Les problèmes en émergence aujourd’hui, les défis de demain





Par Abdallah Sakouhi (*)
Nous savons pertinemment que nos institutions modèlent notre comportement, répartissent les droits et devoirs de façon inégalitaire et que leur inertie crée un déphasage monstrueux dans la mobilité culturelle. Ces caractéristiques impliquent prioritairement l’obligation de savoir plus clairement quels sont réellement les meilleurs concepts au moyen desquels on définira une nouvelle politique de développement social total et intégral, une politique qui devrait conduire à l’identification et l’évaluation des causes, des effets produits et à un choix conscient et équitable d’un traitement efficace des maux dont souffrent les trois secteurs de la vie sociale.
De même, les questions de savoir qui peut et doit faire quoi? Par quel bout prendre le nouveau développement? Comment répondre aux désidératas en ce qui concerne les connaissances à produire Tout est encore au centre du débat.
Plus encore, les facteurs dont les composantes de la société le complexe d’infériorité, la hantise qui plonge l’individu dans un désespoir débordant toute attente d’une grâce rédemptrice qui pourrait le sauver si bien qu’à ce stade chacun se trouve en quête de moyens d’élaborer son propre code moral en vue de satisfaire ses motivations, conformément aux principes de son choix.
Quelle démocratie pour quelle société?
Ce qui affleure au niveau de la conscience claire, c’est la teneur de la réflexion du gouvernement de transition sur les questions d’actualité qui exprime la volonté de restituer progressivement son pouvoir de décision en matière d’orientation, sans tenir compte de ce qui arrivera très probablement sur le plan socio-économique. Ce qui l’encourage à avancer sur ce terrain périlleux, ce sont les difficultés inhérentes à la dispersion des forces opérationnelles ça et là, au piétinement de la conjonction de politique hétérogène qui ne fait pas de progrès et au manque de transparence qui rend vain l’établissement d’un schéma sectoriel offrant un environnement de travail productif favorisant le savoir-faire national dont dépend le passage plus sûr à l’ère démocratique où le peuple a le dernier mot.
Le chapitre relatif aux idées de base de notre révolution comporte une ligne directrice couvrant les aspects dynamiques de la construction de l’ère nouvelle face à un véritable dilemme d’information, à la logique persistante d’un système totalitaire vénéré par les fleurons des médias et les manœuvres dilatoires d’un gouvernement de transition dont la mission est de plus en plus contestée. Parmi les questions auxquelles les membres du gouvernement n’ont pas de réponse, on peut noter, sans risque d’erreur, le recours à la connaissance critique pour dépeindre, entre autres, l’état de la vie représentative sur le plan de l’entendement, c’est-à-dire l’état intellectuel des élites scientifico-techniciennes en difficulté de promouvoir le progrès socio-économique. Sur ce plan, on est désagréablement surpris d’apprendre que le moral intellectualiste, les vertus intersubjectives, la morale du devoir font cruellement défaut aux élites scientifico-techniciennes des ministères auxquels j’ai accordé plus d’attention. Ce qui leur attire l’irrespect, la méfiance, l’incrédibilité, soit la manière de se jeter à la géhenne et à la vindicte populaire.
L’attitude impitoyable des tenants des postes clés à l’égard des ministres en difficulté d’utiliser à bon escient la connaissance et l’information, tient aux intérêts, aux objectifs constants de garder la haute main sur le problème posé par la course effrénée au confort et à la suprématie: tous les participants à cette perpétuelle course veillent à ce que triomphent leurs idées et que soient protégés leurs intérêts au détriment de l’intérêt national.
La question lourde de résonance, c’est que la possibilité d’aller de l’avant dans le progrès scientifique et technique dépend des conditions favorables au partage des responsabilités sur la base d’un consensus social sur les objectifs et l’encouragement des secteurs public et privé suivant l’importance de leur efficacité respective, et l’interdépendance des deux secteurs sur des critères de complémentarité réciproque, et la liberté de critiquer ouvertement, et sans ambages, l’inertie et le manque d’esprit d’entreprise largement constaté dans le secteur public. Ces conditions propices à ces rapports horizontaux de solidarité - signe d’une cohésion sociale - sont une source de vie du gouvernement transitoire et de sa force essentielle pour jouer convenablement son rôle de locomotive du train du changement conformément aux principes, aux valeurs et normes pertinentes pour assurer une gestion optimale des biens et des services. A noter, en l’occurrence, que les entreprises publiques en raison, notamment, de leurs visions différentes de la hiérarchie des priorités et de leurs choix de rapports verticaux entre les secteurs, ils se trouvent pour la plupart gravement pénalisés par leurs endettement, à l’égard des créanciers publics et privés.
En outre, il y a le fait que depuis le 14 janvier l’idée d’un nouveau développement national s’est imposée pour nous affranchir des facteurs qui nuisent à toute tendance à l’égalité des chances, à l’éclairage des citoyens sur les problèmes auxquels ils seraient de plus en plus confrontés dans les mois à venir, notamment pour poser les jalons d’un modèle répondant au fonctionnement optimal de l’économie du marché. De toute évidence, nos préoccupations vont de la réponse aux besoins sectoriels jusqu’à l’accroissement de la capacité du pays à générer les richesses nécessaires à notre progression rapide vers l’objectif majeur qui est, à première réflexion, l’équilibre dans la mobilité culturelle dont dépendra la définition des capacités régionales à utiliser rationnellement les ressources humaines. Ce qui devrait être la priorité pour réaliser le plein emploi, venir à bout de l’exclusion sociale, éradiquer la pauvreté et tracer les orientations qui permettraient de créer les conditions requises pour la réussite véritable du processus d’intégration sociale.
L’Energie: la force motrice du développement
L’esprit du recours à l’externalité de l’Agence de Maîtrise de l’Energie (AME), le 7/3/2011, a eu droit à l’affichage en toute humilité de son image haute en couleur sur l’écran de la télévision nationale. Le paradoxe, c’est que les solutions d’importation nous éloignent de plus en plus de l’objectif énergétique, du fait notamment qu’elles étaient préalablement vouées à des fonctions précises, relevant pratiquement du domaine de la force des bras, ne pouvant remplir les conditions qu’exigent les données nouvelles. D’où le recours perpétuel à l’externalité qui ne fait que détourner l’attention de l’importance vitale que présentent les solutions nationales pour l’économie de notre pays.
Le domaine où excellent nos entreprises publiques de l’énergie, celui de la manipulation de l’information régie par des règles abstraites. Dès qu’une initiative privée s’amorce, notamment en ce qui concerne les solutions répondant aux attentes nouvelles de notre pays, elles se hâtent de couvrir l’espace d’informations plus ou moins déformées, voire fausses.
Ce qui permet d’entretenir la confusion par la spéculation, l’agressivité et la propagation de rumeurs alimentées par les idées préconçues et l’appréhension des observateurs attentifs.
Cette capacité à répandre promptement de l’information belliqueuse et insidieuse, sans faire la preuve de sa compétence, est un moyen puissant d’étouffer dans l’œuf la créativité et l’innovation nationales, d’attirer la méfiance, l’irrespect et la perte subséquente de crédibilité des élites vis-à-vis de l’opinion publique, des médias et des preneurs de décisions.
Avant d’examiner les divers aspects de l’économie d’énergie (EE), il convient de souligner que le terme «source d’énergie», conformément au principe axial et aux valeurs centrales du développement social, le charbon, le pétrole, le gaz et l’uranium, sont les sources d’énergie sur lesquelles est fondée l’économie mondiale, qui a permis d’atteindre une justice sociale relative. Au niveau de l’utilisation, elles se distinguent par leurs caractéristiques, à savoir l’abondance des réserves, la composition du rejet, le type de technologie et le mode d’utilisation.
- Les réserves exploitées, les réserves estimées exploitables aux prix de la technologie éprouvée et les réserves probables sont d’une amplitude aussi importante que variable, suivant les conjonctures et la perception de la notion d’interdépendance économique entre les pays.
- Grosso modo, on peut considérer que toutes les sources d’énergie, à l’exploitation, dégagent à la combustion un rejet solide, liquide ou gazeux comportant des substances nocives tant pour la santé que pour l’environnement;
- Pouvoir calorifique par ordre croissant, gaz, charbon, pétrole et uranium. A noter que le pouvoir énergétique de l’uranium est très supérieur à celui du pétrole
- Sur le plan technologique, l’explication de chaque source d’énergie se caractérise, par exemple pour la production d’électricité, d’un cycle de combustible et de centrale thermique spécifique;
- Pour ce qui concerne le mode d’utilisation, chacune de ces sources d’énergie offre une réponse à l’échelle des besoins, c’est-à-dire que chacune d’elles remplit les conditions qu’exige une organisation de production de masse de biens et de services nécessaires au niveau de vie général, soit le mode d’utilisation centralisée de l’énergie.
Pour tenir compte des énergies renouvelables, il faut en l’occurrence préciser qu’elles n’offrent pas de réponse à l’échelle des besoins. Ensuite, si l’on veut mettre son point d’honneur à soutenir leur développement dans l’éventail de l’utilisation décentralisée de l’énergie, il convient au préalable de se demander ce qui arriverait si on optait pour un développement social scindé en deux modèles, l’un macro-sociologique et l’autre micro-sociologique, auxquels participeraient les composantes de la société suivant leur niveau d’instruction
L’utilisation décentralisée de l’énergie signifie la vie conviviale en rapprochement avec la nature suivant les principes d’une symbiose écologique rejetant toute altération qu’engendre la croissance économique. La finalité du modèle micro-sociologique et socio-culturel, l’économique est considéré comme un moyen mais non comme une fin.
Est-il possible de faire une synthèse de modèles d’utilisation des énergies sus-mentionnées? Pour le moment, le niveau d’instruction des populations de notre pays est trop bas, et par conséquent, la synthèse ne peut contribuer qu’à l’élargissement du fossé technologique qui nous sépare des pays de l’hémisphère nord.
Sur ce plan, il convient de nous demander au nom de quoi l’AME a eu recours à l’externalité pour donner corps à un projet d’énergie solaire, sans tenir compte de notre existence? Et d’abord pourquoi? Au nom de la communauté marinée dans la saumure malthusienne du RCD, dont le but est de compromettre les chances de succès de l’ère nouvelle en élargissant le fossé qui nous sépare des pays du Nord. Ensuite, pour ressusciter l’espoir de réédifier l’expérience que nous avions amèrement vécue aussi bien en matière d’exclusion qu’en matière de corruption tous azimuts.
Ce comportement contraire aux principes, aux valeurs et aux normes qui commandent et imprègnent le mode de pensée sur lequel repose l’ère nouvelle est florissant dans le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des PME. En effet, tous les rêveurs perdus dans les songes ont tendance, aujourd’hui comme hier, à croire que l’individu tunisien ne doit pas avoir conscience de son indépendance, des droits qui lui sont propres, de la liberté à laquelle il aspire et qu’il ne peut être doté de libre-arbitre.
Ce paradoxe tire ses origines de l’expérience qui consiste à mettre au pas les spécialistes qui constituent le fonds de réserve le plus vital du Développement social, de la tendance à accentuer les pressions au fur et à mesure que les revenus des catégories sociales s’amenuisent au rythme de la croissance démographique, et du fait que les liens puissants entre les divers groupes sociaux se distendent peu à peu et au point que l’individu ne peut améliorer ses revenus pour s’assurer une modeste existence qu’au détriment des autres, dont les revenus s’amenuisent d’autant.
Sur ce point, je me contenterai de traduire sur le tableau suivant l’optimisation des programmes d’équipement électrique et de l’impact des prix de l’énergie sur notre système macro-économique.


(*) Physicien électronicien




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com