La Bourse de Tunis dément avoir suspendu la cotation d’entreprises appartenant à la famille de Ben Ali





La Bourse de Tunis a démenti, hier, avoir suspendu la cotation de sociétés qui appartenaient au président déchu et à sa famille, contrairement aux informations publiées, à ce sujet, par des médias tunisiens et étrangers.
M. Raouf Boudabbous, responsable de la communication à la Bourse de Tunis, a déclaré qu’il s’agit plutôt «d’un gel, en vertu de décisions juridiques, des participations des membres de la famille du président déchu et de leurs associés au capital de sociétés cotées en Bourse, sans pour autant bloquer les transactions boursières de ces dernières».
La liste des entreprises comporte, essentiellement, Ennakl Automobile, Carthage Cement, Assurances Salim, la Banque de Tunisie (BT) et Monoprix. Elle comprend également la société «Investec» qui appartient au gendre du président déchu et qui détient une part du capital de la société des services de téléphonie mobile «Orange Tunisie».
Le Conseil du Marché Financier (CMF) avait publié, fin février 2011, une liste de 123 entreprises cotées à la Bourse des valeurs mobilières (BVMT), soupçonnées d’être impliquées dans des transactions au profit du président déchu et de sa famille.
La liste comporte des entreprises privées tunisiennes et étrangères, des fonds d’investissement et des personnes physiques qui avaient fait, avant le 14 janvier 2011, des interventions à la Bourse de Tunis, pour acheter ou vendre des actions au profit du président Ben Ali, des membres de sa famille et de leurs associés.
M. Ferid Kobbi, président du CMF, a précisé, dans une déclaration à la TAP, qu’il s’agit «d’un gel des cotations des sociétés cotées à la BVMT, sous ordre du doyen des juges d’instruction», et ce, «par mesure préventive jusqu’à la fin des enquêtes et de la confirmation de leur implication ou de leur innocence».
Le président du CMF a refusé d’annoncer la liste, relevant qu’elle est «secrète» et que l’opération consiste à «ne pas permettre à ces entreprises d’investir ou de retirer de l’argent de leurs comptes d’exploitation».
«Shuaa Capital», banque d’investissement basée à Dubaï, qui figure sur la liste, a nié, sur l’antenne d’une chaîne de télévision arabe, avoir des relations avec les entreprises liées aux familles du président déchu, tandis que des sources autorisées, en Tunisie, ont affirmé que cette banque a été inscrite sur la liste par mesure de précaution jusqu’à la fin des enquêtes sur cette question.
«La décision du juge d’instruction, qui détient toutes les prérogatives concernant le gel des avoirs de Ben Ali et de sa famille, de fixer cette liste en mesure de précaution, est de nature à couper court à toute tentative de la part de ces personnes, de gérer leur argent», a affirmé M. Bahri Bahrini, avocat.
M. Bahrini a rappelé, à ce sujet, le décret daté du 14 mars 2011, en vertu duquel les avoirs mobiliers et immobiliers et les droits acquis après le 7 novembre 1987 du président déchu et de son épouse ont été restitués au profit de l’Etat tunisien, outre ceux de 112 personnes liées au président Ben Ali et à Leila Trabelsi.
En dépit de leur importance, les mesures décidées à ce sujet «ne permettent pas de suivre, et d’une façon très précise, les biens de ces personnes à l’étranger», a ajouté l’avocat.
«Leurs avoirs, qui peuvent être détenus par des sociétés d’investissement, des fonds de placement ou autres, ne peuvent pas être délimités», a-t-il réitéré.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com