Syrie : La contestation se durcit





La contestation prend racine dans les principales villes syriennes où des milliers de personnes ont défilé réclamant des réformes. 27 manifestants auraient été tués, dont 17 à Daraâ.
Le Quotidien-Agences
Vingt-sept manifestants ont été tués et des dizaines blessés hier par des tirs des forces de sécurité dont 19 à Deraa (100 km au Sud de Damas), où plusieurs milliers de personnes ont défilé après la prière, selon un nouveau bilan fourni à l’AFP par un militant des droits de l’Homme.
«Des membres des services de sécurité habillés en civil ont ouvert le feu pour disperser les manifestants après la prière», a dit un militant joint au téléphone.
Les manifestants ont incendié un siège du parti au pouvoir, le Baas, dans la ville.
Les médias officiels ont évoqué deux morts, un membre des services de sécurité et un ambulancier, et des dizaines de blessés parmi les civils, policiers et agents des services de sécurité touchés par des tirs imputés à «des hommes armés ouvrant le feu sur la foule».
Les affrontements se poursuivent», a-t-il ajouté.

 Des affrontements entre manifestants et forces de sécurité ont également eu lieu à Homs, à 160 km au Nord de Damas, et à Harasta, à 12 km au Nord de la capitale, a indiqué à l’AFP Abdel Karim Rihaoui, qui dirige la Ligue syrienne de défense des droits de l’Homme.


Il n’a pas été en mesure de dire s’il y avait des victimes.

 Près de 7.000 personnes ont manifesté dans six localités à majorité kurde du Nord du pays en faveur de l’abolition de la loi d’urgence et de la libération des détenus, a affirmé un militant kurde des droits de l’Homme.


«Plus de 3.000 personnes, des Kurdes, des Arabes et des Assyriens (chrétiens), ont manifesté à Qamishli après la prière du vendredi avant de faire un sit-in dans la rue principale», a affirmé à l’AFP Radif Moustapha, président du comité kurde pour les droits de l’Homme.


«Il y a eu 2.000 manifestants (kurdes) à Amouda où ils ont également effectué un sit-in, 1.500 à Derbassiyé, et quelques centaines à Hassaké et deux autres localités», a-t-il ajouté.

Ils demandent la libération de 200 prisonniers kurdes, l’abolition de la loi d’urgence et scandent «Dieu, Syrie et Liberté» et «Ni Arabes, ni Kurdes, unité nationale».


Ces manifestations ont lieu au lendemain d’un décret du chef de l’Etat Bachar Al-Assad qui a mis fin à un contentieux d’un demi-siècle en naturalisant des dizaines de milliers de Kurdes.

 Plusieurs milliers de personnes ont également manifesté dans la ville portuaire de Banias et un millier d’autres à Tal, à 20 km au Nord de Damas, a indiqué Abdel Karim Rihaoui.

Ils ont notamment affiché leur solidarité avec les «martyrs» de Douma, Deraa et Lattaquié, en référence à des villes où des manifestants ont été tués par les forces de l’ordre ces dernières semaines, toujours selon des militants des droits de l’Homme.
Accord
A Douma, à 15 km au nord de Damas, des comités d’habitants vérifiaient les identités des manifestants et s’assuraient qu’ils ne portaient pas d’armes, a affirmé un responsable d’une organisation des droits de l’Homme.

Selon lui, un accord a été conclu entres les autorités et les contestataires pour que ceux-ci puissent manifester sans l’intervention des forces de sécurité. «Cet accord est respecté pour le moment» a-t-il dit.

Selon l’organisation Human Rights Watch (HRW), qui se base sur des témoignages de manifestants, «au moins huit manifestants» avaient été tués la semaine dernière à Douma, «lorsque des hommes vêtus en civil ont ouvert le feu sur un rassemblement anti-gouvernemental».


«Les auteurs des tirs semblent être des membres des forces de sécurité parce qu’ils se tenaient avec leurs armes derrière la police anti-émeutes», a indiqué un protestataire.

Les autorités avaient rejeté la responsabilité sur des «bandes armées» sans donner plus de précisons.


La Syrie est le théâtre depuis la mi-mars d’un mouvement de contestation sans précédent du régime de Bachar Al-Assad.

Plus d’une centaine de personnes ont été tuées dans la répression des manifestations et des dizaines d’autres ont été arrêtées à travers le pays, selon des organisations de défense des droits de l’Homme.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com