Libye : Alain Juppé tire à boulets rouges sur l’OTAN





Le chef de la diplomatie française estime que l’Otan ne joue «pas suffisamment» son rôle en Libye, en ne protégeant pas assez les civils.
Le Quotidien-Agences
L’Otan ne jouerait «pas suffisamment» son rôle en Libye. Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, n’a pas ménagé ses critiques face à l’organisation militaire, hier sur France Info.
«L’Otan a voulu prendre la direction militaire des opérations, nous l’avons accepté. Elle doit jouer son rôle aujourd’hui, c’est-à-dire éviter que Kadhafi n’utilise là encore des armes lourdes pour bombarder les populations», a-t-il fait valoir, alors que les tirs des force de Kadhafi continuent sur les villes de Misrata et d’Ajdabiya.
Dans cette dernière ville, trois civils ont été tués par des tirs des forces loyales au colonel Kadhafi, alors que les rebelles ont réussi à reprendre la ville lundi après de violents combats.
«Enclencher un processus politique»
Des propos similaires ont été adressés hier par le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, qui a appelé l’Otan à «maintenir et intensifier» ses efforts pour protéger les populations civiles.
Alain Juppé a précisé qu’il réaffirmera ses critiques envers l’Otan à Luxembourg lors d’une réunion ministérielle de l’Union européenne «et jeudi et vendredi devant le Conseil de l’Atlantique Nord à Berlin», qui réunira aussi les ministres des Affaires étrangères des pays membres.Le chef de la diplomatie française a également affirmé que l’Otan doit faire «un effort majeur pour accentuer l’aide humanitaire», et «enclencher un processus politique», pour mettre un terme au conflit. Ce dernier point sera l’objet de la deuxième réunion du Groupe de contact sur la Libye, aujourd’hui à Doha, qui se penche sur le volet politique de l’action militaire et civile internationale.
«Nous allons essayer de pousser au dialogue national entre les représentants du Conseil national de transition (...), les autorités de la société civile libyenne et aussi ceux qui à Tripoli commencent à se dire qu’il n’y a pas véritablement d’avenir avec Kadhafi», a précisé Alain Juppé.
«Bon travail»
Toutefois, Un haut gradé de l’Otan a affirmé hier que l’alliance faisait du «bon travail» en Libye.
«Avec les moyens dont nous disposons, nous faisons un bon travail», a déclaré le général Mark van Uhm, chef des opérations conjointes, précisant que l’Otan avait maintenu «ses opérations à un rythme élevé» ces jours derniers.
«L’Otan a continué à réduire dans tout le pays la capacité du régime Kadhafi à combattre, en portant une attention particulière aux trois villes les plus menacées, Ajdabiya, Brega et Misrata», a-t-il déclaré à la presse.
«Depuis vendredi, l’Otan a détruit 49 chars, neuf transports de troupes blindés, trois canons de DCA et quatre dépôts de munitions fortifiés», a rappelé l’officier néerlandais.
Sur le terrain, des sources rebelles et médicales ont fait état de la mort la veille de trois civils tués par des tirs des forces pro-Kadhafi à l’ouest de la ville stratégique d’Ajdabiya (Est) reprise par les rebelles au terme de violents combats.
Les combats à Ajdabiya, nœud de communications à 160 km au Sud de Benghazi (fief des rebelles), ont fait depuis samedi une cinquantaine de morts, principalement des membres des forces gouvernementales tués par des frappes de l’Otan.
Tripoli a par ailleurs menacé de repousser par les armes une aide à la ville de Misrata (200 km à l’Est de Tripoli), assiégée par les forces gouvernementales depuis un mois et demi.
La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton avait assuré vendredi que l’UE était «disposée à agir» par tous les moyens, «y compris militaires», pour soutenir les 300.000 habitants de Misrata sur le plan humanitaire.
L’ancien chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa qui devait se rendre au Qatar, a prévenu que la Libye pourrait devenir «une nouvelle Somalie» si le conflit se prolongeait, soulignant que «l’unité de la Libye est essentielle à toute solution et à tout règlement» du conflit.
Mais le ministre français de la Défense Gérard Longuet a estimé, sur Europe 1, que les choses peuvent «aller vite maintenant» dans la résolution de la crise en Libye.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com