Bill Kovach : «Le journaliste est le messager de la vérité»





Le devoir du journaliste est de présenter aux lecteurs les informations et de s’engager à dire la vérité. Ce faisant, le journaliste contribue à mettre le pouvoir de décision entre les mains de l’opinion publique Bill Kovach est le président du Comité des journalistes engagés aux Etats-Unis. Il est également le secrétaire général de l’Organisation des journalistes à l’Université de Harvard. Pendant 43 ans, Bill Kovach a travaillé en tant que journaliste et écrivain, ce qui lui a permis d’avoir à son actif une longue expérience dans le domaine médiatique. Evoquant les péripéties de sa longue carrière, lors d’une visio-conférence au centre culturel américain, Bill Kovach se définit comme “un journaliste engagé, soucieux de dire la vérité et de la défendre”. Il appelle également les journalistes à s’organiser et à s’entraider pour faire front contre tout ce qui empêche la liberté d’accès à l’information. Toutefois, Bill Kovach considère que la quête de la vérité nécessite la vérification de la véracité de l’information et la prise de distance critique vis-à-vis de toute information suspicieuse. * Des exemples à l’appui Sollicité par “Le Quotidien” de citer quelques exemples concrétisant son engagement à honorer ses convictions, Bill Kovach a évoqué les chroniques de la guerre du Vietnam. Il a déploré, à cet effet, les tentatives de désinformations des autorités officielles américaines qui furent dénoncées par les journalistes honnêtes et consciencieux aux Etats-Unis. Il a également raconté sa propre expérience de journaliste dans l’Etat du Tennessee et son opposition aux lois ségrégationnistes interdisant la mixité entre les Blancs et les Noirs. Il a notamment relaté sa lutte pour que des débats au sein des institutions gouvernementales ne se passent pas à huis clos. Et bien qu’il fut l’objet de plusieurs menaces, il a eu finalement gain de cause. * L’information en temps de guerre Au sujet de l’information en temps de guerre et plus précisément de la fermeture des bureaux de la chaîne qatariote Al Jazira en Irak, Bill Kovach a déploré cette fermeture, considérant qu’il s’agit d’une erreur. Il a, en outre, estimé qu’en temps de guerre, le travail du journaliste est difficile car les forces armées font tout pour interdire l’accès à l’information. Ceci ne doit aucunement décourager le journaliste dans sa quête de la vérité. Par ailleurs, et en réponse à une question relative aux journalistes qui sont morts sur les fronts de guerre en Irak, Bill Kovach a rappelé que les morts sont de plusieurs nationalités et qu’il est toujours tragique que des journalistes désarmés soient les victimes des confrontations armées. Il a cependant distingué, entre autres, ceux dont la mort est attribuée au hasard et ceux qui ont été tués par préméditation. Dans ce cas, il s’agit, soutient-il, bel et bien d’un crime de guerre. Abdelmajid HAOUACHI


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Source: LeQuotidien: lequotidien-tn.com