Gestion des pesticides : La cote d’alerte





Conçus pour être toxiques, les pesticides dont l’usage est de plus en plus fréquent dans l’agriculture et dans les ménages font l’objet d’une convention internationale. Celle de Stockholm sur les polluants organiques persistent. Tunis - Le Quotidien En Tunisie il existe des quantités énormes de ces produits à l’état obsolète qui nécessitent une action plus rigoureuse pour en prévenir les risques. L’Association Santé et Environnement (ASE), active depuis sa création, en 1996, par l’organisation de plusieurs manifestations scientifiques et de séminaires d’études portant sur les problèmes liés à la santé de l’homme et de l’environnement, a tenu samedi après-midi une table ronde sous le thème «Pesticides, environnement et santé». Cette rencontre a été axée sur la présentation des différentes actions entreprises en Tunisie en vue d’éliminer les polluants organiques persistants connus sous le nom de «Pops» et qui se trouvent sous plusieurs formes de pesticides extrêmement toxiques. L’urgence de ce sujet est d’autant plus évidente qu’un inventaire préliminaire effectué depuis 2001 a fait ressortir l’existence de quantités énormes de pops dans plusieurs régions du pays qui sont dans un état périmé et qui sont stockés dans des conditions lamentables. Notons toutefois que la Tunisie a mis en œuvre un plan national d’actions visant la collecte et l’élimination des pesticides obsolètes conformément aux objectifs de la convention de Stockholm sur les Pops. * Une armada de poisons M. Sadok Atallah, expert-assistant au ministère de l’Environnement et du développement durable, a exposé au cours de cette rencontre les principaux résultats de l’inventaire qui a été effectué. Ainsi, cet inventaire qui demeure pour le moment préliminaire et en attente d’être actualisé, souligne l’existence de grandes quantités de pesticides périmés dans près de 132 sites de stockage. Ces sites contiennent près de 1100 variétés de pesticides composées de plusieurs matières dont environ 8400 litres à l’état liquide, 41 tonnes de DTT, plus de 2000 kg de dielderine et 50 kg de toxaphène. L’examen de ces différents produits a permis d’autre part de découvrir qu’en grande partie on en ignore la provenance vu que ces Pops sont stockés dans des contenants qui manquent d’étiquetages. Dans le secteur de l’agriculture, des quantités énormes de pesticides sont exploitées pour lutter contre les épidémies qui menacent les plantations. Mais ces produits toxiques sont également utilisés dans l’activité médicale. A ce niveau, les visites de plusieurs dépôts répartis dans les régions ont permis de découvrir une certaine négligence en matière de stockage de ces produits ultra-toxiques. L’expert du ministère de l’Environnement et du Développement durable a indiqué, à cet effet, que l’inventaire a mis en exergue le fait que la plus grande quantité de DTT est détenue par l’hôpital de Menzel Bourguiba où il existe des produits datant des années 70. Les conditions de stockage de ces quantités de Pops ont été qualifiées de «désastreuses» par le responsable du ministère. * Cancers et stérilité S’agissant des risques que peuvent causer les pesticides, ils sont très graves aussi bien sur l’environnement que sur la santé de l’homme. Conçus pour être toxiques, les pesticides sont dispersés dans l’environnement et quand ils sont exploités fréquemment dans l’agriculture ils peuvent former des résidus dans les aliments. Dans ce contexte, le Dr. Mouldi Amamou, professeur de réanimation à la Faculté de médecine de Tunis et médecin-directeur du Camu a indiqué que pour le cas de la Tunisie, il y a un programme de contrôle qui est mis en œuvre mais il faut toutefois réaliser des études d’impact qui font cruellement défaut. De même et toujours selon le Dr. Amamou, «il faut penser à mettre en place une législation complète pour ce qui est de l’usage domestique des pesticides vu que plusieurs pathologies cancéreuses sont dues à l’usage domestique des produits contenant des substances toxiques. L’exposition aux pesticides risque même de causer la stérilité», indique le Dr. Amamou. M. Marck Denis, chef de programme de la FAO sur la prévention et l’élimination des pesticides périmés qui a pris part à la table ronde de l’ASE, a indiqué que les études menées en la matière ont révélé que les enfants sont les plus exposés aux risques dus aux pesticides. Hassen GHEDIRI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com