Contre-plongée : Le cinéma alternatif





La saison du printemps annonce-t-elle l’alternative pour la programmation cinématographique dans nos salles obscures?
La période post-révolutionnaire a été fatale pour les salles de cinéma, où le public potentiel avait d’autres préoccupations et avait eu trop peur pour s’y rendre. Nos salles de cinéma sont aujourd’hui fonctionnelles, mais restent encore désertées. Les films affichés sont des reprises, pas du tout intéressantes. Et puis faut-il encore le redire, le cinéma dans les salles occupe une place peu importante, même chez les cinéphiles qui le voient chez eux, sur différents supports. A quoi serviraient alors nos salles de cinéma? A accueillir plutôt des pièces de théâtre ou d’autres spectacles de musique, ou de danse?
Cela contente les exploitants, mais pas du tout ceux, parmi le public, qui croient encore au cinéma sur grand écran et dans une vraie salle destinée au septième art. Mais il est des exploitants qui savent que cela est possible. Un exploitant de la place a programmé, à l’occasion des vacances du printemps, un cycle de films nouveaux, pour enfants et jeunes et en 3D. Un véritable «tiercé-gagnant»! Et un retour immédiat du cinéma dans les salles durant quinze jours. Il fallait donc créer l’événement et amener le public, grâce à un produit artistique qui pourrait l’intéresser.
D’un autre côté, le bon cinéma s’annonçait hors des salles habituelles et commerciales. La maison de la culture Ibn Khaldoun accueille la manifestation : «Cinéma de la paix», jusqu’à ce dimanche. Organisée par la FTCC tous les ans, cette manifestation draine un public intéressé, nombreux et de tous les âges. Il reste à signaler que les projections de films nouveaux, ou datant de quelques années, sont en DVD. Ce n’est point pour dire que ce rendez-vous est tronqué, mais pour rappeler que la plus prestigieuse maison de culture du pays, ne dispose pas d’un appareil de projection en 35mm. D’autre part, les films choisis n’existent pas tous en 35mm. Le choix des projections en DVD est une bonne solution, d’autant plus que les copies sont intactes, à l’opposé d’autres, en 35mm qui s’avèrent parfois usées et inexploitables. Les alternatives pour le cinéma dans les salles existent. Il suffit d’y songer un peu.


Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com