Parti de la Citoyenneté et du Travail : Une réponse à la détresse des masses laborieuses





Fondé par des syndicalistes, le Parti de la Citoyenneté et du Travail entend mobiliser toutes ses capacités pour aider la masse laborieuse à récolter la part légitime des richesses qu’elle crée.
Après le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL), le Parti du Travail Patriotique et Démocratique (PTPD), le Parti Ouvrier Communiste Tunisien POCT et la Ligue de la Gauche Travailliste (LGT), une nouvelle formation travailliste vient d’enrichir le paysage politique tunisien. Il s’agit du Parti de la Citoyenneté et du Travail (PCT) créé au lendemain de la révolution du 14 janvier par des syndicalistes réunis autour de Mohamed Taher Chaïeb, ancien secrétaire général adjoint de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) et ex-secrétaire général du Syndicat national des maîtres de conférence et des professeurs de l’enseignement supérieur. L’idée de la création de ce parti qui s’appuie sur une partie des adhérents de l’UGTT remonte à 1985 quand l’UGTT a été beaucoup affaiblie dans le sillage de la crise de 1984 qui avait tourné à la confrontation ouverte avec le pouvoir. «A partir de 1985, plusieurs discussions autour de la création d’un parti travailliste tunisien à l’image du parti travailliste britannique ont eu lieu. J’ai participé à tous ces débats qui n’ont malheureusement pas abouti. En Tunisie, un parti ouvrier était une idée qui n’a pas fait alors le consensus surtout que l’UGTT avait des accointances avec le pouvoir. Bourguiba et Ben Ali s’achetaient le silence des directions de l’unique centrale syndicale grâce à des privilèges matériels», raconte Mohamed Taher Chaïeb. Et d’ajouter : « Après la fuite de Ben Ali, nous avons notre projet de création d’un parti travailliste qui ambitionne de défendre l’égalité totale entre les individus et les régions sur tous les plans».
Défendre la classe ouvrière
Dans son programme, le PCT précise qu’il s’adresse aux masses laborieuses et à la défense des intérêts des couches sociales laissées jusque-là sur le bord de la route. « Nous militerons essentiellement pour faire respecter les droits des travailleurs et leur garantir des salaires et des conditions de travail décents », précise M. Chaïeb. Le parti entend également œuvrer pour la protection du pouvoir d’achat des salariés, la limitation de la hausse des prix, la garantie des prestations sociales peu onéreuses et le droit au travail.
D’autre part, le PCT plaide pour une discrimination positive en faveur des régions intérieures du pays, tenues à l’écart du développement sous le règne de Bourguiba et de Ben Ali . « Depuis l’indépendance, le littoral a raflé la part du lion en termes de projets de développement. Il est désormais temps de se tourner vers les régions intérieures et d’y encourager l’agriculture et la mobilisation optimale des ressources hydrauliques », indique le fondateur du parti.
La nouvelle formation travailliste prône aussi l’adoption progressive d’un nouveau modèle de développement basé sur le lancement des industries innovantes et à haute valeur ajoutée, le renforcement des structures de recherche et développement et la promotion d’un tourisme de qualité.
Egalité des chances
Sur le plan politique, le PCT œuvre pour la promotion des valeurs de la citoyenneté qui ne sont, selon lui, que les droits de l’Homme auxquels s’ajoutent les libertés politiques et civiques comme la liberté d’association et la liberté d’expression. Il défend également la liberté du culte et la laïcité.
En ce qui concerne les élections de l’Assemblée Constituante prévues le 14 juillet prochain, le parti ne se fait pas d’illusions. «Vu le délai très court qui nous sépare des élections et l’adoption du mode de scrutin de listes, seuls Ennahda, les partis de gauche et les formations issues du défunt Rassemblement Constitutionnel Démocratique peuvent remporter facilement des sièges dans la future Constituante. Les autres partis auront beaucoup de mal à présenter leur programme et à constituer des listes », affirme M. Chaïbi, indiquant que sa formation compte plutôt sur le moyen et le long termes pour répondre aux attentes des masses laborieuses.


Walid KHEFIFI


Qui est Mohamed Taher Chaïbi ?
Né le 17 janvier 1938 à El-Jem, Mohamed Taher Chaïbi est titulaire d’un Doctorat d’Etat en physique. Après avoir exercé comme ingénieur-chercheur et directeur d’une unité de recherche en Tunisie et en France, il a enseigné les sciences physiques à l’Ecole nationale des ingénieurs de Tunis. Entre 1974 et 1977, il a occupé le poste de secrétaire général du Syndicat national des maîtres de conférences et des professeurs de l’enseignement supérieur avant de devenir secrétaire général adjoint de l’Union Générale Tunisienne du Travail (1989-1994)




Articles Similaires:



Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com