Vu en France : Le PS dévoile son programme





La majorité le qualifie déjà de «retour vers le passé» mais il apparaît «solide». Toutefois, le candidat à la présidence en fera ce qu’il veut…
De notre correspondant permanent, François Bécet
Quel sera le fait de ce jour? Le débat sur la laïcité et la place de l’Islam ou la présentation du programme socialiste pour la présidentielle de 2012? Les deux seront largement commentés et … critiqués. C’est déjà fait avec ce débat auquel s’accroche Copé, ça commence avec les projets du PS.
Le JDD a annoncé dès hier les grandes lignes du projet socialiste qui sera finalement adopté le 28 mai en convention nationale après débats et adoption par le Conseil national et le vote des militants le 19 mai.
Rien de sensationnel, de spectaculaire mais un projet solide qui vise à plus de justice sociale et d’égalité, qui veut corriger les «excès» du sarkozysme et répondre aux préoccupations des Français. Certaines mesures sont immédiatement applicables, d’autres à plus long terme. Voici quelques unes des principales propositions socialistes:
- Création de 300.000 emplois d’avenir, nouvel avatar des emplois jeunes de Jospin «pour mettre le pied à l’étrier aux jeunes, rassurer les familles, rétablir la confiance et relancer l’économie».
- Création d’un «parcours d’autonomie» pour les jeunes en formation avec une allocation d’études sous condition de ressources.
- Egalité salariale hommes-femmes sur cinq ans.
- Création d’une banque publique d’investissements regroupant plusieurs organismes actuels comme la Caisse des dépôts et consignations ou la banque postale.
- Construction de 150.000 logements sociaux par an.
- Cncadrement du prix des loyers.
- Fusion impôt sur le revenu-SCG et prélèvement à la source.
- Limitation des écarts de rémunération de 1 à 20 dans les entreprises à participation de l’Etat. Les patrons de Renault ou d’Areva verraient leur paye divisée par plus de 2.
- Développement des énergies renouvelables pour une sortie du nucléaire en 30 ou 40 ans.
- Arrêt de la «baisse aveugle» des effectifs de fonctionnaires. Recrutement de 10.000 policiers et gendarmes en cinq ans, de magistrats et de greffiers, mais baisses dans d’autres domaines afin que la masse salariale évolue comme l’inflation».
En attendant le candidat
Pour Martine Aubry, le programme socialiste, «c’est un projet de société pour la France, une mise en cohérence de ce qu’on a fait depuis deux ans et demi. C’est un texte qui parle aux Français, à toute la gauche, à tous ceux qui attendent le changement. C’est un texte novateur sur le fond et sur la forme».
Reste à préciser certains points comme les modifications éventuelles des régimes des retraites et surtout le financement du projet. Tout n’est pas encore arrêté dans ce dernier domaine. Les Socialistes comptent sur une croissance de 2,5% par an qui, avec la suppression de niches fiscales, dégagerait quelque 50 milliards de recettes. La moitié serait utilisée pour désendetter le pays, l’autre pour financer les projets nouveaux. Cinq milliards par an, pas plus car «l’état de la France ne permet pas de promettre n’importe quoi».
Pour l’UMP, ce projet constitue «un retour au passé». Selon Valérie Pécresse, il n’apporte «absolument rien de neuf» et n’est qu’«un copier-coller saupoudré de démagogie, un projet à peine né et déjà dépassé». Luc Chatel, ministre de l’Education veut faire de l’humour : «on est passé du «care» à l’antiquaire»…
Pour Jean-Luc Mélenchon, du Parti de gauche, ce programme n’est «ni socialiste ni réaliste», il est seulement «FMI-compatible».
Un programme mais pas encore de candidat, ce qui veut dire que le texte de Martine Aubry ne constitue qu’un pré-programme car tout le monde sait que le candidat qui sortira des primaires ne se sentira pas tenu par ces propositions. Elles ne sont qu’un canevas, qu’un socle pour bâtir sa propre campagne…


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com