Commerce et tourisme : Interdiction de commercialisation des produits contrefaits





M. Mehdi Houas qui, en mars dernier, avait bel et bien déclaré à l’agence France Presse que la saison touristique 2011 sera tout simplement «catastrophique» et fait comprendre que l’objectif serait de réaliser la moitié du résultat de l’année passée, essaie toujours de se montrer optimiste chaque fois qu’il se trouve en face des médias tunisiens. Hier, il n’a pas dérogé à la règle en affirmant lors de la conférence de presse qu’il a donnée à la Maison de l’Exportateur à Tunis qu’il croit toujours en les capacités de la Tunisie et des Tunisiens à réussir la relance et qu’il voit bien des signes de redressement «contrairement à tous ceux qui disent que le pays plonge dans le chaos».
Le ministre du Tourisme qui pense que les Tunisiens qui ont fait leur révolution sans l’aide de quiconque «devraient continuer sur la même voie et ne compter que sur eux-mêmes pour relever tous les défis».
Pour ses propres défis – ou plus exactement ceux de son ministère — le ministre a précisé que la stratégie de la relance aussi bien au niveau du commerce que dans le tourisme est épaulée par quatre task-forces qui ont été mis en place au sein du ministère. Ces structures sont destinées à traiter les problèmes qui pouvaient empêcher l’exécution des programmes. La première structure concerne le tourisme et a pour objectif d’assurer la mise en œuvre du plan de la relance. La mise en œuvre dépend toutefois de la conjoncture qui doit être parfaitement favorable pour garantir la réussite de tout le programme. Il explique que «cela fait deux mois que nous attendons la bonne vague sur laquelle on va surfer», estimant que c’est une vague qui ne vient qu’une seule fois et qu’il ne faut surtout pas se permettre de rater.
Le deuxième task-force qui s’est penché que le plan communication à engager pour réussir la relance doit justement être vigilant pour donner au bon moment le coup d’envoi de la communication, car les actions lancées jusque-là semblent échouer à faire le bruit souhaité dans les marchés cibles. Le ministre explique dans ce sens que la campagne (I Love Tunisia) lancée à l’occasion de la Saint Valentin a essuyé un échec à cause de l’arrivée massive des réfugiés fuyant la Libye. Et pour cause ! Aussi mystérieux que cela puisse paraître, «les étrangers qui ont manifesté leur sympathie et leur considération au peuple tunisien qui a fait preuve d’une grande solidarité en accueillant les expatriés de Libye refusent toutefois de passer leurs vacances dans (un pays transformé en) un camp de réfugiés». A long terme, beaucoup de choses restent cependant à faire. Le ministre estime en effet que sur le plan infrastructure, pas moins de 140 hôtels devraient être refaits pour se conformer aux normes et aux exigences d’un tourisme au standing qui permettrait à la Tunisie de concurrencer un pays comme le Maroc par exemple.
Chapitre commerce, le ministre a indiqué qu’en concertation avec toutes les parties intervenantes, un programme de production des produits de grande consommation a été mis en place en prévision de Ramadan et de l’été. Le programme comprend aussi la constitution des stocks de régulation du lait, de boissons, œufs et poulets de chair et de pommes de terre. S’agissant des échanges commerciaux avec la Libye, il a noté la baisse de 34,6% enregistrée au cours du premier trimestre 2011, soulignant que les exportations vers la Libye via Ras Jedir se sont complètement arrêtées le 20 février dernier avant de reprendre après la récente décision des autorités libyennes. Une reprise, lente, a été constatée depuis le 3 mars 2011 avec une valeur moyenne quotidienne de 1 million de dinars.
Sur un autre plan, le ministre a indiqué qu’une réunion «exceptionnelle» a eu lieu au siège du ministère à laquelle ont pris part 10 grands «opérateurs» dans le commerce parallèle venus chercher une solution pour récupérer leurs marchandises bloquées dans des conteneurs au port de Radès. Au terme de cette réunion, le ministre a indiqué qu’il a été décidé de traiter les dossiers dans le respect des règlements en vigueur. Il a expliqué que pour les marchandises dangereuses et contrefaites, deux options sont envisagées «ou bien elles seront refoulées vers leurs pays d’origine ou bien détruites». Quant aux produits de textile et qui ne relèvent pas de la contrefaçon, «ils bénéficieront de d’autorisation de commercialisation après le règlement des droits de taxes». Après quoi il sera, strictement interdit d’importer et de commercialiser sur le marché tunisien des produits de la contrefaçon.


Hassan GHEDIRI
Ne cachant pas son optimisme bien que la relance tarde à se manifester, M. Mehdi Houas, ministre du Commerce et du tourisme, a considéré hier lors d’une conférence de presse que tout est encore possible pour faire décoller le tourisme…
La chute touristique par les chiffres
Selon les statistiques du ministère, le bilan touristique du premier trimestre de 2011 augure des perspectives alarmantes pour le reste de la saison si le plan de relance programmé n’aboutit pas aux objectifs escomptés. Les recettes touristiques de janvier, février et mars 2011 affichent en effet une baisse de 43% avec (-44% en euro), 303,4 millions de dinars (157 millions d’euros). De même, les nuitées dans les établissements touristiques ont chuté de 56,9% au cours du premier trimestre de 2011 (1858662 nuitées contre 4316075 nuitées) par rapport à la même période de 2010. Pour ce qui est des arrivées aux frontières, elles ont baissé de 44,1% (de 1098331 en 2010 à 614071 en 2011), ce qui est équivalent à une perte de 484 260 touristes. Les marchés les plus touchés sont l’Allemagne, (-71%), le Royaume Uni (-57%), la France (-50,9%), l’Italie (-45%).


Cap sur l’Algérie
Les touristes maghrébins étaient les grands absents durant les trois premiers mois de 2011. Les chiffres du ministère montrent en effet qu’à cause de la révolution en Tunisie et des conflits armés en Libye, les entrées des non-résidents de nationalités algérienne et libyenne ont accusé une baisse nette de - 56%. Du côté du marché libyen qui réalise habituellement environ 2 millions d’entrées, la chute est considérablement plus importante : -65 %. Du côté des frontières ouest, la baisse s’est stabilisée à-37,6%.
Une campagne de charme sera toutefois lancée dans les médias algériens afin de «réconforter les touristes algériens sur la situation en Tunisie», comme le souhaite notre ministère chargé du Tourisme. L’objectif serait d’attirer 350 mille Algériens durant la période estivale (juin et juillet 2011). Pour ce faire, un fonds de 525 mille dollars a été alloué aux campagnes publicitaires prévues alors qu’une ligne maritime entre Alger et Tunis doit être opérationnelle durant la même période pour faciliter le déplacement des touristes algériens dont la majorité visite la Tunisie en voitures.


Vers la révision des taxes sur les boissons alcoolisées
A une question portant sur les taxes imposées sur la commercialisation des boissons alcoolisées, Mehdi Houas a laissé entendre qu’une révision de ces impôts est très envisageable. Il a même estimé que les taxes qui sont appliquées aujourd’hui favorisent la profusion du commerce illégal, considérant que cela relevait (peut-être) de tactiques employées par l’ancien régime pour servir certains trafiquants.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com