Le «groupe de contact» aux Libyens : «De l’argent, mais pas de canons»





Le «groupe de contact» sur la Libye a décidé, hier, de mettre en place «un mécanisme financier temporaire» pour aider les rebelles. Le départ de Mouammar Kadhafi est une nouvelle fois considéré comme nécessaire.
Le Quotidien-Agences
Réuni pour la 2e fois, avec cette fois la présence du Conseil national de transition (CNT), le «groupe de contact» sur la Libye a décidé, hier à Qatar, de mettre en place «un mécanisme financier temporaire» pour aider les rebelles anti-Kadhafi. Ce mécanisme doit permettre de «gérer les aides et répondre aux besoins urgents» des régions contrôlées par les insurgés -principalement l’Est du pays. Le montant de cette aide n’a pas été dévoilé.
Les rebelles n’ont en revanche pas obtenu gain de cause sur deux autres points : ils demandaient une reconnaissance internationale beaucoup plus large qu’aujourd’hui (seuls la France, le Qatar et l’Italie reconnaissent le CNT comme le représentant légitime du peuple libyen), notamment des Etats-Unis. Ils espéraient aussi obtenir des livraisons d’armes, afin de leur permettre de mieux combattre au sol les troupes loyales à Mouammar Kadhafi.
Alors que Londres a proposé la mise en place d’un «mécanisme financier régional» au profit des rebelles et que, dès l’ouverture des débats, le prince héritier du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, a appelé à donner au peuple libyen les moyens de se défendre, des divergences sont apparues au sein du camp occidental. L’Italie a indiqué qu’elle considérait comme une option d’armer les rebelles libyens mais la Belgique a répondu qu’il n’en était pas question. Quant à l’Allemagne, elle rejette une solution militaire.
«Nous devons fournir tous les moyens possibles»
«Nous devons fournir tous les moyens possibles pour leur défense», a assuré un porte-parole du ministère italien des Affaires étrangères, Maurizio Massari. Il a souligné que la résolution 1973 de l’Onu qui a autorisé le recours à la force contre le colonel Kadhafi «n’interdisait pas de fournir des armes aux rebelles».
Massari a toutefois noté qu’une décision dans ce domaine ne devrait pas être prise à la réunion de Doha, qui doit tenter de donner une perspective politique à l’intervention militaire multinationale en Libye. Il a ajouté que les pays qui voudraient fournir des armes aux rebelles devaient «faire attention», mais que les groupes rebelles qui ont leur place forte à Benghazi (Ouest) étaient des «gens responsables».
L’Allemagne ne voit pas de solution militaire au conflit
De son côté, le ministre belge des Affaires étrangères Steven Vanackere qui représente son pays et les Pays-Bas à Doha a immédiatement rétorqué qu’ils n’étaient pas en faveur d’armer les rebelles: «les résolutions de l’Onu prévoient de protéger les populations civiles, mais pas de les armer», a-t-il déclaré.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a affirmé quant à lui que son pays ne «voit pas de solution militaire» en Libye, rappelant que l’Otan partageait la même approche. Le secrétaire général de l’Otan Anders Fogh Rasmussen avait répété peu avant qu’il n’y avait «pas de solution militaire» au conflit en Libye, et appelé à «lancer un processus politique».
Le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon a exhorté la communauté internationale à rester soudée sur la question libyenne, affirmant que près de 3,6 millions de personnes pourraient avoir besoin d’aide humanitaire dans ce pays.
Départ de Kadhafi
Le Groupe de contact sur la Libye a insisté, par ailleurs, sur la nécessité d’un départ de Mouammar Kadhafi pour parvenir à un règlement en Libye.
Selon le communiqué final, le Groupe estime que «le maintien du régime (du colonel) Kadhafi menace tout règlement de la crise».
Il «souligne la nécessité pour Kadhafi de se démettre du pouvoir» afin de «permettre au peuple libyen de décider de son avenir».
Un cessez-le-feu sous condition
Le Groupe de contact sur la Libye a souhaité également s’acheminer vers «un cessez-le-feu» sous condition d’un retrait des troupes du régime libyen «des villes qui ont été envahies», a déclaré hier à Doha le chef de la diplomatie française, Alain Juppé.
«Nous souhaitons nous acheminer vers un cessez-le-feu mais à condition que ce soit un vrai cessez-le-feu réellement contrôlé, pas simplement l’arrêt des tirs», a dit Juppé lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion du.
Il a précisé qu’un tel cessez-le-feu devrait, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, comprendre «le retrait des troupes (du colonel Mouammar) Kadhafi des villes qui ont été envahies et le retour de ses forces dans leurs casernes».
Nouveaux bombardements
sur le terrain, des avions de la coalition internationale ont mené hier des raids sur Tripoli et Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, a annoncé la télévision publique libyenne. Cette dernière a ajouté que le quartier général de Kadhafi à Tripoli, la caserne Bab Al Azizia, a également été visée par une attaque aérienne. Une forte explosion a en effet secoué la capitale, a rapporté un correspondant de Reuters. Selon la chaîne de télévision Al Arabiya, deux explosions se sont aussi produites près de l’aéroport de la capitale libyenne.
Hier, les rebelles libyens ont répété qu’ils ne discuteront d’aucun plan de paix incluant Mouammar Kadhafi et n’envisagent pas de pourparlers non plus avec Moussa Koussa, l’ancien ministre des Affaires étrangères ayant fait défection, a indiqué un porte-parole lors de la réunion du groupe de contact sur la Libye à Doha. Le successeur de Moussa Koussa à la tête de la diplomatie libyenne, Abdelati Obeïdi, a lui aussi quitté le pays, hier, à destination de Chypre, via la Tunisie, mais rien ne laisse encore penser qu’il s’agit d’une nouvelle défection.


Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com