«Une leçon d’histoire» (Liban) : Identités et origines





En 52 minutes, qu’on ne voit pas passer, le réalisateur libanais Haddy Zaccak nous fait voyager autrement à travers l’histoire du pays du cèdre.
C’est un questionnement que le film nous propose sur l’enseignement de l’histoire de ce pays dans cinq écoles différentes à des élèves qui se présentent pour le brevet. Les contradictions apparaissent dans les entretiens, si bien qu’il semblerait que l’histoire du Liban s’était arrêtée à l’indépendance, en 1943! Les avis diffèrent chez les élèves et leurs parents. Car le Liban réunit plusieurs confessions et ethnies. Chaque élève qui, parfois, affiche sa foi, défend sa croyance, ses idées et sa philosophie de la vie qui en découlent. Pourtant, le programme d’enseignement de l’histoire est commun à toutes les écoles, car il est fixé par un décret datant de 1970. Mais les questions pertinentes et inattendues surprennent les élèves. Elles ont trait à l’identité, très souvent bafouée, comme pour se demander si les Libanais ont des origines phéniciennes. Les réponses sont majoritairement négatives, comme si l’on voulait apprendre à ces élèves une autre histoire du Liban. Et le jeu des questions-réponses continue dans ce film qui essaye de s’arrêter sur des réalités inhérentes à l’histoire du Liban. Et si «Une leçon d’histoire» est un exercice de style, il y a en parallèle un autre exercice. Un personnage silencieux, pianiste et chercheur, usant même d’une loupe pour lire les livres scolaires et para-scolaires, y apparaît par intermittence. Une recherche approfondie sur l’histoire de ce pays. Faut-il réécrire l’histoire pour les générations d’aujourd’hui et celles de demain? Le film semble le suggérer.


Lotfi BEN KHELIFA




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com