Paysage politique de l’après-Ben Ali (60) : Alliance Nationale pour la Paix et la Prospérité : Un libéralisme bridé par la solidarité et la justice sociale





L’Alliance Nationale pour la Paix et la Prospérité plaide pour la mise en place d’un modèle de développement fondé sur l’initiative privée et l’ouverture à l’extérieur, mais équilibré par un souci permanent de justice sociale.
Fondée début mars dernier, l’Alliance Nationale pour la Paix et la Prospérité (ANPP) se définit comme un parti de centre-droit qui prône le libéralisme économique. Cette orientation tient peut-être au parcours personnel de son fondateur.
Skander Rekik puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un homme d’affaires qui a entamé sa carrière professionnelle comme ingénieur au sein de plusieurs compagnies pétrolières aux Etats-Unis avant de se lancer dans le bain de l’entrepreneuriat. Ce titulaire d’un master en administration des affaires qui a regagné la Tunisie en 2003 n’était pas, toutefois, coupé des réalités économiques et sociales du pays. «Depuis mon retour en Tunisie, j’ai constaté de visu l’ampleur du despotisme et la souffrance des gens. J’ai suivi de très près les manifestations pour le droit au travail et à la dignité. J’ai même participé à la manifestation du 14 janvier qui a précipité le départ du tyran. Après cette révolution première en son genre dans le monde arabe, j’ai senti un besoin pressant de me jeter dans le grand bain de la politique», raconte Skander Rekik.
Après des concertations avec de nombreux courants actifs de longue date sur la scène politique nationale, M. Rekik est parvenu à réunir de nombreux activistes autour d’une plateforme politique basée sur l’attachement aux principes républicains, la démocratie, l’alternance pacifique à la tête du pouvoir, le libéralisme économique et la prise en compte des spécificités civilisationnelles tunisiennes. C’est ainsi que l’ANPP a vu le jour.
Libérer l’initiative
privée
Au plan économique, le parti défend un modèle de développement basé sur l’initiative privée et la reconnaissance de la propriété individuelle comme droit inaliénable. Il plaide également pour l’utilisation optimale des richesses nationales et l’attraction des investissements étrangers et le renforcement de la recherche scientifique. «L’attraction des investissements nécessite en aval la préparation d’un climat adéquat caractérisé par l’allégement de la bureaucratie, la bonne gouvernance et la transparence. De nombreux pays du Golfe, d’Asie ou d’Europe ont vu leurs économies décoller grâce à une amélioration notable de leur climat d’investissement. La Tunisie est bien placée pour rejoindre ces pays», précise M. Rekik.
Les fondateurs du parti militeront aussi pour garantir aux citoyens le droit à un travail décent et la satisfaction des revendications de toutes les couches sociales sur la base de l’effort consenti, ce qui garantit un partage plus équitable des richesses.
D’autre part, le parti plaide pour l’intégration maghrébine au regard de l’énorme potentiel de croissance que permet une union économique entre les cinq pays du Maghreb.
Justice sociale
et solidarité
Le modèle économique libéral défendu par l’ANPP se situe, toutefois, loin du libéralisme sauvage qui cantonne le rôle de l’Etat à un simple arbitre entre les différents acteurs du développement. «Certains secteurs stratégiques doivent rester entre les mains de l’Etat. Il faudrait également garantir un climat social équilibré basé sur les principes de solidarité, de justice dans la répartition des richesses entre les couches sociales et les différentes régions du pays», peut-on notamment lire dans le manifeste fondateur du parti.
L’ANPP dont le slogan est «égalité, juste milieu et efficacité» défend, par ailleurs, la mise en place d’un système de couverture santé juste, le droit de chaque famille à un logement décent et l’enracinement des bonnes valeurs morales auprès des jeunes.
Dans son programme économique, le parti plaide pour la défense de l’identité arabo-musulmane de la Tunisie, la protection des libertés fondamentales et la séparation entre les pouvoirs. Il considère également le Code du Statut Personnel comme un acquis national qu’il faut préserver et renforcer.


Walid KHEFIFI




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com