Paysage politique de l’après-Ben Ali (51) : MCS : Un chantre de l’équilibre social





Dirigé par Belgacem Ben Abdallah, le Mouvement pour le Changement social (MCS) œuvre pour un monde où la seule idéologie serait l’équilibre dynamique de la société et où l’altermondialisme est une profession de foi.
Certains membres fondateurs de ce mouvement (fondé à la fin de 1989) ont été persécutés par l’ancien régime, ils ont été arrêtés en 1991 puis emprisonnés. Pourtant, il ne s’agissait au départ que d’un courant de pensée construit sur la simple idée que tout système tend, à travers son évolution, à atteindre l’équilibre (que l’on peut lire comme l’une des formes de la systémique). Il défend la notoriété de la science et de la pensée et œuvre pour que les hommes accèdent au monde des idées, rejoignant ainsi les courants altermondialistes qui militent pour un monde plus équitable et plus juste.
Après la Révolution de janvier 2011, le mouvement dépose une demande de légalisation en tant que parti politique et reste sur ses positions fondatrices: promouvoir l’équilibre social et l’altermondialisme.
Le MCS persiste ainsi à en appeler au principe d’équilibre dynamique pour analyser les phénomènes, l’opposant à la dialectique matérialiste du marxisme et à la dialectique humaine empruntée par certains nationalistes arabes. Selon le MCS, le capitalisme ne peut entrer en symbiose avec la pensée car ce courant économique n’encourage que la réflexion marginale et la culture de la consommation.
Pour récapituler une littérature abondante, nous pourrions dire que le mouvement œuvre à assurer l’équilibre social global et encourager la société à aller vers les sphères de la pensée. Il affirme avoir la volonté de transformer la Tunisie en pays de confort et de qualité de la vie où le «Pouvoir de la pensée et de la science» serait particulièrement dynamique. Et ceci dans le but d’ériger la science en référence d’arbitrage dans toutes les affaires de la société.
Le MCS a également des ambitions internationales. Dans ce chapitre, il affirme se déployer pour donner corps à un vrai altermondialisme en lieu et place de la globalisation actuelle pour cristalliser les principes de justice et d’équité entre les peuples, tout en s’opposant à la monopolisation de la science et du savoir. Le mouvement propose ainsi la constitution d’une commission internationale d’experts et de scientifiques qui serait associée à la prise de décision internationale.
Le peuple tunisien est musulman, mais...
«Si nous étions amenés à définir une société, nous la décririons comme une dualité entre le peuple et ses relations, et la stabilité ne peut être assurée dans une société que si ces liens ou relations correspondent aux attentes du peuple. Si, par exemple, nous supposons que le peuple tunisien est un peuple musulman, alors le réseau de ses relations doit être cohérent avec l’Islam, et toute tentative d’instauration de constitution ou de lois qui ne tiennent pas compte de cette réalité est exposée à un risque d’échec et à des facteurs d’instabilité», atteste Aymen Jridi, membre du bureau politique du MCS.
«Le premier article de la constitution ne sera pas vraiment l’objet d’une controverse... mais la séparation entre la religion et les affaires publiques doit être établie», ajoute-t-il en estimant qu’entamer des discussions sur la laïcité est un faux problème, un faux débat «Nous sommes contre l’extrémisme des deux côtés mais nous ne devons pas oublier que l’Islam est une religion de tolérance, et le courant laïc extrémiste ne sert que ceux qui ne souhaitent pas voir le succès d’un changement ou le fruit d’une révolution. Nous devrions plutôt chercher une alternative qui correspond à la nature du pays et ses caractéristiques. Non pour un Etat islamique qui s’approprie la religion et non pour un état profane fondé sur une laïcité occidentale et une distorsion de l’identité».

Manoubi AKROUT
Les 12 commandements
- Protéger les acquis de la Tunisie, spécialement la République, le Code du statut personnel...
- Appeler à un parti mi-présidentiel en attendant un système plus élaboré
- Encourager les institutions de la pensée et les centres d’études stratégiques
- Créer une Commission de spécialistes dans chaque domaine et l’impliquer dans la prise de décision
- Enraciner la culture de la science, du savoir, de la philosophie..
- Respecter l’identité arabo-musulmane des Tunisiens
- Suivre une politique d’enseignement encourageant la Recherche
- Veiller aux équilibres économiques
- Parfaire les indicateurs sécuritaires
- Allouer une partie des ressources fiscales à soutenir les plus démunis
- Contribuer activement à l’altermondialisation équitable
- Soutenir toutes les conventions internationales, surtout dans les droits de l’homme, l’environnement, l’harmonisation des législations...


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com