Yémen : Pro et anti-Saleh face à face





Le Yémen se prépae à une nouvelle journée de tension après l’appel du président Ali Abdallah Saleh à une mobilisation massive de ses partisans prévue pour aujourd’hui.
Le Quotidien - Agences
Les protestataires qui depuis des semaines demandent le départ du Président yéménite, Ali Abdallah Saleh, restaient déterminés mais craignaient une explosion de violence à Sanâa où des unités rivales de l’armée et de la Garde républicaine se font face.
Hier, des manifestations importantes réclamant le départ du chef de l’Etat ont eu lieu à Taez et Ebb, au sud de Sanaa, selon les correspondants de l’AFP.
Le président Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a perdu le soutien de chefs tribaux, de dignitaires religieux et d’officiers, mais il a été capable le 25 mars de rassembler une foule nombreuse qui l’a encouragé à ne pas se démettre.
Depuis, il a mis en garde contre le risque de voir son pays devenir une nouvelle Somalie, sans Etat central et sans sécurité, où les émules d’Al-Qaïda pourraient comploter contre l’Occident, la principale hantise des Etats-Unis.
Journée de la Fraternité
Dans le sud du pays, plus de 150 personnes ont été tuées dans une usine de munitions qui a explosé récemment après avoir été prise d’assaut et pillée par des membres présumés d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique.
Selon l’agence officielle Saba, des partisans affluaient hier vers Sanâa pour participer à une «journée de la Fraternité», en soutien au chef de l’Etat, 69 ans, dont les fils et les neveux contrôlent les organes de sécurité.
«Les dignitaires religieux, les chefs de tribus, les représentants de la société civile, les jeunes et les agriculteurs ont commencé à affluer à Sanâa», a assuré l’agence officielle.
Ils arrivent dans la capitale qui est quadrillée par des forces de sécurité dont certaines sont fidèles à l’homme fort de l’armée, le général Mohsen Ali Al-Ahmar, qui s’est rallié à la contestation.
Des tractations entre le président Saleh et le général Ahmar, qui fut longtemps son allié, n’ont pas abouti à une transition négociée du pouvoir, et le président a décidé de se maintenir.
La Garde républicaine qui est commandée par le fils du chef de l’Etat, Ahmad, a été déployée autour du palais présidentiel, à quelques kilomètres du centre de la capitale yéménite.
Jour du salut
Les protestataires de la place de l’Université ont proclamé la journée de vendredi «Jour du salut», mais ont abandonné leur projet initial de marcher sur le palais présidentiel de crainte de violences.
«Nous ne voulons pas d’affrontement avec les partisans du président, beaucoup de ceux qui seront massés à son appel sont des militaires en civil et des hommes de tribus armés», a expliqué à l’AFP l’un des meneurs du mouvement de contestation, Adel al-Walibi.
Il a indiqué que les protestataires allaient «organiser des marches autour de la place du Changement», comme a été rebaptisée la place de l’Université, et envisageaient «d’observer des sit-in autour de plusieurs installations vitales à Sanaa».
Sur de grandes banderoles, les jeunes contestataires ont affiché leurs principales exigences, insistant sur «la chute du régime d’une manière pacifique».
Ils demandent également «une période de transition de six mois au cours de laquelle le Parlement serait dissous, la Constitution abrogée et un comité transitoire chargé de diriger le pays».
Vingt nouveaux officiers sont venus annoncer sur la «place du Changement» leur ralliement aux contestataires hier.
Le chef de l’Etat est confronté depuis fin janvier à un mouvement de contestation populaire réclamant son départ et qui s’est accentué après la mort le 18 mars de 52 manifestants par des tirs attribués à ses partisans.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com