Patronat : Le Comité «Sauvons l’UTICA» sortira-t-il la Centrale de la crise ?





Le Comité «Sauvons l’UTICA» affirme qu’il reconnaît Mohamed Ben Sedrine à la tête de la Centrale mais revendique le départ des membres du BE attachés à l’ex-RCD et pose trois conditions pour sortir de la crise.
 «Le premier communiqué du Comité «Sauvons l’UTICA» a évoqué une réconciliation après l’élargissement du BE à toutes les régions et à tous les secteurs. Nous avons adopté le Conseil national avec Hamadi Ben Sedrine en tant que président de l’UTICA et quelques autres», atteste Faouzi Belhadj lors de la rencontre avec les journalistes organisée hier par le Comité à l’Institut arabe des chefs d’entreprises.
Le Comité pose quatre conditions pour que la Centrale patronale parvienne à sortir de la crise ; la première étant l’évacuation pure et simple de tous les membres du BE de la Centrale qui ont eu quelque chose à voir avec le RCD, l’ex-parti au pouvoir. Les trois autres conditions seront véhiculées par une Assemblée constituante de l’UTICA: création d’une commission de gestion qui remplacerait l’actuel BE, réactualisation des statuts et du règlement intérieur, tenue d’élections de toutes les structures.
«Un problème très complexe !»
«Le problème est très complexe, avec des dimensions, non seulement économiques mais aussi politiques et sociales. La situation de l’UTICA influe énormément sur notre pays et aujourd’hui la Centrale est en otage entre les mains d’une poignée de personnes... et c’est criminel. Certains m’ont dit d’attendre le Congrès mais ceux qui pensent de la sorte ne savent pas que les élections de décembre 2010 ont eu pour résultat que 70% des personnes qui viendront voter sont encore à l’ancienne mesure, avec toutes les manipulations des élections que cela implique. Nous n’avons pas le droit de rester silencieux», accuse M. Belhadj.
Un autre membre du collège directeur du Comité, M. Walid Gaddès, retrace les jalons de la crise: «Le 17 janvier, la crise de l’UTICA a commencé. Des militants ont demandé à Hédi Djilani de partir et, le lendemain, une centaine de personnes l’ont redit et engagé le BE à suivre le départ de Djilani. Nous avons revendiqué la tenue d’un Conseil national mais, le 1er février, il y eut des milices et des interruptions à répétition. Nous nous sommes donc réunis pour sauver l’UTICA ; une vingtaine de militants du patronat qui souhaitaient que la Centrale patronale soit en phase avec la Révolution. Nous avons utilisé tous les moyens pacifiques pour les engager au départ». La solution proposée par le Comité était de dissoudre le BE et de le remplacer par des représentants de toutes les parties. Mais, quand des noms ont été proposés, il a estimé qu’il s’agissait du même profil et que la base refuse ces personnes. L’UTICA est restée comme en suspens !
Forte, indépendante,  représentative et démocratique
Les membres du collège directeur du Comité «Sauvons l’UTICA» affirment tous qu’ils veulent que l’UTICA soit forte et indépendante et affirment qu’ils tiennent à sa vocation de syndicat. Ils appellent également à une meilleure représentativité et à un fonctionnement démocratique. «Aujourd’hui, il y a encore des responsables de l’ancien régime et la colère monte. Nous avons du mal à contenir la base», souligne M. Gaddès.
Le résultat? L’UTICA est complètement absente des structures de la Révolution et elle ne joue pas son rôle de syndicat des patrons alors qu’elle devrait rasséréner les investisseurs tunisiens et étrangers, participer au développement régional, contribuer par ses idées à la création d’emplois... et méditer sur des chiffres comme -36% d’intentions d’investissement et -13% de production industrielle !
Le mot de la fin appartient à Faouzi Zaghbib, membre du collège directeur du Comité: «Tous ceux qui ont demandé la démission de Djilani, engagé le BE à démissionner et se battent pour sortir l’UTICA de la crise sont des présidents de Fédération et des responsables sectoriels et régionaux qui ont donc toute la légitimité de le faire et qui ont pris l’engagement solennel de préserver l’UTICA».
Manoubi AKROUT


Comité «Sauvons l’UTICA»
Formé le 1er février 2011, ce comité temporaire est aujourd’hui présent dans une quinzaine de gouvernorats et compte 1450 personnes parmi les responsables nationaux, régionaux et locaux de l’UTICA ainsi que des chefs d’entreprises.
Faouzi Belhadj, Walid Gaddès, Faouzi Zaghbib, Jameleddine Aouididi et d’autres en constituent le collège dirigeant.
Ils viennent d’engager, au niveau national et régional, les préparatifs d’une Assemblée constituante de l’UTICA qui aura trois missions principales : la désignation d’une commission de gestion composée de personnes intègres et n’ayant pas eu de responsabilités au RCD, la refonte des statuts et du règlement intérieur afin qu’ils garantissent une bonne gouvernance, l’organisation des élections de renouvellement de l’ensemble des structures de manière transparente et démocratique. ‘’A cet effet, nous lançons un appel de mobilisation générale à tous les professionnels (industriels, commerçants, artisans, prestataires de services) à adhérer massivement aux structures professionnelles et régionales de l’UTICA et à prendre contact avec le Comité national et les Comités régionaux de ‘Sauvons l’UTICA’. Nous sollicitons aussi l’ensemble de nos partenaires (gouvernement, administration, structures d’appui, syndicats, médias...) à appuyer notre démarche et à suspendre toute collaboration avec le BE illégitime’’, lancent-ils.




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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com