Environnement/ Vers la création d’une usine de transformation des déchets ménagers





• 80% de nos déchets sont ré exploitables La Tunisie qui produit annuellement près de 2 millions de tonnes de déchets ménagers se trouve contrainte de trouver la technique la plus appropriée pour un traitement moins polluant de ses ordures. Le compostage, une technique largement pratiquée dans le monde, est actuellement sous l’étude et pourra bien être adoptée. Tunis - Le Quotidien Sur la base d’un programme de recherche - développement élaboré par l’Institut national de Recherche scientifique et technologique (INRST), un projet de mise en place d’une usine de transformation des ordures ménagères en engrais végétal (compost) est en train d’être mis sur pied. Ce projet qui consiste à concevoir une stratégie nationale pour le traitement des déchets ménagers vise à éviter les contraintes économiques et environnementales qui ne permettent pas jusqu’à présent d’exploiter convenablement le gisement total des déchets. En effet, les ordures ménagères se caractérisent en Tunisie par une humidité très importante vu que près de 80% des déchets sont composés de produits organiques. Mme Samira Ben Ammar, spécialiste en gestion des déchets ménagers et assimilés auprès de l’INRST et qui est d’ailleurs chargée du pilotage de ce projet, a signalé que le gisement total des déchets organiques peut être évalué à environ 2,7 millions de tonnes par an de produits organiques bruts. Le traitement biologique de ces volumes permettra de produire, annuellement, environ 850.000 tonnes de compost. La première étape de ce projet, qui dure déjà depuis huit mois, consiste à la caractéristique des déchets pour parvenir à identifier quantitativement les matières transformables en compost. Les tests techniques et les études de laboratoire permettront de déterminer les paramètres du processus de compostage adapté aux ordures tunisiennes. D’après Mme Samira Ben Ammar, qui a exposé les caractéristiques de ce projet, l’intérêt du compostage est incontestable dans le sens où le taux de matière organique de la majorité des sols tunisiens se situe à moins de 1%. L’érosion qui est à l’origine d’une perte de plus de 23 mille hectares de sols fertiles par an, combiné au fait de la rareté et la cherté des amendements organiques traditionnels (fumier) font du projet de compostage des ordures ménagères une solution à grande valeur ajoutée. La mise en décharge et l’incinération qui restent les techniques les plus adoptées dans la gestion et le traitement des ordures en Tunisie ont des conséquences assez pernicieuses. Les problèmes qui se posent sont principalement la production de dioxines et différents autres gaz à effets polluants très graves dans les incinérateurs, et la production de lixivials (eaux stagnantes) qui accumulent des produits hyper-toxiques. Ce risque devient d’autant plus grave quand on sait que seulement pour le Grand-Tunis, qui produit chaque jour 2000 tonnes de déchets ménagers, plus de 200 m3 de résidus toxiques se transforment en lixivials. Le risque de la contamination des nappes phréatiques est, par conséquent, très grand. De ce fait, l’intoxication par les déchets solides (plastique, verre) reste minime par rapport aux déchets organiques. La technique du compostage est donc la plus appropriée pour le traitement des déchets en Tunisie. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com