Egypte : Moubarak et ses fils incarcérés





L’ancien président égyptien Hosni Moubarak et ses deux fils ont été placés en détention provisoire hier, dans le cadre de l’enquête sur la mort de manifestants et le détournement présumé de fonds publics.
Le Quotidien -Agences
La télévision d’Etat Nile TV a rapporté, hier, que le parquet a ordonné le placement en détention pour 15 jours de Moubarak et de ses fils Alaa et Gamal, deux mois après le renversement de l’ancien «raïs».
Ses deux fils, soupçonnés de corruption et de détournement de fonds publics, avaient quitté la ville pour une prison du Caire, complétant la liste des anciens ministres et dirigeants du régime incarcérés, a indiqué une source aéroportuaire.
Selon la télévision, Moubarak, âgé de 82 ans, a été victime d’une crise cardiaque avant-hier soir lors d’un interrogatoire à Charm El Cheikh, ville du Sud du Sinaï où il est assigné à résidence depuis son départ forcé, le 11 février.
Nile TV a précisé qu’il a été admis en unité de soins intensifs dans un hôpital de la ville. Mais, avant-hier dans la soirée, le directeur de l’établissement précisait sur l’antenne d’Al Arabia que Moubarak était en assez bonne santé pour répondre aux questions des enquêteurs.
Hier en milieu de journée, un hélicoptère de l’armée égyptienne s’est posé près de l’hôpital, mais une source médicale a indiqué deux heures plus tard que l’ancien «raïs» restait hospitalisé à Charm El Cheikh en raison de son état de santé.
Moubarak est de santé fragile depuis plusieurs années, notamment depuis une opération de la vésicule biliaire en Allemagne il y a un an.
Une source de sécurité a déclaré que Moubarak resterait probablement en détention à Charm El Cheikh, pour des raisons de sécurité.
Pression
Par ailleurs, les généraux égyptiens, aux commandes du pays après le départ de Moubarak, étaient soumis à une pression croissante de la rue pour qu’ils accélèrent les poursuites contre Moubarak.
«C’est un grand pas en avant vers la reconnaissance de la responsabilité du président et cela met un terme aux soupçons de collusion entre l’Etat, les militaires et Moubarak», a commenté Hassan Nafaa, politologue et militant réformateur.
Ce week-end, les procureurs ont indiqué qu’ils souhaitaient l’entendre sur la mort de manifestants durant la révolution et le détournement présumé de fonds publics.
Plus de 380 personnes ont été tuées dans les dix-huit jours de mobilisation et de contestation qui ont abouti à la chute de Moubarak au terme d’un règne de près de 30 ans.
En fin de semaine dernière, des foules avaient de nouveau convergé sur la place Tahrir, symbole de la révolution égyptienne, pour réclamer la tenue d’un procès. L’intervention de l’armée et de la police pour les disperser a provoqué des incidents et la place n’a été complètement dégagée que mardi soir après cinq jours d’occupation.
Sortant de son silence dimanche, Moubarak a rejeté en bloc les accusations de corruption portées contre sa famille et lui. «Je ferai respecter mon droit légal à défendre ma réputation ainsi que celle de ma famille», a-t-il dit dans une déclaration enregistrée diffusée par la chaîne de télévision Al Arabia.
Hosni Moubarak a dit que les informations qu’il avait transmises au parquet égyptien montreraient qu’il ne possède ni avoirs financiers, ni biens immobiliers à l’étranger et que les détails fournis sur les comptes en banque de ses fils montreraient qu’ils n’ont réalisé aucun profit illégal.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com