Festival de la Médina : Clôture en apothéose





Le duo inédit Ali Sriti et Leïla Hjaïej auquel le public est habitué depuis un certain temps, était, avant-hier soir, au rendez-vous au Théâtre Municipal de Tunis, pour une clôture «prolongée» de la vingt-deuxième session du Festival de la Médina. Ce fut un véritable régal. Le concert était prévu le 11 novembre dernier à l’occasion de la clôture «officielle» du Festival de la Médina, mais il a été annulé, suite au deuil qu’a observé la Tunisie après le décès du leader palestinien Yasser Arafat. Le maître et le vieux lion de la chanson classique tunisienne et arabe, Ali Sriti, en compagnie de la jeune chanteuse prodige Leïla Hjaïej se sont encore une fois reproduits en duo, interprétant de nombreuses compositions puisées du fin-fond des répertoires classiques arabes. Le duo a donné un récital en deux parties d’une heure chacune. Pas moins d’une quinzaine de chansons ont été interprétées durant ce récital qui a fait plonger le public de la prestigieuse bonbonnière dans un calme nostalgique. C’est que Ali Sriti et Leïla Hjaïej ont repris les meilleures compositions des plus grands noms de la chanson égyptienne et arabe. Durant la première partie de ce répertoire, le public a eu droit à sept chansons, toutes célèbres. Parmi celles-ci on trouve : «Ya sabah el khir», «Hanneytouha» de Laure Daccache, mais aussi : «Ya ma arak annassim», «Al hob jamil» de Leïla Mourad. Seule une chanson appartenant à Ali Sriti, en l’occurrence «Layali Tounes», a été interprétée au cours de cette première partie. La deuxième partie de ce récital d’une durée d’une heure a vu le duo interpréter 8 compositions, tirées en grande partie des répertoires de Mohamed Abdelwahab, Laure Daccache, Daoud Hosni, ou de Dahim Raouf. Toutes ces chansons ont ému et enchanté le public, composé pour la plupart de mélomanes des deuxième et troisième générations. Le moins qu’on puisse dire est que le concert du duo Ali Sriti et Leïla Hjaïej a tenu toutes ses promesses et a répondu aux attentes du public. Mais une interrogation mérite d’être posée : pourquoi Ali Sriti, un si grand nom de la musique tunisienne et arabe reste trop attaché aux anciennes compositions des classiques arabes qu’il interprète, à chaque sortie, alors qu’il possède ses propres chansons ? Une autre interrogation à ne pas négliger : pourquoi Leïla Hjaïej, à la voix si belle et extraordinaire, n’a-t-elle pas mis son talent au service de la promotion et de l’interprétation des chansons tunisiennes ? Autant d’interrogations que les artistes sont appelées à prendre en considération. Ousmane WAGUE


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com