Agriculture et environnement : Des signes perceptibles de reprise





Le ministre de l’Agriculture et de l’Environnement a donné hier une conférence de presse pour exposer les dossiers urgents sur lesquels se penchent ses directions et présenter les actions programmées pour la période à venir.
Pour un ministre dans un gouvernement de transition qui se voit attribuer deux valises ministérielles aussi encombrantes qu’embarrassantes que celles de l’agriculture et de l’environnement, il est souvent très délicat de donner une conférence de presse sans s’attendre à un fleuve de questions. M. Mokhtar Jellali devait sans doute savoir qu’il est à la charge de deux des plus problématiques secteurs de développement dont le rendement a toujours suscité l’insatisfaction des Tunisiens. Dix semaines après sa nomination, le ministre de l’Agriculture et de l’Environnement avoue que «beaucoup de travail reste à faire pour résoudre tous les problèmes dont souffrent aujourd’hui les domaines agricoles et environnementaux».
Les céréales, dossier majeur
Il a toutefois noté que trois mois après la Révolution, les signes de la reprise sont perceptibles dans certaines branches de la production agricole. Il devait souligner que les exportations ont repris en affichant une croissance dans la plupart des filiales. Au cours des trois premiers mois de 2011, les exportations des produits alimentaires ont ainsi enregistré une croissance de 12% par rapport à la même période de l’année passée. La valeur des exportations des produits de la mer a été également marquée par une hausse avoisinant 49% alors que les exportations des fruits ont augmenté de près de 46%. S’agissant de la production des céréales, le ministre a estimé que la saison est prometteuse, faisant remarquer que son département œuvre dans le but d’assurer le bon déroulement de la saison afin de garantir les résultats escomptés. Il a dit que le désir d’assurer l’autosuffisance demeure toujours légitime. Mais s’il est inévitable de recourir à l’importation, cela coûtera beaucoup plus que l’année dernière. Le ministre a noté dans ce sens que «si nous sommes obligés d’importer la même quantité que l’année 2010, les dépenses seront aux alentours de 1300 millions de dinars» contre 570 millions de dinars l’année passée. Il faut noter que les céréales représentent 50% du volume des importations agricoles de la Tunisie.
D’autre part, le ministre a noté que les programmes prioritaires engagés pour la période à venir dans le domaine agricole et environnemental portent sur diverses questions. Parmi les dossiers sur lesquels M. Jellali doit se pencher attentivement, l’endettement des agriculteurs qui, selon lui «nécessite une révision très urgente» qui doit porter surtout sur le problème d’encadrement et de suivi des projets qui bénéficient de crédits bancaires. Il s’agit aussi d’étudier les problématiques qui menacent la pérennité des investissements agricoles ainsi que la dispersion des propriétés agricoles. Concernant les terres domaniales, le ministre a annoncé qu’«une nouvelle restructuration des domaines de l’Etat sera entreprise afin de garantir une meilleure transparence». ?voquant l’office des terres domaniales, il a souligné que les actions nécessaires seront engagées afin de rendre plus fiables les mécanismes d’emploi et d’encadrement dans ce qui, estime-t-il: «devait être le fleuron de l’agriculture nationale».


Hassan GHEDIRI

Un casse-tête appelé «Lait»
Au sujet du problème de la filiale laitière, le ministre a annoncé qu’un projet de création d’une nouvelle centrale laitière dans le but de renforcer les dispositifs de transformation incapables jusqu’ici d’absorber une production qui dépasse de loin les besoins du marché. La nouvelle unité doit avoir une capacité de transformation d’environ 300 mille litres par jour. Durant le premier trimestre de l’année en cours, la production de lait était multipliée par deux par rapport à l’année 2010. De 15 millions de litres en février 2010 elle a atteint 30 millions en mars-février derniers pour dépasser 60 millions au cours du mois de mars.
Depuis quelques mois, le secteur passe par une crise provoquée par un excès de production qui dépasse les capacités de transformation et de stockage des centrales laitières.
Décharge d’El Kabouti
La décharge contrôlée installée dans la région d’El Kabouti à Mornag (gouvernorat de Ben Arous) a provoqué une vague de contestations transformée après la Révolution en un mouvement de refus catégorique par les riverains qui bloquent le site de 66 hectares par un sit-in qui dure depuis quelques semaines. M. Mokhtar Jellali a annoncé que le gouverneur de Ben Arous a été sollicité pour ne pas procéder au changement de la vocation du terrain sur lequel se trouve la décharge en attendant que les études nécessaires soient effectuées pour définir la nature de l’impact du site sur l’écosystème et l’environnement.
Instrumentalisation politique du centre de Jradou !
Le ministre a estimé que le problème du centre de traitement des déchets industriels et spéciaux de Jradou (gouvernorat de Zagouan) a été exploité par «certaines parties» politiques pour faire ce qu’il a appelé une «campagne électorale prématurée». M. Jellali qui n’a pas voulu préciser qui sont «ces parties» a tenu toutefois à rassurer les habitants de Jradou que le centre sera fermé si les expertises prouvent la nocivité du site sur la santé des riverains et les écosystèmes de la région.
Ménage dans les groupements des eaux
Le ministère de l’Agriculture et de l’environnement au gouvernement provisoire a décidé d’engager une révision radicale des attributions des groupements des eaux. Le ministre a indiqué que «de grands dépassements» ont été signalés dans la gestion de ces structures, notant qu’une «révision radicale s’impose» pour donner plus de fiabilité au fonctionnement de ces groupements. La désignation des titulaires de diplômes supérieurs à la tête des ces groupements serait parmi les options envisageables.
Solution russe pour Phosphogypse ?
Dans le golfe de Gabès, la pollution provoquée par le rejet du phosphogypse dans la mer figure parmi les problèmes que le gouvernement de Caïd Essebsi serait appelé à résoudre ou du moins mettre en place des plans d’intervention efficaces. A ce sujet, le ministre a noté que parmi les solutions proposées, l’adoption d’un procédé développé par les Russes et qui a prouvé son efficience dans ce genre de pollution. «Nous allons entreprendre les contacts nécessaires dans ce sens afin de voir si cette technologie est compatible avec l’état des lieux de la pollution au golfe de Gabès pour décider en fonction des résultats de ces tests», a-t-il indiqué.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com