Enyimba – E.S.S. 2-1 (5-3 tab) : Le coup est passé si près !





On épiloguera longtemps sur la perte du sacre continental par l’ESS devant les Nigérians d’Enyimba. Il a suffi d’un penalty raté par Saber Frej dans «la loterie» des coups de réparation pour voir le rêve des Etoilés s’évaporer définitivement. Il aurait pourtant suffi d’un rien pour que cette coupe qui était apparemment destinée à la Tunisie, échouât à Sousse. Mais les dieux du stade en voulurent autrement. Les Tunisiens avaient, durant toute la rencontre, fait tout ce qu’il était en leur pouvoir de faire pour ramener cette coupe au pays. Ils furent même plus dangereux que les Nigérians au cours du premier half en se créant les occasions les plus nettes par Bokri et Beya (7’,15’), mais faute de lucidité à l’approche de la surface, ils ne furent pas en mesure de concrétiser ces belles aubaines. Enyimba, malgré toute sa volonté, ne trouva pas de solutions devant le bloc étoilé et buta sur la solide défense de l’ESS. Il fallut le coup de pouce du referee Kodja pour aider les Nigérians à trouver la faille, en leur accordant un penalty fort généreux, cinq minutes avant la pause, transformé par le gardien Enyama. Un avantage qui ne découragea pas les Etoilés qui bénéficièrent d’un coup franc à la limite de la surface. M'hadhbi le tira à la perfection, mais le gardien Enyama était là pour détourner in extremis en corner. La seconde période commença on ne peut plus mal pour les Etoilés qui encaissèrent un deuxième but. C’en était fini des chances de l’ESS? Loin de là. Avec deux attaquants en pointe, Opara et tout de suite après Obiakor à côté de Traoré, l’ESS retrouva plus de solidité offensive et les milieux plus de solutions. Il n’en fallait pas plus pour que l’ESS trouve la faille par Zouaghi consécutivement à un coup-franc tiré par Bargui. L’ESS avait réalisé le plus difficile, remettre les pendules à l’heure. Tout était à refaire pour les deux équipes qui essayèrent tant bien que mal de changer le cours des événements, mais la chaleur suffocante et l’humanité les empêchèrent d’aller au bout de leurs intentions. Malgré quelques timides tentatives de part et d’autre, les dés étaient jetés et le recours aux coups de réparation devrait être nécessaire pour départager les finalistes. Malheureusement, cette loterie ne sourit pas aux Etoilés, les joueurs d’Enyimba ayant réussi tous leurs tirs, alors que Frej rata le sien. Une défaite qui laissa un goût amer à tous les férus tunisiens et surtout aux Etoilés qui faillirent réussir le coup parfait pour leur première participation à la Ligue des champions, seul trophée qui manque à leur palmarès. Que dire de cette défaite sinon que l’ESS ne doit s’en prendre qu’à elle-même, car elle a raté le «gros lot» à Sousse, nonobstant sa courte victoire, sachant qu’Enyimba était prenable chez lui. De plus, l’ESS a toujours marqué chez l’adversaire et elle l’a encore confirmé lors de cette finale retour. Ces détails, ô combien précieux, ont privé notre représentant d’un sacre qu’il aurait amplement mérité au vu de son excellent parcours durant cette compétition. Mais au-delà de cet échec sur la ligne d’arrivée, positivons et retenons que l’ESS n’a à aucun moment fléchi et a toujours gardé la foi et cru en sa bonne étoile. Elle a surtout tenu son rang et représenté dignement le football tunisien qui grâce à des équipes de cette envergure, est toujours présent aux premières loges du foot continental. Moncef SEDDIK __________________ Le Jeu et les Joueurs : Quand la maîtrise collective ne suffit pas En football c’est connu, les grandes équipes se forgent dans la douleur. Et l’Etoile l’aura bien appris dimanche à Abuja en vivant de forts moments de tension, de pression, d’espoir et de doute pour finalement baisser pavillon suite à la terrible épreuve de tirs au but. Il y a lieu de relever d’abord les deux visages d’une Etoile, partie pour se battre et ramener un trophée qui lui tenait à cœur. D’abord, il était évident que le club du Sahel a compté ce jour-là sur une très bonne maîtrise collective qui lui a permis de bien négocier la première période avec une défense bien placée, un milieu porté vers la récupération et une animation offensive qui partait des couloirs droit et gauche. Mais, là où l’équipe a péché c'est dans l’inconstance dans l’effort, l’audace et la concentration. En effet, on a surtout vu une Etoile dominante qui devient tout juste après, étrangement passive avec ce recul coupable après le but de Zouaghi (63’) qui a failli lui coûter très cher. En somme, le représentant tunisien qui a fait de son mieux pour aller au bout de ses intentions dans des conditions très difficiles, aura appris encore une fois que le talent et la volonté ne suffisent souvent pas en Afrique pour l’emporter. Et comme l’Espérance en demi-finale face à ce même adversaire nigérian, l’Etoile sort suite à cette loterie des tirs au but qui fait partie du jeu mais qui demande aussi beaucoup de lucidité et de réussite. * Défense En alignant une défense plate composée des Fraj, Miladi, Zouaghi et Kalabane, le staff technique étoilé a opté pour la prudence d’autant plus que l’arrière-garde pouvait compter sur le soutien de Hammi et Bokri. Ce choix aura bien pu réussir à cent pour cent s’il n’y avait pas eu ces quelques errements coupables qui ont coûté deux buts et beaucoup de frissons. * Milieu de terrain Dans ce compartiment névralgique, la disposition des joueurs étoilés permettait une meilleure couverture avec Hammi dans l’axe, Traoui et Mhadhebi dans les couloirs et Bokri assez libre. Le rendement de ce quatuor était par moments époustouflant mais devant la forte pression ces joueurs ont parfois cédé à… la maladresse face à des Nigérians à l’appétit gargantuesque et infatigables. Quant à Baya qui avait des consignes de récupération outre sa tâche d’homme de soutien à Traoré puis à Obiakor, il n’a pas eu le rendement souhaité par tous les Etoilés. * Attaque On savait d’entrée que la tâche de la première ligne était délicate surtout que Traoré, le seul homme en pointe, ne pouvait compter sur un milieu «proche» de lui mais plutôt sur les tentatives des joueurs de couloir Traoui et Mhadhebi. En première période, le schéma aurait pu bien fonctionner avec un peu plus de réussite mais en seconde période même avec la rentrée d’Opara puis d’Obiakor, la manœuvre a manqué de fluidité et la baisse de régime dans la dernière partie du match ne pouvait trouver son explication que dans l’incapacité physique et mentale de résister à ces «diables» de Nigérians. Dur, dur, l’apprentissage de la Ligue des champions. Jamel BELHASSEN


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com