Vu en France : Nicolas Hulot se lance en politique





L’animateur d’Ushuaia, qui avait renoncé en 2007, doit annoncer aujourd’hui qu’il souhaite représenter les écologistes en 2012. Avec un programme axé sur le social.
De notre correspondant permanent, François Bécet
Cette fois, il est prêt: Nicolas Hulot, l’animateur vedette d’Ushuaia sur TF1, devrait annoncer aujourd’hui à Sevran sa participation à la présidentielle de l’an prochain. En candidat indépendant ou en rival d’Eva Joly aux primaires d’Europe Ecologie Les Verts? La grande majorité des observateurs politiques penchent pour la deuxième hypothèse car pour se lancer dans la course à l’Elysée, Nicolas Hulot a besoin de l’appui, de la logistique voire des finances d’un parti.
Le fait de s’exprimer à Sevran n’est pas anodin. Cette ville de Seine-Saint-Denis, dirigée par Stéphane Gatignon, passé du PCF à Europe Ecologie, est une des plus pauvres et des plus endettées. De ce «haut lieu de la souffrance sociale et de la désespérance» comme le dit l’écologiste Jean-Paul Besset, qui devrait être son directeur de campagne, il s’adressera à tous les Français, «surtout à ceux qui souffrent» pour leur dire que l’écologie et la justice sociale sont liées et que son programme sera donc très social.
En 2007, Nicolas Hulot avait renoncé après avoir fait signer sa «charte écologique» par tous les principaux candidats — sauf Le Pen. Il avait reconnu, face à la journaliste Audrey Pulvar qu’il manquait d’«expérience institutionnelle» et que, sur la question nucléaire, il fallait «demander aux spécialistes». Il avait activement participé au Grenelle de l’environnement et fait adopter le principe de la taxe carbone. Le rejet de cette taxe, le recul relatif de la préoccupation environnementale l’ont fait peu à peu passer de l’homme d’influence à l’homme politique. Et puis, comme l’expliquent notamment Libération et Europe 1, il a passé du temps en Amazonie avec le chef indien Raoni et il y a Fukushima, deux événement qui l’ont convaincu d’aller de l’avant, de franchir, à 56 ans, un nouveau cap. Il veut aussi lutter sur le terrain contre le Front national de Marine Le Pen.
Si les Français aiment l’animateur gentil et consensuel, qui plus de six sympathisants écologistes sur dix le préfèrent à Eva Joly, il n’aura cependant pas la partie facile. Car au sein même d’EELV, il ne fait pas l’unanimité. Et la règle des primaires qui vient d’être adoptée ne lui est pas favorable : elles auront lieu en juin — il souhaitait septembre — et ne seront ouvertes qu’aux 12.000 adhérents et aux 2000 «coopérateurs» (qui paient leurs cotisations mais ne sont pas actifs). Un assouplissement pourrait être décidé lors du conseil fédéral du 14 mai.
Sur le terrain pour convaincre
Il devra convaincre les écologistes «purs et durs», qu’il est vraiment des leurs. Certains lui reprochent d’avoir, jusqu’à ces dernières semaines, estimé que le nucléaire était le moindre mal et d’être financé — dans le cadre de sa fondation et de ses autres activités — par les grandes multinationales polluantes.
Il devra aussi convaincre qu’il est à gauche, lui à qui Jacques Chirac a proposé par deux fois un portefeuille de ministre, lui qui a conseillé Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo. Il se veut ni de droite ni de gauche, mais au-dessus des clivages. Selon ses amis, il a accepté le principe d’une alliance avec la gauche au second tour.
Après sa déclaration aux Français ira sur le terrain rencontrer les militants, se faire connaître comme candidat et plus seulement comme animateur. «Il ne faut pas confondre notoriété et crédibilité», répète sa «rivale» Eva Joly qui a longtemps cru qu’elle serait investie sans problème par EELV. Dans les prochaines semaines, si la campagne de Nicolas Hulot convainc, elle devra peut-être s’effacer. Elle veut, dit-elle, aller jusqu’au bout mais, dans l’ombre, certains cherchent déjà, souligne Libération «un compromis pour qu’Eva sorte par le haut».
Si, en juin, l’homme d’Ushuaia est désigné comme candidat des écologistes, la donne présidentielle sera encore une fois modifiée.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com