La présence de Slim Chiboub dérange les Tunisiens aux Emirats : «Il n’ose pas se montrer en public…»





Aux Emirats, la colonie tunisienne est fort intéressée par ceux appartenant au régime déchu, qui ont choisi de s’y exiler, à l’image de Slim Chiboub, actuellement à Abou Dhabi.
De notre envoyé à Dubaï, Kamel ZAÏEM
Les Tunisiens qui vivent aux Emirats sont très contents de ce qui se passe dans leur pays. Ils ont fêté à leur manière la Révolution du 14 janvier bien que, là-bas, on n’apprécie pas les manifestations qui bénissent une quelconque révolution ou appellent à la révolte.
Même son de cloche
Il y a eu beaucoup de membres des familles Ben Ali et Trabelsi qui ont atterri aux Emirats après le 14 janvier. Actuellement, certains y sont encore dont Slim Chiboub, l’ancien président de l’EST et du CNOT, qui réside à Abou Dhabi. Nous avons essayé de le repérer, mais il s’est avéré qu’il ne se montre presque jamais en public et qu’il ne prend pas le risque de fréquenter des lieux qui attirent la colonie tunisienne. Aussi bien à Abou Dhabi qu’à Dubaï, où il se rend régulièrement, les Tunisiens sont «agacés» par sa présence bien qu’ils n’aient jamais essayé de l’approcher ou d’aller lui faire savoir qu’ils n’apprécient guère qu’il soit là. A travers ce reportage, nous avons recueilli l’opinion de quelques ressortissants tunisiens à Abou Dhabi ou à Dubaï, et l’impression générale qui s’y dégage ne surprend point: «Personnellement, je ressens beaucoup de frustration en voyant ce type circuler et mener le même train de vie ici à Abou Dhabi comme si de rien n’était. C’est avant tout un membre du clan Ben Ali et il doit être jugé pour tous les torts qu’il a causés au pays et aux citoyens. J’aimerais bien le croiser pour lui faire entendre mon opinion, d’une manière ou d’une autre, afin d’apaiser ma frustration et je souhaite de tout cœur le voir devant un tribunal en Tunisie», déclare M. Raouf Chihi, un résident tunisien à Abou Dhabi.
Pour M. Helmi Landoulsi, le même sentiment de mécontentement envahit les Tunisiens à Dubaï: «Je ne peux pas être fier de la présence de Chiboub ici, sachant qu’il a pleinement profité de son lien de parenté avec le président déchu pour arriver à ses fins et faire du mal à beaucoup de personnes et au sport en Tunisie. Franchement, je ne souhaite pas le voir en face de moi, car, je ne suis pas sûr de me contrôler et de garder mon sang-froid. C’est un type qui mérite d’être jugé aux côtés des autres criminels de l’ère Ben Ali et j’espère de tout cœur le voir un jour connaître le sort qu’il mérite».
Le même son de cloche revient sur toutes les langues. M. Hédi Sdiri, le président de la fédération internationale de boxe arabe, passe la plupart de son temps aux Emirats, là où il est en train d’organiser des galas de champions du monde qu’il aurait aimé mettre sur pied en Tunisie «Ça fait de longues années que je subis les injustices des décideurs du sport en Tunisie, dont essentiellement Abdelhamid Slama qui m’a toujours empêché de servir mon pays. Quant à Slim Chiboub, je sais bien qu’il fut un «dictateur» en matière de sport et je partage le même avis des Tunisiens qui vivent ici à Dubaï ou à Abou Dhabi et qui se sentent frustrés ou déshonorés. En Tunisie, grâce à cette révolution, justice doit être faite pour préserver le droit de tout citoyen».
D’autres Tunisiens n’hésitent pas à nous révéler leur «souhait» de croiser Chiboub et de le «remercier» à leur façon: «Je souhaite bien le voir ici à Abou Dhabi, et là je réglerai bien mes comptes avec quelqu’un qui a construit sa fortune en faisant du mal à ses concitoyens et en imposant son pouvoir de gendre de Ben Ali».
Hamdi Ouni, un entraîneur exerçant depuis quelques années à Dubaï, ne sort pas du lot: «Je ne me sens pas fier du tout de sa présence parmi la colonie tunisienne aux Emirats. Elle nous gêne car il s’agit d’un symbole de la peu glorieuse époque de Ben Ali et je serai beaucoup plus réconforté en sachant qu’il a quitté les Emirats. De toute façon, il le sait très bien et il n’ose pas se montrer en public, car il craint, à raison, la réaction de ses compatriotes».
C’est là l’avis des Tunisiens sur cette présence gênante de Chiboub là où huit mille de nos compatriotes vivent et travaillent. Ils sont très fiers de cette révolution et ils veulent y contribuer, et c’est normal qu’ils ressentent une telle frustration en voyant des membres du clan de la bande des Ben Ali et Trabelsi mener la belle vie à Abou Dhabi, Dubaï et d’autres émirats.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com