Nouveau code électoral : Les jeunes font la révolution, pas les élections !





Après un débat houleux marqué par la contestation du projet par plusieurs membres de la commission de la protection de la révolution, dont Me Abdelaziz Mzoughi qui a quitté la salle, le nouveau code électoral a été adopté.
Sitôt adopté, des voix se sont élevées pour contester un projet qui exclut une grande partie de la population dont les jeunes. «Le Quotidien» est allé sonder les opinions de ceux qui ont fait la révolution.
Autour d’une table garnie de plusieurs morceaux de pizza et de boites de soda, un groupe de jeunes nous a paru plutôt intéressé par notre question. Alors, c’est Mohamed Hcine, sportif, qui nous a répondu le premier : «Comme d’habitude, les grands pensent que la politique n’est pas l’affaire des jeunes. Ils oublient que c’est nous qui avons fait la révolution. Sans les jeunes, ces professionnels de la politique n’auraient pas été là aujourd’hui. On dirait qu’ils nous ont volé notre révolution. Est-il possible qu’ils décident pour nous ? Non, la preuve que la majorité des jeunes, aujourd’hui, n’ont plus confiance ni dans le gouvernement ni en cette commission de la révolution».
Et ce n’est pas Nader qui va contredire son ami : «Ils pensent que les jeunes ne sont pas faits pour la politique. Alors dès qu’ils se sont emparés du pouvoir, ils ont fait ce qui se faisait du temps de Ben Ali, à savoir écarter les jeunes du processus politique. La preuve, ce qu’ils ont fait lors de l’élaboration du projet électoral du conseil constitutionnel. Ils ont écarté les jeunes et à l’image des hyènes, ils ont sauté sur la révolution qui s’est transformée en un cadavre. Mais, ceux qui se sont révoltés contre Ben Ali peuvent toujours se soulever contre n’importe qui et n’importe quel pouvoir. On n’a plus peur».
Le débat n’était pas pour plaire à Mohamed Ali Bouzaïène qui n’était pas d’accord avec ses deux amis: «Il faut laisser chacun faire son travail. Ce sont des politiciens et ils savent ce qui est utile pour le peuple. Je pense que les jeunes tunisiens ont une chance pour être représentés dans le conseil constitutionnel à condition de se présenter massivement et pourquoi pas s’organiser en un parti politique».
La cause des jeunes est magistralement défendue par leurs aînés. Mohamed Belajouza en dit long : «Les jeunes ont été volés d’une manière délibérée. C’est leur révolution et en principe ils ont le droit de décider de l’avenir du pays. J’aurais aimé qu’ils soient majoritairement représentés dans toutes les institutions. Car ils ont prouvé qu’ils sont mûrs et aptes à gérer les affaires du pays».
Les jeunes tunisiens sont devenus mûrs et aux politiciens de tenir compte de leurs revendications.


Myriam BEN SALEM




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com