Le ministre des finances : 17 mesures pour résorber la crise





«L’impact des derniers événements sur l’économie tunisienne dépasse 4 milliards de dinars. De ce fait, nous estimons la création, au plus, de 15.000 postes d’emploi contre 80.000 prévus initialement. Notre économie traverse une phase critique et le taux de croissance de notre pays se situera entre 0 et 1 %. Et cela est dû à la baisse de l’activité et de l’investissement dans des secteurs clés de l’économie comme le tourisme, le transport, le commerce, l’extraction du phosphate et les travaux publics et la baisse des exportations des biens et services malgré la croissance des exportations des biens. » Indique M. Jalloul Ayed. Et d’ajouter : « à cet effet, nous allons assister à une régression des investissements de l’ordre de 1500 MD dont 1000 MD sous forme d’IDE, un déficit budgétaire de 5% compte tenu de la baisse des recettes fiscales, de l’augmentation des dépenses publiques et surtout des subventions des produits alimentaires et de l’énergie qui vont augmenter d’un montant additionnel de 900 MD à cause de la hausse des prix à l’échelle internationale et de l’augmentation des besoins en financement extérieur estimé à 5000 MD. Au regard de ces difficultés, nous avons élaboré un programme économique et social d’un impact immédiat pour sauver notre tissu socioéconomique. Dans ce cadre, 17 mesures ont été prises par le gouvernement de transition. Ces mesures peuvent être résumées selon cinq priorités : la sécurité, l’emploi, l’appui à l’économie et son financement, le développement régional et les actions sociales. »
40.000 nouveaux postes d’emploi prochainement
S’agissant d’un thème qui ne cesse d’alimenter le débat, M. Ayed a affirmé l’entière disposition du gouvernement de transition à relever le défi de l’emploi pour atténuer le taux du chômage et garantir une source de revenus à chaque individu. Et de renchérir : « Conscient de l’importance de ce sujet, nous avons décidé de lancer un programme de recrutements dans la fonction publique afin de créér 20 000 postes d’emploi et un autre plan concernant le secteur privé et les entreprises pour recruter 20 000 demandeurs d’emploi. En outre, nous allons augmenter le montant alloué aux programmes d’utilités publiques dans les régions. »
Des facilités financières pour les entreprises
En ce qui concerne les entreprises, M. Ayed a affirmé que l’Etat a décidé une série de mesures qui ont pour objectif de relancer l’économie nationale. Il poursuit en ces termes : « les entreprises constituent la sphère économique de notre pays et nous devons préserver ces sources d’emploi et subventionner les sociétés qui traversent des difficultés financières ou qui ont subi des dommages. Nous avons décidé la restructuration du dispositif des micro-crédits et de financement des PME et la création de pôles bancaires dans les régions pour inciter les investisseurs à exploiter les régions défavorisées. L’Etat se chargera de la contribution patronale au régime légal de sécurité sociale pour les nouveaux investissements implantés dans ces zones. D’autre part, nous avons réduit le taux de la TVA sur les équipements importés de 12 % actuellement, à 6%. »
Pour les entreprises exportatrices, M. Ayed a annoncé que le gouvernement soutiendra ces établissements, pour faire face aux difficultés relatives à l’exportation de leurs produits, en leur permettant d’écouler une partie de leur production ou de fournir une partie de leurs services sur le marché local dans la limite de 50% de leur chiffre d’affaires à l’export réalisé au cours de l’année 2010. Le ministre a souligné que plusieurs projets seront lancés dans les mois qui viennent dans différents secteurs : infrastructure, TIC, et un programme pour la promotion de l’image de la nouvelle Tunisie.
Des mesures urgentes à visage social
Concernant le développement des régions prioritaires, M. Ayed a indiqué que le gouvernement a décidé de réviser le budget de l’Etat afin d’accroître les dépenses allouées au profit des régions défavorisés à la lumière des demandes de ces zones. Il abonde dans ce sens : « l’équilibre régional est l’une des priorités de notre gouvernement. Nous allons encourager l’investissement dans ces zones pour multiplier les sources d’emploi en faveur des habitants de ces régions. Par ailleurs, nous avons ordonné la dissolution des conseils régionaux et les remplacer par des représentants regroupant ainsi la société civile et les compétences locales. »
Le ministre des finances a braqué les projecteurs sur les actions sociales annoncées dans ce programmes en indiquant que le gouvernement a décidé quatre mesures. Il a déclaré que la finalité de l’action économique du gouvernement est l’amélioration du pouvoir d’achat des Tunisiens et la distribution juste du revenu national. Dans cette même optique, il enchaîne : « 185.000 familles nécessiteuses vont bénéficier d’aides sociales et 20.000 autres familles auront des microcrédits pour l’amélioration ou l’acquisition de logements. Pour les Tunisiens qui ont perdu leur emploi en Libye, une aide de 400 dt par personne et 600 par famille leur sera accordée, pendant un an, avec d’autres facilités d’accès aux financements. Nous avons appelé, par ailleurs, à démarrer les négociations sociales dans le but de répondre aux attentes légitimes des salariés. »
Il reste à noter qu’à l’instar de ce programme, le ministère des finances a engagé des études pour des actions structurelles qui visent à élaborer un cadre juridique pour la micro-finance afin de renforcer le financement des projets dans les régions, renforcer le cadre réglementaire régissant les sociétés de capital risque et appuyer le rôle des banques dans le financement des PME- PMI dans
les régions.


Walid BOUROUIS


Walid BOUROUIS




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com