La guerre des sexes n’aura pas lieu





Par Dr Mohamed Salah Souissi (*)
Au nom de la raison, de la transparence, de l’honnêteté et de la tolérance. Au nom de l’intelligence et de ceux qui pensent que leur destin est tracé d’avance. Au nom de la modestie face au hasard et face à la chance. Au nom de l’action, de l’ambition et de la persévérance, admettons, acceptons, mais aussi oublions quand il le faut nos différences.
L’homme est l’une des espèces vivantes qui peuple la planète. Il se reproduit au rythme des jours et des nuits, des courants et des vents, des saisons, des floraisons et des éclosions, heureusement, grâce à la différence entre fille et garçon. Seule cette différence permet, entre leurs graines respectives, l’attirance, la rencontre, le rapprochement, la pénétration, la fécondation, la fusion, la combinaison génétique, la formation de l’embryon, la naissance, la croissance et le développement d’un individu, avec un corps et des attributs et une aptitude à donner encore de la graine pour continuer à se reproduire, toujours de la même façon et éternellement.
L’homme, quels que soient son appareil génital, sa silhouette, sa taille, son pelage, la résonance de sa voix, ou la forme de son bassin ou de son torse, est à la fois masculin et féminin, avec une légère prédominance de l’expression de l’un ou l’autre de ses chromosomes. Qu’on le veuille ou non, nous sommes hommes et femmes à la fois. Nous n’avons pas le droit d’être fiers ou de rougir de notre génome. La loterie nous l’a imposé et c’est tant mieux comme ça.
Nous voilà donc pareils, égaux et complémentaires. Chacun accomplissant son rôle vis-à-vis des siens et de son environnement, en fonction de ses organes et de leur fonctionnement. Chacun évoluant à sa façon pour satisfaire ses émotions, ses sentiments, ses sensations, ses besoins naturels, ses désirs, ses pulsions, ses plaisirs et ses passions et pourquoi pas son obsession.
Ni les uns, ni les autres ne peuvent prétendre avoir un quelconque avantage justifiant une moindre autorité ou donnant droit à un statut particulier. Tous doivent bénéficier au sein de leur communauté des mêmes libertés et des mêmes obligations dans une ambiance de total et mutuel respect. Personne ne peut être considéré comme un objet ou une propriété. Cela ne peut que le dévaloriser jusqu’à le rendre un vulgaire esclave du corps et de ses vilains instincts animaliers.
Arrêtons de nous remonter les uns contre les autres, de nous chamailler, de prendre chacun ses distances de la manière la plus hypocrite qui soit. Ne faisons pas semblant d’oublier qu’en nous éloignant, on ne fait que prendre plus d’élan pour sauter les uns dans les bras des autres de plus en plus passionnément. Soyons tout simplement nous-mêmes, hommes et femmes, réunis loin de toutes autres considérations, des contraintes absurdes des coutumes, des traditions, des interdits et surtout de toutes les contradictions.
Soyons enfin intelligents, sages, prévoyants, prévenants, amoureux et bons, et oublions une fois pour toutes ces manières de défendre les soi-disant droits de l’un des sexes, supposé faible, au sein d’un ministère, d’une institution ou d’une association, ou à l’occasion d’une fête ou d’une manifestation. Ce qui n’engendre que le mépris, la ségrégation et la confusion.
Laissons tout simplement parler la science, l’évidence, tous les sexes et leurs immenses talents, et sans la moindre discrimination.
Enterrons enfin, la hâche de cette drôle de guerre et avançons la main dans la main, sereins et confiants.


(*) Médecin vétérinaire


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com