Tout en se renfonçant sur le front de l’Est : La rébellion prête à un cessez-le-feu





Les rebelles libyens ont acheminé, hier, du matériel lourd sur le front de l’Est au moment
où ils se disaient prêts à un cessez-le-feu sous certaines conditions.


Le Quotidien-Agences
Les rebelles libyens ont acheminé hier du matériel lourd sur le front de l’Est où d’anciens officiers s’efforcent d’organiser les forces insurgées afin de reprendre l’initiative face aux troupes loyalistes.
Dans leur ligne de mire, le contrôle du port pétrolier de Brega, pris alternativement par l’un et l’autre camp ces dernières semaines et où des combats se poursuivent.
A un poste de contrôle installé à la périphérie de la ville, les rebelles interdisent désormais aux jeunes dépourvus d’armes de poursuivre leur chemin.
«Seuls ceux qui ont des armes lourdes sont autorisés à passer. Pas les civils sans armes», déclare Ahmed Zaitoun, membre d’une brigade de volontaires qui a été formé au maniement des armes.
«Aujourd’hui, il y a des officiers avec nous. Avant, nous étions seuls», ajoute-t-il avant de désigner un homme arrêté au checkpoint: «C’est un jeune garçon et il n’a pas d’arme. Qu’est-ce qu’il va faire là-bas?»
«Des militaires sont arrivés et ont renforcé les lignes rebelles. Si Dieu le veut, ils commenceront par Ajdabiah et continueront sur Brega et Ras Lanouf», explique Khaled Fardjani, un capitaine de l’armée de l’air qui s’est rangé du côté de l’insurrection.
Les villes pétrolières de Ras Lanouf et Es Sider sont revenues aux mains des forces loyalistes qui repoussent les rebelles à l’aide de leurs armes lourdes. Malgré les frappes aériennes menées par les Occidentaux, les insurgés n’ont pas réussi à garder le contrôle de leurs gains territoriaux.
Les dirigeants de l’insurrection saluent l’enthousiasme des jeunes, ces «chebab» qui foncent vers le front à bord de pick-ups, mais le manque de discipline et de coordination pèse.
La situation semble pourtant évoluer. Avant-hier soir, une dizaine de véhicules de transport chargés de camions équipés de lance-roquettes multiples se dirigeaient vers Ajdabiah, en provenance de Benghazi, a constaté un journaliste de Reuters.
Cette nouvelle approche doit encore prouver son efficacité, après la déroute subie cette semaine par les rebelles, qui ont perdu en deux jours les 200 km de route côtière qu’ils avaient gagnés à partir de Brega les deux jours précédents.
Cessez-le-feu
Pendant ce temps, à Benghazi, fief des rebelles dans l’est du pays, le chef des insurgés s’est dit prêt à respecter un cessez-le-feu, mais seulement si deux conditions sont réunies.
«Nous sommes prêts à un cessez-le-feu à condition que nos frères dans les villes de l’ouest puissent s’exprimer librement et que les forces (pro-Kadhafi) qui assiègent nos villes se retirent», a déclaré Moustapha Abdeljalil, chef du Conseil national de transition (CNT) de l’opposition.
Le chef du CNT s’exprimait peu après une rencontre avec l’envoyé spécial de l’ONU en Libye, le Jordanien Abdel Ilah Khatib. Ce dernier a affirmé de son côté que le «principal objectif (de l’ONU) est d’obtenir un cessez-le-feu durable», lors d’une interview à la chaîne qatarie Al-Jazira.
Les grandes puissances occidentales cherchent une solution politique plutôt que militaire au conflit en Libye, qui a éclaté le 15 février avec les premières manifestations en faveur de la démocratie à Benghazi (1.000 km à l’Est de Tripoli).
«La situation en Libye ne peut pas être résolue par des moyens militaires. Il peut seulement y avoir une solution politique et nous devons mettre en route un processus politique», a ainsi déclaré le chef de la diplomatie allemande, Guido Westerwelle.
«Cela devrait démarrer avec un cessez-le-feu respecté par Kadhafi pour pouvoir démarrer un processus de paix», a-t-il ajouté.
Bombardements à Misrata
D’autre part, les forces fidèles à Mouammar Kadhafi ont soumis Misrata, ville aux mains des insurgés libyens, à 200 km à l’Est de Tripoli, à d’intenses tirs d’artillerie et des troupes attaquent magasins et habitations dans le centre ville, a déclaré hier un porte-parole des rebelles. «Ils ont eu recours à des chars, des grenades RPG, des tirs, notamment au mortier, pour frapper la ville. Il s’agissait d’un bombardement à l’aveuglette et très intense», a dit par téléphone à Reuters Sami, le porte-parole. «Nous ne reconnaissons plus les lieux. Les destructions sont indescriptibles». «Les forces kadhafistes entrées en ville par la rue de Tripoli pillent les lieux, les magasins, même les maisons, détruisant tout au passage». «Ils s’en prennent à tous, même aux maisons des civils. Je ne sais que dire, puisse Allah nous venir en aide».
Il est impossible de vérifier les récits en provenance de Misrata car les autorités libyennes interdisent aux journalistes de rendre compte des événements en cours dans la troisième ville du pays.
Déploiement militaire
Par ailleurs, le conseil de l’Europe a décidé d’une opération d’union militaire européenne pour soutenir les opérations d’aide humanitaire. Cette décision précise dans son communiqué qu’à la demande du bureau des Nations Unies, l’Union européenne conduira une opération militaire dans le cadre de la sécurité commune et de la police de défense, pour soutenir les opérations d’aide humanitaire. Le budget consacré à ce déploiement militaire sera de 7.9 millions d’euros.




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com