Incontinence urinaire chez la femme : Les spécialistes lèvent le voile sur un mal «tabou»…





Des professeurs de renommée internationale en gynécologie obstétrique lèvent le voile sur l’incontinence urinaire chez la femme et expliquent au Quotidien tous les détails entourant cette maladie fréquente, mais dont on ne parle presque pas chez nous… Tunis - Le Quotidien Plusieurs femmes vont se reconnaître aujourd’hui. Elles en souffrent mais n’osent pas rompre le silence et en parler. Car l’incontinence urinaire est encore une maladie «honteuse». Or c’est archi-faux. Raison pour laquelle, la Société tunisienne de gynécologie obstétrique a consacré l’après-midi de la première journée de son congrès national à ce thème d’une brûlante actualité. En effet, vendredi dernier, le Quotidien a rencontré des professeurs de renommée internationale qui ont levé le voile sur ce mal féminin. L’incontinence urinaire chez la femme est un problème dont les médias étrangers parlent de plus en plus. En France, l’information a joué un rôle déterminant dans la sensibilisation de la gent féminine au traitement. En Tunisie, on attend qu’il en soit de même. Afin de situer le problème, le Pr. G. Mellier de Lyon, explique que de nombreuses femmes sont touchées par l’incontinence ainsi que le prolapsus à savoir la descente d’organes. Comme premiers facteurs, on cite les enfants nombreux et les accouchements difficiles. Mais ce qui est important à retenir, c’est que l’incontinence ne touche pas uniquement les femmes âgées. «Elle touche aussi les femmes jeunes», précise le Pr. Mellier. Et d’ajouter qu’en matière de traitement, il y a aujourd’hui des techniques qui se développent et qui ont du succès. Le Pr. Mellier a présenté deux techniques chirurgicales opérationnelles : le TVT par voie rétrosymphysaire et le TOT par voie trans-obturatrice. «Le TVT est devenu l’intervention de référence», souligne-t-il. Concernant la femme tunisienne, il importe de préciser que le TVT et le TOT sont des techniques minimales et que l’intervention se fait sous anesthésie générale. «Une simplicité du geste et des résultats efficaces», insiste le Pr. Mellier. Il est à rappeler que l’apparition de la technique TVT en France a suscité une information à grande échelle. Le Pr. H. Fernandez de Paris a justement mis l’accent sur l’importance «d’une information pour les femmes par les femmes». Nul ne peut nier maintenant que le succès des interventions dans l’Hexagone a fait qu’on parle plus de l’incontinence. A ce sujet, le Pr. V. Giambanco, président de la Fédération méditerranéenne de gynécologie obstétrique évoque la honte qui accompagne cette maladie et qui dissuade les femmes à en parler. «En Italie, on va développer un programme éducationnel dont l’objectif sera d’informer les femmes», annonce-t-il . Et c’est un modèle à suivre notamment dans les pays arabes qui sont appelés à vulgariser l’incontinence et à surtout l’avouer. D’après son expérience dans les pays musulmans, le Pr. C. Raini d’Estampes a constaté que cette maladie n’est pas encore reconnue. Pourtant «elle empêche de prier». D’où le travail d’information et de sensibilisation qui doit se faire pour venir à bout de ce mal. Toutes les femmes qui en souffrent le savent. Car dès qu’elles font un effort pour rire, tousser ou bouger, elles mouillent leurs slips. Et Dieu seul sait combien elles sont nombreuses à supporter voire à souffrir en silence toutes ces contraintes. Il faut aujourd’hui parler et surtout savoir que le traitement existe et qu’il suffit d’une petite intervention pour que tout s’arrange. M. KADA


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com