Paysage politique de l’après-Ben Ali (48) : Parti de la Liberté pour la Justice et le Développement Entre libéralisme économique et justice sociale





Fondé fin janvier dernier, le Parti de la Liberté pour la Justice et le Développement se revendique du social-libéralisme qui repose sur la consolidation d’une économie de marché bridée par un souci permanent de justice sociale.
Bien qu’il soit né de la dernière couvée révolutionnaire, le Parti de la Liberté pour la Justice et le Développement (PLJD) est l’une des rares formations politiques nouvellement créées à avoir entamé une mise en place de ses structures locales et régionales. Ce parti créé quelques jours seulement après la première révolte populaire dans le monde arabe à l’initiative de jeunes cadres bardés de diplômes, dont l’avocat Hatem Yahyaoui, et légalisé le 7 mars dernier, affirme vouloir participer activement aux prochaines échéances électorales, à commencer par l’élection de l’Assemblée constituante prévue le 24 juillet. A l’heure où de nombreux nouveaux partis ne disposent pas d’une idéologie bien précise, le PLJD se réclame clairement du social-libéralisme. Ce courant politique né au début du 20 siècle affirme vouloir corriger les méfaits de la politique de laissez-faire prônée par le libéralisme classique et défend une plus grande ingérence de l’Etat dans la vie sociale, économique et culturelle. Dans le droit fil de cette logique, le parti social-libéral tunisien estime que les inégalités sociales sont nuisibles à la liberté des plus faibles et plaide pour de plus fortes régulations économiques et pour un Etat-providence fort et interventionniste. « L’Etat doit fournir des opportunités d’emplois et des services sociaux, comme la couverture santé et l’enseignement tout en garantissant les droits civiques à tous ses citoyens. Il est également appelé à respecter le droit des travailleurs à un salaire décent et à protéger le consommateur à travers une économie de marché orientée vers le bien-être social. Dans le même temps, l’Etat doit intervenir pour garantir la concurrence économique loyale et limiter l’inflation», peut-on notamment lire dans un manifeste publié récemment par le parti.
Justice fiscale
Les sociaux libéraux tunisiens s’engagent également à défendre les intérêts des salariés, des agriculteurs, des commerçants et des professionnels libéraux afin de garantir autant se faire se peut un partage équitable des richesses nationales. Ils plaident aussi pour l’instauration d’une justice fiscale, qui prend en considération la faiblesse des revenus des salariés et les ressources importantes des détenteurs de capitaux, ainsi que pour un développement des différentes régions du pays.
Le parti défend, dans ce même cadre, la consolidation de la classe moyenne et estime que l’accumulation des richesses par un petit groupe est vue comme une accumulation de pouvoirs par une petite faction de la société, ce qui constitue une menace pour la liberté. Il présente, par ailleurs, l’individu comme possesseur de droits inaliénables. « Nous militons pour l’association de toutes les couches de la société tunisienne quelles que soient leurs appartenances à la construction de l’Etat tunisien en cette période post-révolutionnaire. Mais nous pensons que l’individu constitue une valeur humaniste absolue, et ce, sur les plans social, intellectuel, politique et religieux», indique le parti dans son manifeste.
Au plan politique, le PLJD se déclare en faveur du respect des droits de l’Homme en tant que valeurs universelles et propose une révision de tous les textes de loi qui tendent à limiter les droits. Il prône également la consolidation du régime républicain basé sur la souveraineté populaire et la séparation réelle des pouvoirs.
Le parti défend, en outre, la préservation de l’identité arabo-musulmane de la Tunisie, le respect des droits des minorités religieuses et l’instauration d’une démocratie réaliste qui prend en considération l’évolution sociale, économique et culturelle du peuple tunisien.
Le PJD note, par ailleurs, que l’Etat doit garantir et soutenir le respect du pluralisme politique.


Walid KHEFIFI


Le Bureau politique du PLJD
- Hatem Yahyaoui: secrétaire général
- Taher Bousarsar: secrétaire général adjoint chargé de l’information
- Hédi Dhabaïbi: trésorier
- Mejdi Chamkhia : Secrétaire général adjoint chargé des structures
Fethi Ben Ameur : Secrétaire général adjoint chargé de la jeunesse


Qui est Hatem Yahyaoui ?
Titulaire d’un doctorat d’Etat en droit et d’une maîtrise en droit des entreprises décrochés à la faculté de droit et des sciences politiques de Tunis, Hatem Yahyaoui a rejoint le monde du barreau en 2002. Il est également membre actif de plusieurs associations dont la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LTDH) et l’Association des Jeunes Avocats.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com