«Fragments d’amour» : A la croisée des chemins





Avec «Fragments d’amour», l’artiste Jamel Chaouki Mahdaoui renaît de ses cendres tel un sphinx. Ses œuvres exposées sur les cimaises de l’Espace Sophonisbe à Carthage relatent les péripéties de cette histoire d’amour teintée de souffrance. Dès le premier regard sur les œuvres de l’artiste Jamel Chaouki Mahdaoui, les couleurs et les formes vous captivent. Les idées qui se dégagent de chaque trait, de chaque coup de pinceau vous secouent. «La plus haute pensée exprimée par la forme la plus grandiose, tel doit être le guide infatigable de l’artiste», note le peintre et l’écrivain français Emile Bernard dans son livre «Connaissance de l’Art». Mais notre artiste semble avoir un autre avis plus concret... plus pratique. Quarante-six œuvres de diverses techniques ont traité ces questions qui habitent l’inconscience et la conscience de l’artiste Jamel Chaouki Mahdaoui et ces images qui se bousculent dans ses neurones. Entre peinture et dessin, l’artiste a laissé son imaginaire guider son pinceau, ses doigts... sur la toile pour guérir de ces maux qui déchirent son cœur et qui agitent son esprit. «L’être fragmentaire», «Agitation sur fond d’inquiétude», «Ondes déstructurantes», «Cogitations», «Structure mentale», «Le poids ancestral» ou «Le Seminole» mettent en exergue ces interrogations dérangeantes sur la réalité de l’être humain déchiré par des paradoxes, par le physique et la métaphysique, le réel et l’imaginaire... Mais quelle place pour l’artiste dans ce monde ? «L’artiste serait un peu monsieur tout le monde, et l’art qu’il préconise serait quelque part l’expression de tous ses paradoxes», écrit Jamel Chaouki Mahdaoui dans son livre «Fragments d’amour» qui vient de paraître aux éditions View Design International. Pour la peinture, les voûtes en éventail occupent les surfaces des toiles qui ont pris d’autres couleurs plus gaies et plus vivantes. «Ballet céleste», «La brèche de l’envol», «Les rives de la passion», «Emergence» et d’autres œuvres portent cette lueur d’espoir, communiquent cette envie de s’envoler vers d’autres cieux plus clairs. «L’artiste tentera, tel un funambule, de traverser son art d’abord, et de s’en investir aussitôt pour enfin poursuivre sa quête de quelque chose qui le dépasse», note le peintre qui dévoile dans ses «Fragments d’amour» son talent d’écrivain. Natif de Carthage, Jamel Chaouki Mahdaoui a choisi de partager avec les fidèles de l’Espace Sophonisbe des images qui ont marqué sa mémoire et qui ont touché son cœur. Les ruines de Carthage et les jardins d’Elyssa sont les thèmes de deux de ses tableaux ; la calligraphie et les ornements avec les lettres ponctuent quelques œuvres de Mahdaoui qui servent de remède purgatif. De l’abréaction ? Peut-être ! Jamel Chaouki Mahdaoui a réussi via l’art à se libérer de ces émotions douloureuses, de ces images sombres qui l’ont traumatisé. Dans cette rébellion relevée par les couleurs et les formes, dans cette tourmente de l’âme, l’artiste continue à écouter le monde car «L’art répondrait à tous ses rêves d’éternité». I.A.


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com