Yémen : Saleh entre le marteau et l’enclume





En appuyant les revendications de la rue yéménite, les pays de l’Occident ont intensifié la pression sur le président Saleh pour céder le pouvoir.
Le Quotidien-Agences
La situation au Yémen suscite de vives réactions dans le monde. La Maison-Blanche a «condamné fermement l’usage de la violence par les forces gouvernementales». «Le président Saleh doit trouver une solution à l’impasse politique avec l’opposition pour qu’un changement politique digne puisse se produire à court terme de façon ordonnée et pacifique», a insisté avant-hier son porte-parole, Jay Carney. Le New York Times avait affirmé dimanche que le gouvernement américain était en train de retirer son soutien au président Saleh et de faciliter son départ.
À Londres, le ministre des Affaires étrangères William Hague a sommé Saleh de «dire clairement qu’il est prêt à s’engager dès à présent dans un processus global de transition politique» et de mettre en place une «feuille de route en vue d’élections libres et équitables». Le ministère italien des Affaires étrangères a souhaité «l’amorce au plus tôt d’un dialogue constructif avec ceux qui réclament pacifiquement le début d’une nouvelle période de réformes».
L’Union européenne a appelé pour sa part Saleh à entamer «sans délai» une transition politique.
Amnesty International a mis en garde contre tout accord qui garantirait l’impunité aux responsables des violences ayant provoqué la mort de dizaines de manifestants, notamment lors du «vendredi noir», le 18 mars, pendant lequel 52 protestataires ont été tués par balles.
La répression continue
Sur le terrain, un manifestant a été tué par balle avant-hier soir à Taëz, au sud de Sanaa, selon des témoins, portant à au moins 25 morts en deux jours le bilan de la vague de violences à Taëz, Hodeïda, sur la mer Rouge, et dans la capitale Sanaa. Des centaines de milliers de manifestants réclamant la fin du régime étaient de nouveau hier dans les rues à Taëz, tout comme à Aden (Sud) où huit militants ont été arrêtés par la police, selon des témoins. «Dégage, Ali», «Le peuple veut la chute du régime», répétait la foule en convergeant vers la «place de la Liberté», épicentre de la contestation depuis février à Taëz.
Le général Ali Mohsen al-Ahmar, commandant de la région nord-est et de la première division blindée, qui s’est rallié le 21 mars au mouvement de contestation, a accusé le chef de l’Etat d’avoir cherché à l’éliminer lors d’un guet-apens sanglant avant-hier à Sanaa.
Fin mars, le général Ahmar avait promis de contribuer au départ de Saleh après l’avoir «porté au pouvoir il y a 32 ans». Sous pression, Saleh a accepté une médiation des monarchies du Golfe qui ont invité son gouvernement et l’opposition «à une rencontre à Ryad pour une sortie de crise».
Cette initiative, destinée à «préserver la sécurité, la stabilité et l’unité du Yémen», lui a été communiquée par les ambassadeurs d’Arabie saoudite, du Qatar et d’Oman, a rapporté hier l’agence officielle Saba. Saleh maintient qu’il ne peut céder le pouvoir que dans le cadre d’un processus constitutionnel après un retour au calme. Ses opposants disent de leur côté n’être prêts à discuter que de son «départ immédiat».


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com