Vu en France : L’UMP s’attaque aux primaires socialistes





Jean-François Copé veut savoir si le vote prévu par le PS pour désigner son candidat est légal. En janvier, un élu UMP avait déjà posé la question…

De notre correspondant permanent, François Bécet
En ordre de marche, avec un programme «sérieux» dans lequel le candidat fera son tri, le Parti socialiste se dirige vers les primaires auxquelles Martine Aubry participerait. L’UMP aimerait bien troubler cette organisation socialiste, voire empêcher ces primaires.
Jean-François Copé a, en effet, à l’issue de son débat «consensuel» sur l’islam – tout étant bouclé avant, il n’y a donc eu aucun vrai débat— enfourché un nouveau cheval de bataille. Ne se contentant pas de critiquer un «projet d’un autre temps à l’opposé du courage politique», il s’attaque au vote qui sera ouvert en octobre dans des mairies à tous les électeurs pour désigner le candidat socialiste. Les votants devront verser un euro pour participer aux frais d’organisation et signer une charte d’adhésion aux valeurs de la gauche.
«Je serais assez intéressé que le PS puisse nous dire ce qu’il pense de la légalité des primaires telles qu’il les imagine. Nous allons nous pencher très très sérieusement sur la légalité de cette initiative qui va bien au-delà d’une élection interne à un parti par ses militants». Le patron de l’UMP estime que le PS en procédant ainsi «souhaite pouvoir bénéficier du fichier électoral» auprès de chaque mairie. Ainsi, il se constituera un fichier de militants. «C’est du flicage» a lâché le député Lionel Lucas. Ce dernier, avec les députés Jean-Marc Daubresse, Catherine Vautrin et Sébastien Huygues est chargé de suivre le dossier et de «se pencher très sérieusement sur cette question».
Crainte justifiée ou simplement manœuvre politique pour tenter de déstabiliser l’adversaire, occuper la scène et détourner l’attention des vrais problèmes?
Jean-François Copé n’a pas l’air de savoir qu’il ne fait que marcher dans les pas d’un élu UMP de Montpellier, Arnaud Julien qui, en janvier, a saisi la Commission nationale de l’informatique et des libertés à propos de la possible création d’un «fichier à orientation politique». Pour lui, l’organisation de ces primaires violait la loi informatique et liberté qui «interdit de collecter ou de traiter des données à caractère personnel qui font apparaître directement ou indirectement (…) les opinions politique». Elle violait également la charte de droits fondamentaux de l’Union européenne. L’élu héraultais dénonçait déjà «un intolérable fichage politique».
La réponse socialiste
Interrogés, Arnaud Montebourg, l’initiateur des primaires et Christophe Borgel, secrétaire national du PS chargé de la vie des fédérations et des élections avaient répondu que la Cnil avait été consultée par le Parti avant de mettre au point les modalités des primaires. Arnaud Montebourg avait précisé: «L’argutie juridique de l’UMP ne tient pas debout, parce que voter c’est un acte volontaire, consenti, un acte d’adhésion à la démarche. Il n’y aura évidement personne qui viendra voter contre son gré».
Pour le PS, Julien Arnaud ne visait qu’à «faire parler» de lui en tentant de lancer une polémique «sans fondement».
Sollicitée par Le Figaro, la Cnil s’est refusée à tout commentaire. En octobre 2006, rappelle le journal, elle avait demandé aux partis politiques d’informer les individus qu’ils sollicitent de la finalité de la collecte des informations personnelles. Les partis politiques étaient également invités à faire connaître les destinataires du fichier ainsi que les modalités d’exercice du droit d’accès, de rectification et de radiation. Les données recueillies ne peuvent être cédées à des tiers, sauf accord écrit des intéressés.
Copé a-t-il lancé un pétard mouillé?




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com