Syrie : Le pouvoir donne l’assaut contre Baida





Les forces de l’ordre syriennes ont lancé, hier, une attaque contre la ville de Baida, près de Banias où les contestations contre le président syrien battent leur plein.
Le Quotidien-Agences
Les forces de sécurité syriennes ont donné l’assaut hier contre une ville proche de Banias, l’un des hauts lieux de la contestation contre le président Bachar Al Assad, ont rapporté des militants des droits de l’homme.
Le petit port de Baida, situé à 10 km de Banias, est, selon ces sources, encerclé et théâtre d’échanges de tirs.
Certains de ses habitants sont allés grossir les rangs d’une importante manifestation à Banias, au cours de laquelle 200 cercueils vides ont été exhibés, en mémoire des 200 personnes, qui, selon des estimations, ont perdu la vie depuis le début du soulèvement contre le président syrien.
Les habitants de Baida, dit-on de même source, disposent d’armes et il semble qu’un conflit armé ait été engagé.
«Les ambulances tentent de rallier Baida. Il y a des blessés là-bas», a expliqué un militant des droits de l’homme.
Un homme originaire de Banias, en contact régulier avec des habitants de Baida, rapporte que les réseaux de téléphonie mobile ont été coupés dans la ville, une tactique souvent employée par les forces de sécurité syriennes avant de mener une opération dans une zone urbaine.
Des véhicules blindés ont pénétré dans la ville et des soldats ont «ouvert le feu dans tous les sens», a-t-il dit, ajoutant que tous les jeunes hommes de Baida étaient extraits manu militari des maisons avant d’être arrêtés.
Répression
D’autre part, la Maison-Blanche a condamné hier la répression «révoltante» des manifestations en Syrie et réitéré son appel au président Bachar Al-Assad pour qu’il respecte «les droits universels des Syriens».
«Nous sommes profondément inquiets des informations selon lesquelles des Syriens blessés par leur gouvernement se voient refuser l’accès aux soins médicaux», a déclaré le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney. «L’escalade de la répression par le gouvernement syrien est révoltante, et les Etats-Unis condamnent fermement les tentatives de réprimer des manifestants pacifiques», a ajouté Carney dans un communiqué.
«Le président Assad et le gouvernement syrien doivent respecter les droits universels des Syriens, qui demandent de façon justifiée les libertés de base qui leur ont été refusées», a conclu le porte-parole.
La France a, de son côté, demandé hier à ses ressortissants d’éviter «certaines zones périphériques de Damas» en Syrie, selon le ministère des Affaires étrangères qui a ajouté plusieurs villes à la liste de celles déconseillées dans ce pays en proie à une contestation du régime. «Compte tenu du contexte régional et de certains événements survenus ces dernières semaines dans le pays(...) il convient d’éviter de se rendre dans les villes de Deraa, Homs, Banias, Lattaquié et dans certaines zones périphériques de Damas», écrit le ministère sur son site internet dans sa rubrique «Conseils aux voyageurs». Le Quai d’Orsay n’identifie pas les zones de la périphérie de Damas où il conseille de ne pas se rendre
Complot
Par ailleurs, l’Iran a dénoncé hier l’existence en Syrie d’un «complot ourdi par l’Occident» pour renverser à Damas le régime du président Bachar al Assad en raison de sa «résistance» dans le conflit au Proche-Orient.
«Ce qui est en train de se passer en Syrie découle d’agissements malfaisants de la part de l’Occident, et notamment des Américains et des sionistes», a déclaré Ramin Mehmanparast, porte-parole du ministre iranien des Affaires étrangères, lors de son point de presse hebdomadaire.
«Avec l’aide de leurs médias, ils (les Occidentaux) cherchent à créer un mouvement artificiel de protestation quelque part tout en gonflant les revendications parcellaires d’un groupuscule pour en faire une demande de la majorité», a-t-il dit. «Personne ne devrait être dupe de ce subterfuge téléguidé par l’Amérique».
Les dirigeants iraniens ont, dans un premier temps, applaudi au «printemps arabe» en saluant «un réveil de l’Islam» face aux oppresseurs soutenus par les Occidentaux. Les responsables iraniens, tout comme les médias officiels, restent toutefois peu diserts sur le sujet.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com