Les fils de Kadhafi négocient le départ de leur père





Le Conseil national de transition (CNT), qui représente les rebelles, a rejeté hier l’idée d’une transition menée par un des fils de Kadhafi, dont le New York Times a fait état.
Le Quotidien-Agences
«Cela est complètement rejeté par le Conseil», a déclaré le porte-parole du CNT, Chamseddine Abdelmoula, à Benghazi, fief rebelle dans l’Est de la Libye. «Kadhafi et ses fils doivent partir avant toute négociation diplomatique», a-t-il affirmé. «Comment peut-on négocier alors qu’une arme est braquée sur vous ?»
Au moins deux fils du dirigeant libyen proposent une transition vers une démocratie constitutionnelle qui prévoirait le retrait du pouvoir de leur père, a rapporté avant-hier soir le quotidien américain. Citant un diplomate sous couvert de l’anonymat et un responsable libyen informés du projet, le quotidien américain indique que la transition serait menée par l’un des fils de Kadhafi, Seif Al-Islam.
«Une copie de son père»
Mais selon le porte-parole du CNT, l’attitude de Seif al-Islam depuis le début de la révolte, le 15 février, a montré que sa réputation d’homme de changement est fausse. «Les gens pensent qu’il est un réformateur mais depuis le déclenchement de la révolution, il a montré son vrai visage, il est une copie de son père.» D’après Le Times, Seif Al-Islam et Saadi Kadhafi «veulent avancer pour faire changer le pays» sans leur père.
Leur proposition de transition peut traduire les différences existant de longue date entre les fils de Kadhafi, selon le journal. Alors que Seif et Saadi ont été à l’école occidentale, les deux autres fils de Kadhafi, Khamis et Moutassim, sont considérés comme des partisans de la ligne dure, indique encore le journal. Khamis Kadhafi est à la tête d’une milice pro-gouvernementale. Quant à Moutassim, conseiller de la sécurité nationale, il est considéré comme un rival pour Seif dans la compétition à la succession de leur père, ajoute le New York Times.
Le Times ne précise pas si le colonel Kadhafi, 68 ans, souscrit à la proposition de transition, mais selon un proche de ses fils, le dirigeant libyen semble être d’accord, poursuit le journal.
Ballet diplomatique
D’autre part, un émissaire du gouvernement libyen est arrivé hier après-midi à Ankara afin de «demander l’aide de la Turquie» pour l’instauration d’un cessez-le-feu avec les insurgés, a-t-on annoncé de sources officielles turques. Le vice-ministre libyen des Affaires étrangères et des Affaires européennes, Abdelati Laabidi, était auparavant en Grèce où il a rencontré avant-hier le Premier ministre grec Georges Papandreou. Il a transmis un message faisant apparaître que le régime «cherche une solution» au conflit en Libye, «selon les mots utilisés par l’envoyé libyen», a déclaré le chef de la diplomatie grecque, Dimitris Droutsas.
Le Royaume-Uni ne recherche pas une «stratégie de sortie» pour le colonel libyen, a indiqué hier un porte-parole du Premier ministre britannique David Cameron.
Une délégation de diplomates britanniques est arrivée samedi soir à Benghazi pour, selon Londres, «entrer en contact avec des personnalités, dont le Conseil national de transition». L’Italie a déclaré hier qu’elle reconnaissait le CNT comme le «seul interlocuteur légitime» et que les propositions de sortie de crise du régime de Kadhafi «ne sont pas crédibles»
Avancée
Sur le terrain hier, les combats ont repris, hier pour le contrôle du port pétrolier de Brega pétrolier. Les rebelles, à bord de pick-up et de voitures, ont réussi à avancer jusqu’aux abords est de la ville avant d’être repoussés par des tirs d’artillerie et d’obus des forces pro-Kadhafi. Avant-hier, les combats se sont concentrés autour de Brega. Après s’être emparés de l’Université du pétrole, un énorme campus à l’entrée est de la ville, les rebelles ont dû se replier sous le feu des pro-Kadhafi.
Des avions français ont de nouveau détruit plusieurs blindés des forces pro-Kadhafi aux abords du port pétrolier de Ras Lanouf, à une soixantaine de km à l’ouest de Brega, selon l’état-major français.
L’armée américaine avait prévu de retirer ses avions de combat et ses missiles Tomahawk du théâtre des opérations à partir du week-end. Mais selon le Pentagone, «en raison du mauvais temps récent en Libye, les Etats-Unis ont répondu positivement à la demande de l’Otan de prolonger leurs frappes» aériennes jusqu’à hier.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com