2ème version du projet du nouveau code de la presse : Journalistes, à vos avocats…





Non sans une profonde indignation et une grande déception que la majorité des journalistes tunisiens ont rejeté le projet de révision du Code de la presse dans sa deuxième version, élaboré par une sous-commission issue de la Commission pour la réforme politique présidée par M. Kamel Laâbidi. Cette commission appelée «Instance indépendante pour le secteur de l’information et de la communication», a été depuis sa création contestée par les journalistes tunisiens.
Malgré la présence de Néji Bghouri, le président du Syndicat, au sein de cette Commission, les journalistes n’ont toujours pas admis la décision du gouvernement de mettre en place un nouvel instrument de répression dont les membres ne sont que peu représentatifs du secteur. De même que certains journalistes ont qualifié la décision relative à la création de cette Commission comme un véritable coup d’Etat contre le Syndicat National des Journalistes Tunisiens.
Du «copié-collé»
Les observateurs disent de ce projet qu’il s’agit, à quelques éléments près, du «copié-collé» de l’ancien code d’autant que la deuxième version n’a rien apporté de nouveau. Un code considéré comme le plus répressif et qui a valu à l’ancien régime d’être critiqué en permanence par la communauté internationale. Quant à ce deuxième projet, il contient une quarantaine de pages et comporte autant de chapitres et autant d’articles répartis entre des dispositions générales, la réglementation des publications intellectuelles, littéraires et artistiques, les publications périodiques, l’affichage, le transport et la vente, les sanctions et poursuites judiciaires et le dépôt légal.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, tous les articles commencent par la fameuse formule utilisée dans l’ancien code, à savoir: «est puni celui qui…». Décidément, le vent de liberté qui souffle sur la Tunisie n’a pas encore effleuré les membres de cette Commission, qui se sont entêtés même dans la 2ème version à réprimer davantage le journaliste. Mieux encore, le métier de journaliste n’est même pas défini dans ce code. La nouveauté, toutefois, concerne les journalistes de la presse électronique. Plus de 40 articles les incriminant toujours sur un total de 84 articles qui leur sont consacrés....
L’«ennemi»
Selon un chroniqueur de la place: «les journalistes tunisiens ont toujours le même patron, à savoir «l’Intérieur» puisque tout projet d’entreprise dans le secteur est soumis aux multiples autorisations de l’administration (ministères de l’Intérieur ou de la Justice…). Tous les représentants des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, tout autant que les chefs d’Etat étrangers, diplomates, militaires, policiers, gendarmes y sont protégés contre «tout abus des journalistes». Pas un mot sur la protection des journalistes. Le projet reprend parfois de manière caricaturale la notion d’«ennemi» dans le code français de presse. Dans ce dernier, «ennemi» renvoie aux nazis alors que le projet du code tunisien l’accorde volontiers aux journalistes…
Malheureusement, ladite Commission a fait la sourde oreille aux véritables revendications des journalistes qui veulent tout simplement un minimum de lois régissant le secteur, la reconnaissance de la liberté de la presse dans la nouvelle Constitution, la protection des journalistes, l’accès aux sources d’information et la reconnaissance de leur compétence par une instance professionnelle et non administrative. Décidément, M. Kamel Laâbidi and co n’ont rien compris des revendications des journalistes...


Habib MISSAOUI




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com