Les piliers du régime libyen détalent : Un coup dur pour Kadhafi





La défection de Moussa Koussa, chef de la diplomatie libyenne et bras droit du colonel Kadhafi,  est à ce jour le coup le plus dur asséné au régime.
Le Quotidien-Agences
Le porte-parole du régime de Mouammar Kadhafi, Moussa Ibrahim, a confirmé, hier, la démission de Moussa Koussa , affirmant que celui-ci avait eu la permission de quitter le pays pour des soins médicaux en Tunisie.
«M. Koussa a demandé de se rendre en Tunisie pour des soins médicaux. Il a eu la permission. Après, nous avons entendu qu’il a décidé de démissionner de son poste. C’est sa décision personnelle. La Libye ne dépend pas d’individus», a déclaré Le porte-parole du régime de Mouammar Kadhafi, Moussa Ibrahim, au cours d’une conférence de presse.
Selon lui, Moussa Koussa, souffrait notamment de tension artérielle et de diabète.
Il a écarté par ailleurs que Koussa donnerait des informations qui «porteraient préjudice à son pays».
Au sujet d’autres personnalités comme le chef des renseignements extérieurs, Abou Zeid Dourda, et le chef du Parlement, Mohammed Zwei, qui auraient fait défection et quitté le pays vers la Tunisie, selon des médias arabes, Ibrahim a indiqué qu’il ne disposait «pas d’informations» en ce sens.
Interrogé sur le colonel Kadhafi et ses fils et s’ils sont toujours en Libye, Ibrahim a déclaré: «rassurez-vous, nous sommes tous ici. Nous allons rester ici jusqu’à la fin. C’est notre pays. Nous sommes forts sur tous les fronts».
Homme fort du régime
Chef des services de renseignement de 1994 à 2009, Moussa Koussa, 59 ans, était un homme fort des comités révolutionnaires, épine dorsale du régime libyen, et un homme de confiance de Mouammar Kadhafi.
Après avoir, deux décennies durant, incarné la face sombre du régime Kadhafi, ce Tripolitain, originaire du quartier rebelle de Tajoura, symbolisait ces dernières années l’ouverture.
L’ancien ambassadeur de la Libye à l’ONU, Abdelrahman Chalgham, qui avait annoncé sa défection lui aussi il y a quelques semaines, a qualifié Moussa de «boîte noire» du régime, qui renferme les secrets diplomatiques et militaires du colonel Kadhafi.
Chalgham a affirmé dans une première réaction à la chaîne arabe Al-Arabiya que le malaise de Koussa datait d’avant l’insurrection en Libye.
Le ministre démissionnaire était toujours mal à l’aise avec la presse, ses déclarations se comptant sur les doigts de la main.
«C’est la dernière personne que j’ai pensée capable de laisser tomber Kadhafi», a lancé un proche du régime à Tripoli. «Il peut être très nuisible au régime s’il fournit des informations aux Occidentaux», a-t-il ajouté.
Depuis le début de la révolution libyenne, Koussa n’a fait que de rares apparitions publiques, notamment pour recevoir un émissaire de l’Onu ou pour lire un bref communiqué devant la presse, laissant à son vice-ministre Khaled Kaaim le devant de la scène.
Mercredi soir, après l’annonce de la démission de Koussa à Londres, la tension était palpable à l’hôtel hébergeant la presse à Tripoli.
La fin du régime ?
La démission de Koussa «montre que le régime de Kadhafi, qui a déjà enregistré des défections significatives, est divisé, sous pression et s’effondre de l’intérieur», s’est félicité hier le chef de la diplomatie britannique William Hague.
Il a précisé que l’ancien ministre libyen s’entretenait «de son plein gré» avec des responsables britanniques, mais qu’il ne se verrait pas offrir l’immunité par Londres.
Même analyse de l’ancien ministre libyen de l’Immigration, Ali Errishi, qui a lui-même fait défection peu après le début du soulèvement populaire en Libye mi-février.
Le départ de Koussa est un «signe que les jours du régime sont comptés. C’est la fin», a-t-il déclaré à la chaîne France24. «Kadhafi n’a plus personne» sur qui compter. «Désormais, il ne reste que lui et ses enfants».
«Il est l’un des conseillers en qui Kadhafi avait le plus confiance», a-t-il ajouté. «C’est la fin du régime. Le règne brutal est sur le point de s’achever. Personne ne connaît le régime mieux que Koussa.»
Il sait «ce qui se passe en Libye, d’où ils tiennent leurs armes. Il pourrait apporter beaucoup d’aide», selon Errishi.
Affrontements
Sur le terrain, des affrontements avaient lieu hier en milieu de matinée autour du terminal pétrolier de Brega (800 km à l’Est de Tripoli), selon des témoignages recueillis par un journaliste de l’AFP à mi-chemin entre Brega et Ajdabiya (80 km à l’Est de Brega). Des avions survolaient la région et cinq explosions ont été entendues.
Il n’était pas possible de savoir si la progression des loyalistes vers l’Est a été interrompue par les raids internationaux, ou si les forces du colonel Kadhafi se contentent des installations pétrolières de Ras-Lanouf.
D’autre part, l’Otan a pris hier le commandement de toutes les opérations en Libye, succédant ainsi à la coalition multinationale, a indiqué un diplomate allié. Le New York Times a fait état de son côté du déploiement d’agents de la CIA pour prendre contact avec la rébellion et guider les raids aériens.
La chaîne ABC a assuré que le président américain Barack Obama avait donné l’autorisation d’aider secrètement les rebelles. «Des dizaines de membres des forces spéciales britanniques et d’agents du service d’espionnage MI6 travaillent en Libye», en particulier pour recueillir des renseignements sur les positions des forces loyalistes, selon la même source.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com