Tunisie – UE : M. Adrianus : «L’Europe ne trouve pas de vis-à-vis pour négocier avec la Tunisie»





Il ressort de la réunion d’évaluation de la coopération entre l’UE et la Tunisie depuis 1995 qu’il y a eu des acquis mais il y a surtout des défis, notamment pour soutenir la Tunisie démocratique et gérer l’émigration clandestine.
La conférence de presse tenue hier à Tunis par MM. Jean-Louis Chomel, chef d’unité évaluation, de la Commission européenne, et Enzo Caputo, représentant des consultants chargés des évaluations a certes permis de souligner les limites de l’engagement européen dans certains secteurs. «La commission européenne avait, en effet, prévu d’intervenir dans les domaines de la justice, de l’Etat de droit, des médias et de la liberté d’expression et d’association, ainsi que sur les modalités d’ouverture à la société civile», a indiqué leur rapport qui a précisé, concernant la justice que «la justice civile et administrative n’est pas assez efficace pour favoriser la sécurité des investissements» et que «l’influence du pouvoir exécutif sur les médias et la justice a toujours été une question sensible dans les relations de l’UE avec la Tunisie».
Des recommandations ont été certes retenues concernant, notamment, la poursuite et l’extension de l’appui de l’UE aux grandes réformes. Mais la conférence a surtout valu par les propos de M. Adrianus Koetsenruijter, Ambassadeur et Chef de délégation de l’UE en Tunisie, concernant l’émigration clandestine et la coopération post-révolution.
Vis-à-vis
Concernant la coopération avec le gouvernement de transition, M. Adrianus a reproché à la partie tunisienne de «ne pas vouloir avancer les négociations dans des domaines comme l’agriculture, les services et l’Open-Sky», dont les issues pourraient, selon lui «aider la Tunisie en cette phase de transition». Il a clairement déclaré «ne pas trouver de vis-à-vis tunisiens pour ces négociations».
Pour ce qui est de l’émigration clandestine, le Chef de délégation de l’UE a rappelé «l’exploitation de ce phénomène par certains partis d’extrême-droite qui ont lancé des sonnettes d’alarme». «C’est la raison pour laquelle la Tunisie est appelée à accepter la réadmission de ses ressortissants qui se trouvent de manière irrégulière en Europe et à coopérer dans la lutte contre la migration irrégulière», a-t-il encore ajouté.
M. Adrianus a insisté sur le fait que «l’émigration clandestine n’est pas la solution pour les défis économiques. Il s’agit plutôt d’encourager le développement économique et social qui se base sur le talent et l’énergie des Tunisiens».
Pour ce qui est de la mobilité des personnes, l’Ambassadeur de l’UE a reconduit la proposition de la veille de M. Barroso, président de la Commission européenne concernant l’espace euro-méditerranéen intégré. M. Adrianus a toutefois reconnu que «l’Europe n’a pas beaucoup travaillé pour une politique européenne de mobilité».
Il est clair que le dossier des 25.000 Tunisiens ayant transité par Lampedusa va encore faire couler beaucoup d’encre.

Mourad SELLAMI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com