Bientôt Josef Koudelka à Tunis : Des clichés en rébellion





Grâce à la révolution de velours, Josef Koudelka a revu Prague, après vingt ans d’exil. Aujourd’hui, et suite à la révolution du jasmin, ce photographe de renom débarquera à Tunis, avec tant de clichés sur l’échec du printemps de Prague.
Tant de photographies circulent depuis le 14 janvier 2011 sur le net, racontant la Tunisie d’hier et d’aujourd’hui. Tant d’expositions organisées ici et là sur les cimaises de nombreux espaces culturels, offrant au grand public l’occasion de voir, revoir et de commenter les différents événements qui ont marqué le pays depuis la révolution. Contrairement aux crises que secouent les différentes disciplines artistiques, seule la photographie semble échapper pour s’imposer comme un art noble, un art libre et libérateur. Dans cette optique, les responsables de l’Institut français de coopération (IFC) ont tracé leur nouveau plan d’action culturelle dans la Tunisie postrévolutionnaire, misant essentiellement sur le photoreportage.
Sur un fond de velours
L’invité de ce mois sera le photographe tchèque Joseph Koudelka qui débarquera à Tunis, le 28 avril, à l’invitation de l’IFC pour partager avec le public tunisien quelques clichés pris lors de l’invasion des troupes du Pacte de Varsovie, qui mit fin au Printemps de Prague, en août 1968. La rencontre avec cet artiste de l’image sera axée également sur le visionnage de photographies prises pour la réalisation d’une exposition ayant pour thème « les vestiges archéologiques méditerranéens » ; projet en gestation qui sera présenté dans le cadre de Marseille- Provence, capitale européenne de la culture 2013.
L’artiste tchèque parlera également lors du rendez-vous de ces photos praguoises prises en 1968, des individus hors du temps qu’il a photographiés tout au long de ces voyages, de ces gitans qui l’ont séduit et inspiré tant de photoreportages mais aussi une publication qui lui a valu en 1978 le prix Nadar.
Exilé, solitaire, il sillonne l’Europe à la rencontre des hommes et des lieux, photographiant la tristesse, la douleur et la joie. Le regard intense, chargé d’attention et d’émotion, le photographe tchèque a su faire de ses œuvres un récit réel, d’une rare puissance, sur l’humanité dans ces terres d’exil. Misant sur les noirs intenses et sur de faux cadrages, Joseph Koudelka a su se distinguer par des œuvres qui se situent hors-temps. D’ailleurs, pour qu’il n’accompagne pas ses photographies par des légendes.
Il est à noter que l’IFC a déjà organisé du 29 au 31 mars un premier workshop dont l’animation a été assurée par le photographe Patrick Zachmann de l’agence Magnum Photos, l’une des plus prestigieuses agences au monde, assurant la couverture photographique des sujets d’actualité pour la presse internationale.


Imen ABDERRAHMANI


Bio express
Ayant fait ses études à l’université technique de Prague, entre 1956 et 1971, Josef Koudelka a exposé pour la 1ère fois au théâtre Semafor à Prague. Menant en parallèle une carrière d’ingénieur aéronautique, il décide de suivre les gitans en Tchécoslovaquie pour faire un reportage. Membre de l’Union des Artistes Tchécoslovaques, il a participé à de nombreuses représentations théâtrales. En 1966, il publie un livre sur le spectacle Ubu Roi et en 1967, il abandonne l’aéronautique pour se consacrer pleinement à la photographie. Il expose la même année, pour la première fois, ses photographies sur les gitans.
Il photographie l’invasion soviétique, en août 1968 dans les rues de la capitale tchèque, et c’est tout d’abord anonymement que ses images sont publiées aux États-Unis. Il reçoit le prix Robert Capa pour ces images, icônes marquantes de l’histoire politique de la Tchécoslovaquie (sans que son nom soit mentionné). En 1970, il quitte son pays, devient apatride et s’installe en Angleterre jusqu’en 1979. Il devient membre de l’agence Magnum en 1974 et c’est en 1975, qu’il a exposé au Musée d’art moderne de New York puis à la Hayward Gallery de Londres, en 1984. Après seize ans d’anonymat, ses photos praguoises sont publiées pour la première fois sous son nom. En 1987, il est naturalisé français. Après vingt ans d’exil, il retourne à son pays natal en 1990, après la Révolution de velours et ses photos de 1968 sont enfin publiées à Prague. A son compte, plusieurs publications : «Les Gitans : la fin du voyage» (1975), «Exils» (1988), «Chaos» (2000) et «Invasion Prague 68» (2008).




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com