Sans Gêne/ Elèves et fausse copie: La fin justifie-t-elle les moyens ?





La fausse copie et la triche, bêtes noires des enseignants et échappatoires pour les élèves paresseux ou incapables d’apprendre, est un phénomène classique. Mais de nouvelles techniques s’y sont mêlées. Tunis — Le Quotidien Les élèves sont en pleine période de préparation des examens de la fin d’année scolaire. Nombre d’entre-eux comptent sur leur intelligence et leur assiduité, d’autres comptent en revanche sur d’autres moyens et techniques plutôt déloyales... Peur de la feuille blanche, trous de mémoire, surmenage et cumul des devoirs sont les principaux alibis des élèves paresseux... Mohamed Ali, 19 ans se prépare à affronter un monstre qu’est le bac. L’élève n’a assisté jusqu’à aujourd’hui à aucun cours d’option. Depuis le début de l’année scolaire, le jeune homme est absorbé par la révision des matières de base, pour le reste il compte s’en sortir... autrement ! «Pour l’Arabe et la philo, je suis prêt à veiller toutes les nuits. Ce sont des matières-clés pour obtenir mon bac lettres. Si je trouve un peu plus de temps je révise l’anglais et le français. Quant à l’histoire-géo, la pensée religieuse et les mathématiques, on verra... Après tout, je ne suis qu’un être humain et mes capacités sont limitées», se défend-t-il. Mohamed Ali pense agir pour «le mieux». «J’ai bien essayé une fois de tricher à l’aide de mon portable. Je me suis mis d’accord avec trois de mes amies sur des sujets. Chacun d’eux attendait un bip de ma part pour m’envoyer un S.M.S. (déjà enregistré la veille) sur le sujet. Il fallait que tout le monde ferme le cellulaire ! J’ai supprimé la sonorisation et, même, le vibreur pour que les enseignants ne se rendent pas compte. Mais ils m’ont repéré et ont confisqué le portable... Je l’ai échappé belle. Depuis j’ai changé de tactique !», avoue-t-il. Tenant à faire l’impasse sur l’H.G., les maths et l’éducation civique, Mohamed Ali a changé de technique : un minuscule bout de papier sous les chaussettes ! La fin ne justifie pas les moyens ! Le jeune homme a choisi la manière peut être la plus facile pour se garantir de bonnes notes, or cela aurait pu lui coûter trop cher... Le collègue de Mohamed Ali, procède par «élimination». Bassam, 21 ans refait son bac lettres. Il n’arrive pas à apprendre l’histoire-géographie. «C’est ma bête noire. L’année dernière j’ai eu 2,5/20 et c’est ainsi que j’ai échoué à l’examen. J’ai beau réviser et apprendre ces matières, le jour «j» tout s’efface de ma mémoire... Pendant l’année scolaire je m’en suis sorti grâce à mon baladeur. Ecouteurs dans les oreilles, bob’s sur la tête et col montant, personne ne se rend compte que «j’écoute» le cours via l’écouteur. Mais je ne pourrais pas m’aventurer de la même manière lors de l’examen final. D’ailleurs, cela se passe en été... Avec des vêtements légers, je ne peux pas le faire», dit-il. Les deux hommes sont unanimes quant à l’importance d’avoir des «nerfs d’acier» pour utiliser une fausse-copie quelles que soient les techniques utilisées. En revanche, ils le font à contre-cœur : «Nous aurions aimé pouvoir apprendre et réussir sans tricher, mais résultats obligent !», disent-ils. Chez les filles, les choses diffèrent, Ahlem et Imen, toutes deux élèves en 9ème année, sont incapables de faire sortir une fausse-copie. Imen a bien essayé une fois de faire sortir sa fausse-copie de sa cachette mais elle n’a pas pu le faire, «Je sentais l’adrénaline monter, mon cœur battre la chamade, mes mains trembler... Je n’ai pas pu et depuis je n’ai jamais réessayé», avoue-t-elle. Abir CHEMLI OUESLATI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com