Vu en France : Le «nouveau temps» de François Hollande





La candidature aux primaires de l’ancien patron des Socialistes est maintenant officielle. Déterminé, il peut aller jusqu’au bout…
De notre correspondant permanent, François Bécet
Il aurait aimé être candidat en 2007, mais sa compagne, dont il allait bientôt se séparer, l’avait pris de vitesse et, portée par les sondages, avait représenté le PS face à Nicolas Sarkozy. Cette fois, Ségolène Royal est à la traîne alors qu’il ne cesse de progresser. Il faut reconnaître que François Hollande a pris le temps de s’installer, de changer son image. Homme du consensus mou pendant les onze années passées à la tête du Parti socialiste, homme des petites phrases et des bons mots, il est devenu peu à peu un homme convaincant, reconnu et compétent.
Depuis de longs mois, le Corrézien ne fait pas mystère de ses intentions mais il a voulu, avant de rendre sa candidature aux primaires officielle reconquérir la présidence du conseil général de son département. Pas par coquetterie, mais pour montrer qu’il était un homme de terrain qui savait mener campagne et prendre des risques car, malgré les affirmations des amis de Martine Aubry, la victoire de la gauche dans cette Corrèze conquise en 2008 n’était pas évidente. «Il n’y a pas d’homme politique sans territoire» disait-il à cette époque. Il a aujourd’hui ce territoire qui était un fief de la Chiraquie. Et hier, il a précisé que «par le suffrage, je tire la légitimité et la force de mon engagement.»
Réélu hier à la présidence du conseil général, il a donc officialisé sa candidature. Il l’a fait en trois temps, face aux journalistes, puis lors d’une brève déclaration et enfin devant les Français au cours du 20 heures de France2.
Le pari de la jeunesse
Soulignant qu’il se sentait «prêt» et qu’il entendait «incarner une démarche qui doit être solide, qui doit être sûre, et qui en même temps doit être déterminée», François Hollande a affiché sa conviction: «Je veux ouvrir un nouveau temps pour la France, et la gauche en a la responsabilité.» Le candidat aux primaires veut «réconcilier, rassembler, unir», il refuse «la division sciemment entretenue par le pouvoir» ainsi que «l’injustice, les inégalités de revenus, la souffrance des Français et la violence qui s’intensifie dans notre pays». Voulant incarner une espérance, François Hollande devrait orienter sa campagne autour de trois axes: «la jeunesse, un pacte générationnel et une réforme fiscale pour une redistribution plus juste».
Si la candidature de François Hollande était attendue, elle trouble le camp socialiste, surtout les partisans de Strauss-Kahn qui ont tenté de le dissuader, de lui prouver que son arrivée dans la bataille des primaires était «inutile» car il est sur le même créneau modéré que le patron du FMI. A leurs yeux, il aurait dû se contenter de négocier avec DSK un poste en cas de victoire… Quant aux amis de Martine Aubry, ils cherchent à minimiser la candidature de ce petit provincial…
A-t-il des chances d’aller jusqu’au bout? Oui si DSK ne vient pas. Oui, même s’il se présente. François Hollande a la compétence, la volonté et un programme; il gagne des points dans l’opinion. Au contraire, le silencieux patron du FMI peut chuter dès qu’il ouvrira la bouche. Hollande apparaît plus proche des Français et de leurs préoccupations que DSK. A l’inverse, DSK possède une stature internationale, une reconnaissance que n’a pas Hollande. Ce peut-être, comme le dit Sylvie Pierre-Brossolette, du Point, la course du lièvre et de la tortue…
Hier, c’est Bernadette Chirac, en temps que doyenne, qui a «remis les clés» à François Hollande après sa réélection à la présidence du département. Elle n’a pas dit non quand on lui a demandé s’il pouvait y avoir un deuxième président de la République issu de Corrèze. Elle seulement répondu que c’était un temps «bouillonnant, frémissant» et qu’«il faut beaucoup de sérénité en cette période».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com