Syrie : Les manifestants regagnent la rue





Au moins quatre personnes ont été tuées, hier, quand la police syrienne a tiré à balles réelles sur des manifestants à Douma au Nord de Damas.
Le Quotidien- Agences
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté hier en faveur de la démocratie dans différentes villes de Syrie, mais au moins quatre personnes ont été tuées par des tirs des forces de l’ordre au nord de Damas, ont affirmé des militants des droits de l’homme et des témoins.
Au moins quatre personnes ont été tuées quand la police a tiré à balles réelles sur des manifestants qui jetaient des pierres à Douma, à 15 km au Nord de Damas, a déclaré un témoin joint par l’AFP au téléphone.
«Des dizaines de personnes ont été blessées et des dizaines d’autres arrêtées», a ajouté ce témoin, identifiant chacun des quatre tués et précisant qu’il pourrait y avoir au moins six autres morts. Interrogé par l’AFP, un responsable syrien n’a pas été en mesure de confirmer ce bilan.
Les autres rassemblements ont eu lieu dans la région à majorité kurde située dans le nord du pays, à Lattaquié et Banias (Nord-Ouest) et à Deraa (Sud).
L’agence officielle syrienne Sana a confirmé que des manifestations avaient eu lieu «près de certaines mosquées» à Deraa et à Lattaquié, où les participants ont rendu hommage aux «martyrs» et appelé «à accélérer les reformes». Selon l’agence, les forces de sécurité ne sont pas intervenues.
Nationalité et liberté
Pour la première fois depuis le début de la contestation le 15 mars, des défilés ont eu lieu dans la région à majorité kurde du nord du pays.
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté pacifiquement à Qamishli, Amouda et Hassaké, trois villes de la région, en scandant «Nous ne voulons pas seulement la nationalité mais aussi la liberté» et «Dieu, la Syrie et la liberté», selon Radif Moustafa, président du comité kurde pour les droits de l’Homme.
Les autorités avaient annoncé avant-hier qu’elles allaient examiner la situation de 300.000 Kurdes qui se sont vus dénier la nationalité syrienne depuis un demi-siècle. Une commission doit rendre ses conclusions avant le 15 avril, pour permettre la promulgation d’un décret présidentiel «adéquat», selon Sana.
Dans le Sud, à Deraa, des milliers de fidèles ont manifesté contre le régime devant le palais de justice en sortant d’une des mosquées de la ville, aux cris de «La mort plutôt que l’humiliation» et «Unité nationale». Dans cette ville, la violence a déjà fait au moins 30 morts selon les autorités, 55 selon Amnesty International, plus de 70 selon Human Rights Watch et 130 selon les militants sur place.
A Banias, à 280 km au Nord-Ouest de Damas, un millier de personnes ont manifesté sans incident. Dans une pétition, 18 cheikhs religieux de la ville ont appuyé «les demandes du peuple pour les réformes, la liberté, la levée de l’état d’urgence et pour le droit de manifester».
Un peu plus au nord, à Sleibé, un quartier Sud de Lattaquié, 200 personnes ont manifesté pour la liberté. Dans ce quartier, la police était intervenue récemment, faisant 4 ou 5 morts selon un militant politique de la ville, et 25 selon le Comité syrien de droits de l’Homme (CSDH).
A Damas, plusieurs centaines de manifestants ont affirmé s’être enfermés hier dans une mosquée du centre-ville où ils ont scandé «Liberté, liberté» alors que les forces de sécurité tentaient de forcer la porte d’entrée. Des journalistes de l’AFP qui se sont rendus sur place ont vu des manifestants favorables au régime sur la place en face de la mosquée.
Les opposants avaient appelé à des manifestations dans toute la Syrie après les prières de hier afin d’exprimer leur déception face aux mesures annoncées par le président Bachar al-Assad pour tenter de calmer le mouvement de protestation sans précédent depuis deux semaines.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com