Ben Ali : «Garantir les Droits de l’Homme et les sauvegarder équivaut à garantir la dignité de la patrie et son invulnérabilité»





* 56ème anniversaire de la proclamation de la déclaration universelle des Droits de l’homme. Les réformes que nous entreprenons attestent de notre attachement constant à préserver les Droits de l’Homme • Consacrer 10% des contributions des particuliers et des entreprises, collectées au cours de la Journée nationale de solidarité, au financement du Fonds mondial de solidarité. Dans le cadre de la célébration du 56ème anniversaire de la proclamation de la déclaration universelle des Droits de l’homme, le Président Zine El Abidine Ben Ali a présidé hier une cérémonie au cours de laquelle il a remis le Prix du Président de la République pour les Droits de l’homme pour l’année 2004, et le Prix du Président de la République pour la solidarité mondiale. A cette occasion, le Chef de l’Etat a prononcé une allocution dont voici le texte : Carthage-TAP Notre pays célèbre, aujourd'hui, avec l'ensemble de la communauté internationale, le cinquante-sixième anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l'homme, pour glorifier les significations de ces droits et les nobles valeurs qui y sont attachées, confirmer notre attachement constant à les garantir et à les enrichir, et témoigner de notre considération pour les efforts entrepris par tous ceux qui se dévouent pour les consacrer et les préserver, qu'il s'agisse d'individus, d'institutions ou d'organisations. Tout en exprimant mes vifs remerciements à l'Institut de coopération luso-arabe pour m'avoir décerné sa Médaille d'or honorifique, je souhaite la bienvenue à son président, M. Manuel Pechirra, en lui témoignant de ma considération pour ses propos élogieux à l'endroit de notre pays, pour ses efforts dans le domaine des Droits de l'homme, de la démocratie et du développement, et pour sa contribution au renforcement des conditions de sécurité et de stabilité dans le monde. Mes remerciements vont, également, à l'Union afro-asiatique des avocats et à sa présidente, Dr. Esmat Al Miraghny, qui m'a remis l'écusson de l'Union, et que je remercie vivement pour ses témoignages de considération pour les initiatives et réalisations que nous avons entreprises au profit de notre continent africain, et notre contribution à alléger les souffrances des démunis et des économiquement faibles dans le monde. Il me plaît, en outre, de féliciter le Pr. Béchir Hamza à qui vient d'être décerné le Prix du Président de la République pour les Droits de l'homme, en témoignage d'appréciation de sa haute compétence scientifique et ses efforts méritoires dans le domaine de la santé infantile. Je voudrais, également, féliciter le Pr. Anatoly Egorin, récipiendaire du Prix du Président de la République pour la Solidarité Mondiale, pour ses activités privilégiées au service de la solidarité et ses excellentes études sur le monde arabe. Je saisis, en outre, cette occasion pour remercier le Pr. Mohamed Mahjoub pour son excellent exposé et son analyse approfondie et pertinente du thème traité dans son exposé: "Les Droits de l'homme et l'éthique". Nous avons fait des Droits de l'homme l'un des axes fondamentaux de notre projet civilisationnel, en consacrant leurs principes, en diffusant leur culture, en élargissant l'aire de leur protection, dans la législation comme dans la pratique, et en élevant leur statut au niveau de la Constitution. Nous nous sommes employés avec constance à consacrer l'interdépendance et la complémentarité entre le développement, la démocratie et les Droits de l'homme, et avons misé sur l'esprit de solidarité qui est profondément enraciné dans la culture de notre peuple. Nous en avons fait un choix essentiel de notre politique sociale, afin qu'il constitue un facteur fondamental de renforcement du développement équilibré et durable, et l'une des sources essentielles de la richesse économique nationale. Notre pays ayant célébré, depuis deux jours, la "Journée Nationale de Solidarité", je voudrais saisir cette occasion pour exprimer mes vifs remerciements à toutes les Tunisiennes et à tous les Tunisiens - individus, organisations, associations et entreprises toutes catégories sociales, générations et régions confondues - pour leur contribution enthousiaste, massive et continue à la participation au renforcement des ressources des structures de solidarité que nous avons mises en place, et pour l'appui constant qu'ils apportent à leurs interventions. Ce qui constitue un motif de satisfaction et d'encouragement c'est que le nombre des donateurs est en constante augmentation. Ce qui constitue, également, un motif de satisfaction et de fierté, c'est cette adhésion populaire massive à nos choix et programmes, et en premier lieu au Fonds de solidarité nationale qui a bénéficié de l'intérêt et du soutien du peuple tunisien, grâce aux réalisations qu'il a accomplies en matière d'infrastructure et d'équipements collectifs dans les zones qui souffraient d'isolement et de marginalisation, et grâce aussi au changement positif, profond et radical qu'il a introduit dans la vie des habitants de ces zones en leur fournissant des sources d'emploi et de revenus et en les intégrant dans le circuit économique et social du pays. Sans aucun doute, la confiance du peuple en sa direction, l'efficience qui a caractérisé l'action de ce Fonds et la transparence qui a marqué ses activités ont été des facteurs primordiaux et décisifs dans l'adhésion totale des Tunisiens à ce projet et de leur contribution avec foi et générosité au Fonds. C'est ainsi que la solidarité est devenue, pour les Tunisiens, une source de fierté patriotique, une qualité qui les caractérise et les distingue. Ils sont, de ce fait, devenus à l'échelle internationale une référence et un exemple à suivre. Il est, en outre, réconfortant de constater, dans ce domaine, que nos réalisations sociales suscitent l'intérêt et l'appréciation des instances internationales, et cela tout particulièrement depuis que notre appel en faveur de la création d'un Fonds Mondial de Solidarité a été accueilli favorablement et a recueilli l'approbation unanime des Nations Unies. Tout en souhaitant que ce Fonds puisse, dans un proche avenir, commencer à exercer sa noble mission, et conforter ainsi des valeurs universelles communes, fondées sur la solidarité et la coopération entre tous les peuples et nations, nous ordonnons, aujourd'hui, de consacrer 10% des contributions des particuliers et des entreprises, collectées au cours de la Journée nationale de solidarité, le 8 décembre 2004, au financement du Fonds Mondial de Solidarité, afin que ce Fonds puisse entamer ses activités dans les plus brefs délais. Notre foi en la globalité et en la complémentarité des Droits de l'homme est inébranlable, sans discrimination ni priorité pour l'un quelconque de ces droits, qui ne font aucune place à la marginalisation ni à l'exclusion. La dignité de la patrie est d'autre part indissociable de la dignité de ses citoyens, tout comme la dignité des citoyens est elle-même indissociable de la dignité de leur patrie. Nous avons pris de nombreuses initiatives et mesures en vue de consacrer ce choix et de l'enraciner dans tous les domaines. Nous avons, ainsi, promulgué les textes législatifs et créé les structures et les mécanismes nécessaires pour consacrer l'éthique des Droits de l'homme et en diffuser la culture dans tous les milieux et aux divers niveaux, dans un contexte de concorde, de quiétude et de stabilité et dans le cadre des valeurs de la République et de l'Etat de droit. Garantir les droits de l'Homme et les sauvegarder équivaut, en effet, à garantir la dignité de la patrie et son invulnérabilité. Ce sont là les principes fondamentaux à la lumière desquels nous avons élaboré notre programme pour la Tunisie de demain, et l'avons enrichi de ces principes; ce programme qui a recueilli la confiance de notre peuple, toutes catégories confondues, lors des dernières élections présidentielles. Tout en appréciant les efforts déployés au service des Droits de l'homme et en rendant hommage à tous ceux qui, personnalités, organisations, associations et institutions, militent avec sincérité en faveur de leur protection, nous tenons à réaffirmer que ces droits constituent un tout indivisible, que l'éthique de leur défense n'est ni sélective ni exclusive et qu'elle n'obéit nullement à des considérations conjoncturelles ou à des intérêts étroits. Elle impose, à toutes les parties, le respect de la loi, en tant que principal rempart contre les abus, quelle qu'en soit l'origine. La foi en ces droits et leur protection constituent, à nos yeux, un engagement moral des plus nobles, qui est incompatible avec la notion des deux poids, deux mesures, ni avec une quelconque discrimination dans l'évaluation de l'importance de ces droits d'un individu à un autre, d'un peuple à un autre ou d'un pays à un autre. Toute déviation par rapport à cette éthique est de nature à susciter le doute, la suspicion et les interrogations autour de la crédibilité de ses auteurs; dès lors que la constance dans la sincérité et l'honnêteté est de l'essence même des Droits de l'homme, en même temps que l'une de leurs valeurs et finalités privilégiées. La défense de l'intégrité de l'homme et de la dignité des peuples constitue, par ailleurs, une valeur universelle constante qui transcende le temps et l'espace, et n'admet ni marchandage ni surenchère de la part de qui que ce soit. Car, la protection de ces droits ne peut être, par nature, qu'honnête et sincère, dans le cadre de l'action des institutions et organisations internationales et régionales non-gouvernementales, qui sont connues pour leur neutralité et leur crédibilité, ainsi que dans les efforts des hommes dévoués pour les causes de la liberté, qui militent avec conviction en faveur de l'être humain, du droit et de la justice dans le monde. Les acquis et réalisations que nous accomplissons pour notre pays et les réformes profondes que nous entreprenons sur la voie du développement et du progrès attestent de notre attachement constant à préserver les Droits de l'homme dans tous les domaines, à assurer les conditions de vie décente sur une large échelle, à garantir les conditions de bien-être et de prospérité à toutes les catégories et régions, et à assurer un avenir prometteur à nos jeunes générations. C'est ce que confirment divers indicateurs qui sont révélateurs du changement radical de la qualité de vie des Tunisiennes et des Tunisiens, grâce aux conditions de dignité et de qualité de la vie qui leur ont été assurées, tout particulièrement dans les domaines de l'habitat, de la santé, de l'éducation, de l'emploi et de l'environnement sain. Grâce à la politique contractuelle que nous avons adoptée et au sens de la responsabilité dont ont fait preuve les divers partenaires, nous avons réussi à conforter la paix sociale, à consolider les fondements de la société de la concorde et de la solidarité, à améliorer le pouvoir d'achat du citoyen, à maîtriser les prix, ainsi qu'à étendre la couverture sociale et à en améliorer les prestations. L'année 2005 sera marquée par le démarrage d'un nouveau round de négociations sociales sur les salaires et les conditions de travail, après le service, au cours de l'année 2004, de la troisième et dernière tranche du cinquième programme triennal de majorations salariales au profit des fonctionnaires et des travailleurs de l'ensemble des secteurs économiques. A l'instar des années précédentes, l'année 2004 a également été marquée par de nouvelles augmentations des salaires minima, témoignant ainsi de notre souci de protéger le pouvoir d'achat de l'ensemble des salariés et d'améliorer les conditions des titulaires de faibles revenus. Nous nous devons tous de préparer au mieux ce nouveau round des négociations sociales et d'œuvrer en vue de le faire réussir, afin de consolider les acquis, d'améliorer la compétitivité de nos entreprises et de permettre à notre économie de créer davantage d'emplois et de sources de revenus. Je suis persuadé que l'esprit patriotique élevé qui caractérise l'ensemble des partenaires sociaux, et leur sens profond de l'ampleur des défis et des enjeux de la présente étape, ne manqueront pas d'être du meilleur soutien pour la réussite des prochaines négociations sociales. Nous nous félicitons de l'adhésion de notre peuple à nos choix et sommes fiers de nos acquis et de l'aptitude des Tunisiennes et des Tunisiens, démontrée en de multiples circonstances, à jouir d'une vie politique, sociale et économique organisée et évoluée. C'est ce qui conforte notre détermination, toujours renouvelée, de poursuivre le processus de réforme, de modernisation et de développement, afin d'assurer le progrès de notre peuple et l'invulnérabilité de notre patrie. La cérémonie a été marquée par la remise au Président Zine El Abidine Ben Ali de l’écusson de l’Union afro-asiatique des avocats pour les Droits de l’homme, en témoignage de considération pour les réalisations et les acquis accomplis par la Tunisie dans le domaine des droits politiques, sociaux, économiques et culturels depuis le Changement, pour la consécration du processus démocratique et pluraliste et en hommage au Chef de l’Etat pour ses initiatives sur le plan international et en particulier le Fonds mondial de solidarité qui a notamment pour objectif de promouvoir la condition de l’homme africain. Le Dr. Esmat Al Miraghny, présidente de l’Union afro-asiatique des avocats pour les Droits de l’homme, a remis au Chef de l’Etat l’écusson de l’union, une décoration qui avait été également décernée au président Nelson Mandela. Elle a déclaré que le choix du Chef de l’Etat en tant que personnalité des Droits de l’homme de l’année, illustre la considération et l’estime de l’union pour les multiples réalisations accomplies par la Tunisie sous la conduite du Président Zine El Abidine Ben Ali. Le Dr. Miraghny a formé l’espoir de voir l’action du Chef de l’Etat bénéficier à l’ensemble du continent pour assurer la prospérité de l’Afrique et la défense des Droits de l’homme africain. Elle a appelé la Communauté internationale à prendre connaissance de l’originalité de l’expérience tunisienne dans le domaine de la solidarité et à s’inspirer de la pensée du Président Zine El Abidine Ben Ali qui a jeté les fondements de cette politique de solidarité en Tunisie. Au cours de la cérémonie, le Président Zine El Abidine Ben Ali a été également décoré de la Médaille d’Or honorifique de l’Institut de Coopération luso-arabe, en considération des réalisations accomplies par la Tunisie sous sa conduite clairvoyante, sur la voie du développement, de l’ancrage de la démocratie et du pluralisme et du respect des Droits de l’homme et des libertés fondamentales. Cette décoration lui a été également décernée en témoignage de considération pour ses initiatives à l’échelle régionale et internationale au service de la paix, de la stabilité, de la coopération et du développement. Le Président Zine El Abidine Ben Ali a honoré au cours de cette cérémonie le Pr. Béchir Hamza, en lui remettant le Prix du Président de la République pour les Droits de l’homme en témoignage d’appréciation de sa haute compétence scientifique et de ses efforts méritoires au service de la santé infantile. D’autre part, le Chef de l’Etat a remis, pour la première fois, le Prix du Président de la République pour la solidarité mondiale au Pr. Anatoly Egorin, président de l’Association russe de solidarité et de coopération avec les peuples d’Asie et d’Afrique, en considération de ses activités privilégiées au service de la solidarité et pour ses excellentes études sur le Monde arabe. M. Anatoly Egorin s’est déclaré extrêmement fier de recevoir cette distinction en cette date anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, s’adressant en ces termes au Président de la République : “Vous avez placé les Droits de l’homme au cœur de votre projet de civilisation. Vous avez œuvré à les protéger, à les promouvoir et à concrétiser ces valeurs et droits dans leurs différentes dimensions. Vous vous êtres employé, également, à doter le peuple tunisien de tous les attributs de la modernité, de l’ouverture et du progrès et à faire de la solidarité la caractéristique saillante de votre politique, en vue de garantir la justice et l’égalité des chances pour tous et de réaliser le développement intégral”. Auparavant, le Pr. Mohamed Mahjoub avait donné une conférence sur le thème “Les Droits de l’homme et l’éthique”, dans laquelle il a analysé la globalité des Droits de l’homme dans leurs dimensions humanitaire, sociale, politique, culturelle et civilisationnelle, qui, a-t-il expliqué, se résument dans “les éthiques” qui prennent corps, aujourd’hui, à travers des dispositifs, des lois et des législations. Ces éthiques sont la référence qui définit l’existence de l’homme et son idéal, a-t-il ajouté. Il a, par ailleurs, mis l’accent sur le caractère universel, global et complémentaire de l’approche tunisienne en matière de Droits de l’homme qui, a-t-il dit, va de pair avec l’esprit de ces éthiques. Il a, dans le même contexte, rappelé l’importante somme de législations initiées par le Président Zine El Abidine Ben Ali en vue de consacrer ces orientations, mettant l’accent sur le souci du Chef de l’Etat d’harmoniser la position de la Tunisie avec les appels de la Communauté internationale en matière de Droits de l’homme. Le Pr. Mahjoub a fait remarquer que la sublime religion de l’Islam constitue l’une des références-sources de la législation tunisienne qui, a-t-il dit, allie la vision globale à l’authenticité de la source, à la modernité de l’orientation et à la cohérence des éléments. Ont assisté à la cérémonie, le Premier vice-président du Rassemblement Constitutionnel Démocratique, le Premier ministre, les membres du Bureau politique du RCD et les membres du gouvernement. Ont été également conviés les secrétaires généraux des partis politiques, les présidents des organisations nationales, des corps constitués et des Conseils consultatifs ainsi qu’un grand nombre de personnalités du monde de la culture et des arts, de l’information et du champ social.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com