée et, à la fois, glissée vers le raisonnement poétique et l’abstrait. Et ce n’est pas bizarre que le film fût présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2009. Il a même suscité un grand succès mondial.


Mohamed M’DALLA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com