Les centres d’appel et l’employabilité





Par Hazar Saied (*)
Les centres d’appel sont des secteurs à très forte employabilité en Tunisie, rien que dans la région de Tunis, Ben Arous, Ariana plus de 10 mille salariés sont inscrits à la C.N.S.S., les conseillers client constituent le plus grand nombre d’entre eux.
C’est un nouveau secteur, en Tunisie la première société à ouvrir ses portes pour les salariés de ce métier est Teleperformance  en novembre 2000.  En 2011 cette entreprise emploie 6 mille salariés , elle titularise ses salariés après une année de période d’essai contrairement au secteur étatique et privé qui titularisent leurs  salariés après 4 ans de période d’essai, sachant qu’aucune convention sectorielle n’a été mise en place jusqu’à aujourd’hui.
Un premier syndicat  de base a été constitué en mars 2007 à la société Teleperformance dans la région de Tunis, par la fédération des Télécom.  Nizar Amamou, membre de la fédération, a beaucoup fait pour la création de ce syndicat et nous avons trouvé  beaucoup de soutien de la part de l’ancien secrétaire général de l’union régionale de Tunis Taoufik Touati et de Radhi Ben Hassine; suivie deux mois après d’un autre syndicat de base dans la région de Ben Arous dans la même société; en 2008 d’autres syndicats de base ont été constitués dans la région de Tunis et l’Ariana dans les sociétés des centres d’appels tel que Strim et Transcom, etc .
 Il n’existe pas une chambre syndicale des centres d’appels et pourtant un grand effort est employé par les syndicats de base pour améliorer les conditions de travail:
- en 2007 les deux syndicats de base  de Teleperformance dans la région de Tunis et de Ben Arous  ont négocié une augmentation salariale de 22% appliquée en 2008.
-  une création d’un fonds social dédié aux problèmes financier que peuvent rencontrer les salariés.
-  un don de 400d est attribué à chaque salarié en cas de mariage, un don de 250 d par enfant en cas de naissance.
 -  la création d’une assurance groupe.
 - une augmentation de 5% en 2009.
 -  la création d’une prime de scolarité au mois de septembre de la même année pour les salariées qui ont des enfants âgés de plus que trois ans  scolarisés ou à la crèche d’une valeur de 80d par enfant.
Des négociations ont eu lieu en 2010 par les trois syndicats de base de Teleperformance, Tunis, Ben Arous et Sousse pour un résultat de plus de droit et d’acquis pour les salariés de Téléperformance, puisque nous avons obtenu:
-  une création d’une prime de fin d’année d’une valeur de 500D
-  le droit à un carnet de tickets restaurant d’une valeur de 66D par mois.
 - une augmentation  en juillet 2011 de 3% et 5% en 2012 et 4% en 2013 avec la promesse de la société de faire un effort supplémentaire en 2013 en cas de bénéfice intéressant.
Sachant que le salaire brut d’un conseiller client avant ces augmentations est de 610d brut mis à  part une prime sur objectif mensuel de 75d brut, ce qu’on ne pourrait pas considérer comme faible salaire.
Cela prouve que les syndicats de base des centres d’appels sont loin d’être passifs concernant les problèmes rencontrés par les salariés adhérant au syndicat et que les sociétés off shore et les centres d’appels ne sont pas tous des sociétés qui ne respectent pas les lois en vigueur.
Les syndicats de base mettent au défi tous les syndicats des sociétés dans le secteur étatique et privé d’avoir obtenu autant d’acquis et d’avantages en 4 ans seulement de négociations syndicales.
Le travail d’un conseiller client est un travail très fatiguant et éprouvant. C’est un métier sans doute des plus épuisant au monde. S’ajoutent à cela des conflits qui peuvent exister comme dans toute les sociétés entre des responsables et leurs subordonnés, ces problèmes sont traités aussitôt que  la réclamation est portée au membre du bureau syndical ou au service ressources humaines et affaires sociales, conformément aux lois en vigueur.
Pour tous ces vérités que je viens de vous présenter,  j’estime que l’article paru le 24 mars 2011 a été très généralisé et est loin des réalités des plus importantes sociétés des centres d’appel.
En tant que syndicalistes de l’U.G.T.T.  ne nous pouvons qu’être les premiers à défendre le droit à la liberté de la presse,  mais nous rappelons qu’il faut vérifier les informations qui peuvent être données par certaines personnes qui n’ont pas d’objectif clair.
En effet, certains sont en train de mener une guerre aux investissements étrangers   en Tunisie et ils oublient que les salariés ont leur mot à dire, représentés par les membres des syndicats et les membres de la commission consultative qui sont élus librement et démocratiquement par les salariés.
Les salariés veulent sauver leurs emplois et surtout ne pas augmenter le nombre des chômeurs en Tunisie, car aujourd’hui il est question de trouver des emplois aux jeunes diplômés  en chômage depuis des années, c’est le terrain où nous devons tous nous battre pour que tout Tunisien ait le droit à un emploi respectable où sa dignité est garantie et ses droits sont respectés et qu’il ait le droit surtout à un avenir stable .


(*) Secrétaire générale du syndicat de base de Teleperformance-Tunis


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com