Handball/ CAN 2004 : Trois objectifs au départ … zéro à l’arrivée





La défaite du Sept tunisien en finale de la CAN devant l’Egypte est venue confirmer la suprématie des «Pharaons» à l’heure actuelle. Le handball national a besoin d’un nouveau souffle puisque les trois objectifs visés ont été loin d’être atteints. En effet, les garçons étaient partis au Caire défendre leur titre et se réhabiliter après leur échec aux éliminatoires des J.O. 2004. Ils ont échoué à quelques pas de l’arrivée et la manière n’y était pas du tout. Quant aux Dames, elles ont raté le titre et même le podium qualificatif au prochain Mondial. C’est dire que l’échec était total pour deux équipes qui ont bénéficié des meilleures conditions de préparations, qui avaient les moyens de réussir et qui ont, finalement échoué. * L’obstination de Zoran On l’a déjà relevé au cours du premier tour et en demi-finale. Le Sept national a remporté ses matches sans trop convaincre. L’apport espéré des professionnels était minime et ni Sobhi Sioud, ni Ben Amor, n’étaient capables de faire la décision et d’apporter le plus aux moments cruciaux des matches. De même, les erreurs tactiques n’ont pas manqué et on ne peut, logiquement, continuer à pratiquer le même schéma défensif alors que l’équipe a encaissé pas moins de trente cinq buts face à l’Angola. Il est vrai que la motivation en finale peut changer beaucoup de choses, mais on n’osait pas attendre une meilleure opposition d’une défense ainsi installée. Zoran est même allé plus loin puisqu’il n’a pas changé d’option défensive même quand les Egyptiens ont creusé l’écart. La défaite en finale, face à un autre géant d’Afrique n’a rien d’humiliant, mais c’est la manière qui a laissé à désirer. A présent, il va falloir tirer les enseignements de cet échec et préparer sérieusement le Mondial 2005. L’amertume de la défaite ne peut nullement cacher d’autres satisfactions et il vaut mieux continuer à travailler et tourner la page de cette CAN. Il est vrai que Zoran, l’entraîneur national, est allé trop loin en prenant à la légère la défaite devant l’Egypte et surtout le double échec face à cette même équipe adversaire, car il en est le premier responsable et il n’a pas le droit de minimiser ce double revers. La Tunisie vient de perdre son titre continental et n’ira pas aux J.O. Il est difficile de digérer un tel échec même s’il faut positiver en prévision du Mondial 2004. Car c’est ce même groupe qui va défendre les couleurs tunisiennes et très probablement avec le même staff technique. * Fléchissement physique Pour la sélection féminine, les raisons de l’échec sont différentes. Les Tunisiennes ont fait de leur mieux et ont frôlé l’exploit face aux Angolaises en demi-finale. C’est surtout leur défaite en match de classement qui a fait mal puisqu’elle prive nos handballeuses du prochain Mondial. Une double frustration malgré toute la bonne volonté de nos filles. Physiquement, elles n’étaient pas prêtes à de tels combats. En demi-finale, elles ont fléchi aux prolongations, et face aux Ivoiriennes, elle ont perdu le match au cours du second half. Dommage pour ce groupe qui doit continuer courageusement à travailler. Pour la F.T.H.B. l’échec est également douloureux et certaines choses sont à revoir. On y reviendra. Kamel ZAIEM _______________ * Impressions d’un téléspectateur : Supériorité déplacée Le téléspectateur continue à se sentir floué en matière de commentaire sportif. Une nouvelle preuve de la fadaise de celui-ci nous a été administrée à partir du Caire à l’occasion de la CAN de handball. Rien qu’en se remettant aux deux dernières rencontres, demi-finale et finale, livrées par notre sept national, la monotonie, lassante et barbante (et c’est une redondance) du commentaire de l’envoyé spécial de l’E.R.T.T., son débit monocorde et saccadé, l’usage abusif de lieux-communs et de poncifs totalement creux et superficiels, étaient vraiment indigestes. Certains glossateurs n’ont pas encore compris que la couverture d’un événement sportif ne se limite pas à reprendre ce que l’image nous renvoie. En outre, le commentateur de la finale s’est échiné à justifier la piètre prestation des nôtres par un seul argument, à savoir le manque de concentration (argument, du reste, peu pertinent) et ce, du début jusqu’à la fin. Sûrement par défaut de profondeur au niveau de l’analyse technique. Et ce n’est guère blâmable outre mesure. D’où la nécessite de recourir au concours d’un consultant technique pour répondre aux attentes du téléspectateur, assoiffé de perspicacité concernant l’explicitation des tenants et aboutissants d’un passage à vide quelconque, d’un retour en force de telle ou telle équipe ... Pour revenir à la demi-finale jouée face à l’Angola, le téléspectateur est demeure médusé, sidéré face à l’air hautain observé par notre commentateur à l’égard de l’équipe adverse. Cette dernière était tout près de réaliser un exploit et elle ne l’aurait pas usurpé, à la lumière des progrès qu’elle a réalisés. Notre commentateur n’a pas cessé de narguer l’adversaire, de le toiser, tout aiguillonné qu’il était par un sentiment de supériorité fort déplacé, au mépris d’une éthique sportive bafouée, consistant à commencer par respecter l’adversaire. Et la cerise sur le gâteau, dans un raisonnement par antiphrase, fut cette réflexion de notre envoyé spécial à la vue de l’entraîneur de l’Angola, dont le visage était apparu en gros plan sur l’écran : «Considérez toute l’étendue du désarroi de l’entraîneur angolais. En tout cas, il doit être incommensurablement fier d’avoir tenu la dragée haute pendant toute une mi-temps à l’ogre tunisien». Sans commentaires, sinon ce S.O.S. : arrêtons d’assassiner les valeurs nobles du sport et d’insulter aussi gratuitement ce dernier. Wahid SMAOUI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com