En un mois et demi de combats : Un millier de morts à Misrata





Un millier de personnes ont péri en six semaines dans la ville rebelle assiégée de Misrata au moment où les combats en Libye marquaient le pas près d’un mois après le début de l’intervention militaire internationale.
Le Quotidien-Agences
Un millier de personnes ont péri en six semaines dans la ville rebelle assiégée de Misrata. «Quatre-vingts pour cent des morts sont des civils», a déclaré hier l’administrateur de l’hôpital de Misrata, le Dr Khaled Abou Falgha, précisant que les combats incessants depuis la fin février avaient également fait 3.000 blessés.
Dans son lit du service des soins intensifs, le petit Mohammed, 10 ans, se tord de douleur. Ses yeux sont ouverts mais les médecins doutent que l’enfant, touché par un tireur embusqué, reprenne jamais conscience.
«Il a été atteint par une balle à haute vélocité. Elle est entrée par le côté gauche de sa tête et est ressortie de l’autre côté», explique le Dr Abdoul Kather Mouqtar.
Pour la seule journée de dimanche, au moins dix-sept personnes ont été tuées et 71 blessées dans la grande ville côtière située à 200 km à l’est de Tripoli, a-t-on indiqué à l’hôpital.
Le médecin a précisé avoir constaté, depuis la semaine dernière, de graves blessures causées par des bombes à sous-munitions, que les forces pro-Kadhafi emploient depuis jeudi dernier, selon les rebelles et l’organisation Human Rights Watch.
L’emploi de ces armes, prohibées par une convention internationale en raison notamment des dommages qu’elles sont susceptibles de causer aux populations civiles, a nécessité de nombreuses amputations à Misrata, selon le médecin.
L’hôpital a par ailleurs constaté une augmentation du nombre de civils blessés par des balles à haute vélocité tirées par des snipers et provoquant des blessures dont les séquelles sont souvent irréversibles.
Les combats ont été «horribles», raconte Hussein Al-Fortia, un responsable des rebelles.
«Il y a des familles (qui veulent partir) (...) Rester à Misrata est terrible. Tout le monde à Misrata se trouve sur la ligne de front», ajoute-t-il.
Selon lui, les forces de Kadhafi attaquent par trois côtés et tirent des roquettes à plusieurs km de distance. «Ils ont le feu vert pour tuer». Hier, des tirs d’artillerie étaient entendus au loin à Misrata, selon un journaliste de l’AFP.
Samedi, l’ONG Médecins Sans Frontières a évacué en Tunisie 99 blessés, dont 10 dans un état «critique», par la voie maritime, la seule qui relie la ville assiégée au reste du monde.
Une dizaine de milliers de migrants, notamment égyptiens et nigériens, attendent toujours leur évacuation dans un camp de fortune installé près du port de Misrata, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Jeremy Haslam, chef de la mission de l’OIM dans le pays, a indiqué craindre également un mouvement d’exode de masse des quelque 400.000 habitants libyens de la ville qui dépasserait les capacités logistiques du dispositif mis en place par l’OIM, le Qatar et l’ONG Médecins sans Frontières.
Combats
Ailleurs dans le pays, les combats se poursuivaient à Nalout (Ouest) et à Ajdabiya (Est), nœud de communication stratégique menant vers le fief des rebelles à Benghazi, à 160 km au nord, et vers Tobrouk (à 327 km à l’Est), près d’un mois après le début de l’intervention le 19 mars de la coalition internationale.
A Ajdabiya, les forces pro-Kadhafi étaient revenues, avant-hier, à moins de 20 km à l’Ouest de cette ville, poussant certains rebelles et des habitants à fuir par centaines. Hier, les rebelles tenaient toujours la ville, selon un journaliste de l’AFP qui a entendu trois tirs de roquettes au loin à l’ouest dans la matinée.
Pour le régime libyen, «l’implication d’al-Qaïda dans le conflit en Libye est prouvée chaque jour».
«Nous croyons que ce serait très dangereux que ces gens s’installent dans ce pays, contrôlent son avenir et son immense richesse, à quelques pas de l’Europe», a dit dimanche soir à la presse le porte-parole du régime, Moussa Ibrahim.
Maintenir la pression
La coalition internationale est intervenue le 19 mars, sur mandat de l’ONU, pour mettre un terme à la répression sanglante de la révolte contre le régime autoritaire de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans. L’Otan a pris les commandes de l’intervention militaire le 31 mars.
Pour le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, il faut «maintenir la pression militaire» en Libye, le départ de Mouammar Kadhafi étant «le but principal» de la coalition.
Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a estimé pour sa part qu’il y avait «un certain risque» que le conflit «puisse durer» parce que le dirigeant libyen et son pays n’étaient pas «totalement prévisibles».
Le Premier ministre britannique, David Cameron, a répété qu’il n’était «pas question d’une invasion ou d’une occupation».
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé hier à un cessez-le-feu réel en Libye, soulignant que c’était l’un des trois objectifs des Nations unies dans ce pays, avec l’extension de l’aide humanitaire et la poursuite du «dialogue politique et la recherche d’une solution politique».


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com